Maroc. Qui veut manipuler les Marocains de France?

Comment on peut faire d’une affaire banale de viol une affaire internationale de droits de l’homme et de droit d’expression? Il faut être journaliste. Omar Radi, journaliste marocain est accusé de viol par une confrère. A peine la justice marocaine en possession de l’affaire, quelques amis du journaliste ont accusé l’Etat marocain de vouloir taire un "opposant".

Omar Radi accusé de viol par une confrère Omar Radi accusé de viol par une confrère
Bien que le journaliste Omar Radi n’ait pas vraiment percé dans son domaine, on ne lui connaît aucune contribution notable, on insiste, ses amis essaient de faire passer l'accusation de viol pour un coup monté. L’affaire ne cesse de s’amplifier et juste aujourd’hui, elle connaît un développement inattendu qui concerne les Marocains établis en France.

Une tribune a été publiée en leur nom sous le titre «Halte à l’acharnement contre Omar Radi et la répression de la parole publique au Maroc ».

La Tribune a été présentée comme étant le fait de tous les Marocains vivant en France pour dénoncer les « ripostes policières répressives et violentes » à l’encontre des journalistes et des militants de droits de l’Homme que le Maroc chercherait avec «acharnement » à « neutraliser » à coups «d’accusations fallacieuses », de « harcèlement » et « d’intimidation ».

La charge est lourde mais elle a fait long feu, puisque 130 associations de Marocaines et Marocains résidant en France ont vite riposté en mettant en garde contre son instrumentalisation par les signataires de la tribune.

« Nous, associations de Marocaines et de Marocains établis en France, représentatives de milliers de nos concitoyens, dénonçons avec force la malhonnêteté des initiateurs de cette démarche qui affirment s’exprimer au nom des Marocains (es) ou Franco-Marocains (es) établis en France. Ils ne disposent ni de la légitimité, ni de l’autorité morale pour le faire », affirme le communiqué des associations.

Ces dernières ont condamné « les supercheries » des auteurs de la tribune considérée comme une manoeuvre destinée à « induire en erreur l’opinion publique sur la représentativité de la liste des signataires de ce texte dans laquelle les personnes, qui peuvent se réclamer du Maroc, sont minoritaires».

Chose curieuse, constatent les associations la présence de Tunisiens parmi les signataires. Tout en constatant « avec surprise la présence importante d’organisations tunisiennes ou dirigées par des Tunisiens dans la liste des signataires de cette tribune », les associations considèrent que « cette ingérence manifeste dans les affaires intérieures du Maroc qui intéressent uniquement les Marocains et eux seuls, est une ligne de conduite qui questionne sur les objectifs que se sont assignées ainsi ces organisations tunisiennes ».

Mais il y a plus surprenant encore. Des membres du mouvement séparatiste Polisario sont eux aussi parmi les signataires. A ce niveau l’affaire prend une autre tournure et laisse deviner qui est à derrière cette tribune.

Pour les associations c’est la stupeur: « Notre stupéfaction est d’autant plus grande que les dirigeants du Polisario font actuellement l’objet d’une action parlementaire européenne pour détournement de l’aide humanitaire, destinée aux populations des camps de Tindouf, sur la base d’un rapport cinglant de l’OLAF, l’Office Européen de Lutte contre la Fraude. Leur chef, Brahim Ghali, est par ailleurs accusé de crimes contre l’humanité et atteintes aux droits de l’Homme, et appelé à en répondre devant la plus haute juridiction espagnole », affirment-elles.

Le Polisario essaie-t-il de détourner l’attention sur ses démêlées avec la justice espagnole et les instances de l’UE? 

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