Maroc-Jordanie. Le Golan est syrien

Mohammed VI roi du Maroc et Abdallah II roi de Jordanie Mohammed VI roi du Maroc et Abdallah II roi de Jordanie
Visiblement la décision du Président américain Donald Trump de reconnaître le Golan comme partie du territoire israélien aura des conséquences politiques graves. Le sujet a été abordé par les rois du Maroc et de Jordanie lors de leur rencontre à Rabat aujourd’hui. Dans le communiqué conjoint les rois Mohammed VI du Maroc et Abdallah II de Jordanie ont souligné que, conformément aux résolutions de la légalité internationale, « le Golan est une terre syrienne occupée et la décision d'Israël de l’annexer est illégale et nulle ». Pour les deux souverains, cette occupation représente une violation de la légalité internationale, particulièrement les résolutions du Conseil de sécurité ».

Par ailleurs, le communiqué final conjoint, lu par le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita, à l’issue de la visite du roi Abdallah II, a réitéré le soutien total des deux pays au peuple palestinien, réaffirmant leur « rejet de toutes les mesures unilatérales prises par Israël, en tant que force d’occupation, pour changer le statut quo juridique et historique et la situation démographique, ainsi que le cachet spirituel et historique d’Al Qods-Est, notamment en ce qui concerne les lieux sacrés islamiques et chrétiens dans la ville sainte.

Le roi du Maroc a mis l’accent sur l’importance de la tutelle assurée par le roi de Jordanie, sur les lieux saints islamiques et chrétiens à Al Qods (Jérusalem) et son rôle principal dans la protection de ces lieux et leur identité arabo-islamique et chrétienne. De son côté, Abdallah II a salué les efforts continus déployés par Mohammed VI, en sa qualité de président du Comité Al-Qods, en faveur de la ville.

D’autres sujets ont dû être abordés par les deux chefs d’Etat et le communiqué final montre bien que les relations de ces deux pays avec les pays du Golfe en général et l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, en particulier, connaissent quelques soucis.

Si les deux souverains ont souligné que les relations avec l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, « ont toujours été des relations historiques profondes et que le Maroc a toujours tenu à les préserver et les renforcer », il n’a pas manqué de préciser qu’« il peut arriver qu'on ne soit pas d’accord sur certaines questions, la politique étrangère étant une affaire de souveraineté » et au Maroc, ajoute le communiqué, « elle est, en outre, fondée sur des principes et des constantes ».

Par ailleurs,  « la coordination devrait se faire dans les deux sens. Elle ne doit pas être à la carte, elle doit couvrir toutes les questions importantes au Moyen Orient comme en Afrique du Nord, à l'instar de la crise libyenne », précise le communiqué qui signale que  "la préservation de cette relation devrait être un souci de part et d’autre ». Dans le cas contraire, les deux souverains sont d’accord qu’il serait normal que « toutes les alternatives soient examinées ».

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