Turquie. Suicide ou torture d'un détenu émirati?

 

silivri

L’un des deux agents, soupçonnés de travailler pour les services de renseignements des Emirats Arabes Uni et détenus en Turquie a été trouvé pendu dans la salle d’eau de sa cellule de la prison Silivri, près d’Istanbul, où il était détenu, depuis le 19 avril. Il se serait suicidé selon les autorités turques. C’est le procureur général qui en a fait l’annonce aujourd’hui, à 10:22,  selon l’agence de presse Anadole.

La thèse du suicide a suscité beaucoup de suspicion, le détenu aurait été torturé, selon certaines sources.

Les deux agents ont été accusés d’ « espionnage politique et militaire » au profit des Emirats arabes unis et d’« espionnage international », dans le cadre d’une enquête menée par le parquet d’Istanbul qui a demandé leur placement en détention. Selon le quotidien Yeni Safak, proche du pouvoir turc, information à prendre donc avec précaution, les deux hommes avaient récemment noué des contacts avec un homme surveillé par le MIT, les services de renseignement turcs.

Le contexte des relations tendues entre la Turquie de l’islamo-conservateur Erdogan, proche des frères musulmans, et les Emirats Arabes unis jette un sérieux doute sur toute l’affaire, expliquent des observateurs. La Turquie s’est mise à dos plusieurs pays de la région et au-delà.

La crise diplomatique qu’Erdogan a créée avec les Etats-Unis a eu de graves conséquences sur le pays et le parti du président de l’AKP l’a payé lors des dernières élections locales, où il a perdu les plus grandes villes. La détérioration de la situation économique a été déterminante dans le choix des électeurs.

Les Etats-Unis ne voient pas d’un bon oeil les accointances de la Tiuquie, qui est membre de l’OTAN,  avec la Russie, ni son rapprochement avec le régime chiite iranien.

Par ailleurs, la Turquie ne cesse d’intervenir dans la région arabe, nourrissant les conflits intérieurs comme elle le fait en Libye, au Yemen (avec l’Iran) et au Soudan, un pays où l’ancien président déchu Omar Hassan El Bachir qui vient d’être déchu, lui accordait une présence dans l’île de Suakin. Un accord qui pourrait être suspendu par les futurs dirigeants.

En intervenant en Libye et au Soudan, la Turquie veut installer des régimes qui lui permettraient de cerner son ennemie l’Egypte, alliée à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Contrôler le Soudan c’est faire pression sur l’Egypte dans le dossier épineux du Nil.

 

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