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Le Club de Mediapart mer. 28 sept. 2016 28/9/2016 Dernière édition

Croissance et rigueur




        Rigueur et croissance sont deux impératifs contradictoires (au sens dialectique du terme)..

         Rigueur: les ressources, telles qu’elles existent, ne sont pas toutes renouvelables (en tous cas sous leurs formes actuellement disponibles). Il faut donc ménager leur allocation, et éviter, en période dépressive, de les épuiser, et, en période expansive, de les gaspiller. « Un euro dépensé doit être un euro utilement dépensé » (disait une femme politique). Encore faut-il que cet euro existe déjà, soit gagé sur une production existante ou bien en l’effectuation prochaine de laquelle les acteurs de l’économie ont confiance. En période de vaches maigres, il y a peu à répartir. C’est une contrainte, lourde.


        Croissance: comme, pour satisfaire les besoins actuels et dégager les ressources nouvelles afin de satisfaire les besoins futurs, il faut produire, à hauteur de ces besoins, il y a tout un cycle « vertueux » à enclencher: distribuer des revenus aux consommateurs et aux entrepreneurs, de sorte qu’ils achètent et produisent… Le tout dans des conditions de compétitivité telles que la richesse créée ne fuie pas purement et simplement vers l’extérieur…


        Les deux choses sont contradictoires en premier ressort: si la conjoncture conduit à resserrer les cordons du budget, à mettre en concordance les dépenses d’à présent avec les recettes, qui dépendent de l’activité future, alors il sera bien difficile d’assurer la croissance. Inversement, si, pour assurer la croissance, on décide de dépenser largement, sans tenir compte du niveau des rentrées, alors il ne sera pas possible de s’en tenir à un budget exécutable sans endettement supplémentaire. Les difficultés sont accrues en période où se conjuguent récession et surendettement (comme celle que nous connaissons à présent).


        L’exercice est très difficile, mais nous n’avons pas le choix. L’une des conditions à remplir est de maîtriser la finance. Non pas accepter ses conditions, non pas refuser son existence, mais la dominer, y compris en faisant prendre par les pouvoirs publics des participations dans le capital des banques, et en restructurant le système bancaire. Une autre est de mieux répartir les prélèvements obligatoires. Une troisième est d’identifier et de favoriser les secteurs économiques porteurs, ceux qui, à moindres frais, conduiront à la croissance (verte).

        Le facteur essentiel, qui conditionne le succès de l’ensemble, c’est la confiance: il faut que la proposition faite par l’offre politique soit à la fois souhaitable et crédible. C’est sur ce critère que la demande politique doit faire son choix.

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Les derniers développements en Espagne montrent qu'il y a une différence entre la rigueur et l'austérité, quant à la croissance.