au fond des choses

peut-on élever le niveau de nos consciences

 

 

par Léon CAMEL

Au fond des choses

 

 

D'une façon constante et générale, on ne se contente pas d'une simple observation, sans qu'un "pourquoi" soit posé.

La constatation intrinsèque d'un fait ou d'une pensée, pris en compte dans son environnement, n'est pas suffisant. Le sujet est assez vite mis sous loupe pour en détailler ses aspects. La découverte de particularités intriguent et poussent à les disséquer les unes après les autres.

On s'enfonce ainsi dans un monde de plus en plus complexe et microscopiquement ou gigantesquement déroutant, ses modes de fonctionnement répondant à des lois spécifiques. Les différentes singularités seront étudiées par des spécialistes et elles mettront en évidence un mécanisme, une molécule dotés de certaines facultés surprenantes stratégiques pour s'adapter, évoluer, tromper l'activité habituelle du microbiote ou être empêchés de progresser par on ne sait quel dispositif qu'il faut débusquer pour comprendre.

Ceci est vrai en toutes matières (biologie, cosmologie, mathématiques, physiques, ...).

C'est extrêmement passionnant et au fur et à mesure de la plongée des études successives dans les étapes de l'infiniment compliqué, une kyrielle de questions, de voies d'investigations égrainent les parcours. Les scientifiques accumulent ainsi des connaissances indispensables à la compréhension du "Vivant". Ils vont ainsi isoler tel ou tel élément invisible, le faire réagir, interagir, le découper, le cultiver dans un environnement qu'on dira similaire, conçu artificiellement mais imparfait au regard du "Naturel". Des conclusions en seront tirées, peut-être des nouvelles cuticules, cellules, molécules, particules trouvées, des applications mises en œuvre "à la manière de l'Originel", à quelques détails près. Et cela sera très utile, la Science aura avancé.

Il n'y a pas de limites - que celles de l'imagination, de la "folie" des chercheurs, des techniques et technologies, des nouveaux matériaux sophistiqués - pour sauver l'humanité, pour aller plus au début de, plus avant, plus loin, plus profond, plus coûteux, plus hors-sol, plus démagogique, plus absurde, plus démentiel (déjà lancé, Starlink par ex.: projet final, dizaines de milliers de satellites à basse altitude).

La métaphysique ou la sociologie décortique tout autant, sème interrogations et extrapolations, mais tôt ou tard se met dans les pas des autres sciences, qui travaillent pour la mère de toutes, la chimie. Nous ne sommes que chimiques et peut-être habités!

Que comprend-on vraiment de tout ce fractionnement, ne va-t-on pas trop loin dans la spirale des infernales quêtes gigognes scientifiques?

N'est-ce pas vouloir "décrocher la lune" ?

Tout comme, en promenade sur un chemin, le bout n'est peut-être pas si loin, on ne résiste pas à aller voir ce qu'il y a au prochain tournant, puis au suivant et ainsi de suite. Des considérations pratiques de tous ordres nous font rester raisonnable et retourner. Scientifiquement, le renoncement à vouloir soulever un nouveau voile qui se présente, n'est pas concevable.

Des connaissances déjà très anciennes, peut-être insuffisantes, sans les moyens technologiques d'aujourd'hui, et satisfaisantes pour vivre en harmonie avec la nature, ont été longtemps ignorées, non par constat d'inefficacité, mais par manque de moyen de la preuve de son action et donc rejetées.

Des mondes, dont les approches existentielles sont lointaines, peuvent-ils mettre en commun leurs savoirs. Il faudrait un tel niveau de sagesse ...

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Rien n'est figé, rien n'est absolu. Le Vivant, de lui-même, se modifie, a des stratégies spontanées d'évolution, de survie et s'adapte, par interactions avec son environnement.

Aller toujours plus loin dans le détail n'est-il pas s'éparpiller et perdre de vue l'Essentiel?

Mais, au fait, qu'est-ce "aller à l'essentiel"? C'est aller au point le plus important et le risque de mettre des éléments secondaires de côté, pour ne se préoccuper que du résultat. Aussi négliger la compréhension de ce qui y a mené, fait d'étapes successives.

Entre la constatation d'un fait pour le retenir et le restituer, et suivre le cheminement ou le raisonnement pour s'en resservir comme d'un outil, le deuxième choix a ma préférence, le premier est utilisable quand le premier est acquis.

 

Ne doit-on pas, individuellement, se fixer des limites, au-delà desquelles l'étude devient contre productive, pour passionnante quelle soit.

Ce que l'homme sait faire de mieux est copier, et il le fait depuis son apparition en observant la Nature. Il ne la recréé pas, il essaie, en reproduit partiellement les mécanismes, fait de l'Artificiel qui fonctionne plus ou moins bien. Les clés des interactions lui manquent, tellement plus nombreuses dans un seul humain que leur nombre sur terre. Toute cette production nous amène à vivre particulièrement mieux, maintenant que les générations des siècles passés ... ... jusqu'à éventuellement nous transformer en partie et durablement dans le futur. Où sont les limites du Raisonnable?

Veut-on tendre vers la perfection, qu'en se focalisant sur certains aspects visant l'objectif, on néglige l'approche globale, tellement complexe et aux contours méconnus, qu'on détruit des liaisons fondamentales. Aucun domaine n'est indemne (entre groupes humains - sociologique, politique - , dans les matières scientifique - médical compris -, philosophique, etc ... ).

On refuse l'Aléatoire, alors qu'il est à nos vies, ce que la matière noire est au cosmos, une composante omniprésente, omnipotente, universelle et surtout impalpable, invisible, par définition non maîtrisable.

Nous n'aurons jamais la maîtrise que de très peu de choses, tant leurs fonds sont inaccessibles à nous, mortels. "Gardons les pieds sur terre".

 

Le 21ème siècle est certainement une époque charnière où il faut réviser les points de vue, les relations à nos divers milieux, les façons de consommer et produire - dans cet ordre, et non produire pour consommer - notre possible dépendance à l'Intelligence Artificielle (IA), l'équilibrage des conditions de vie partout sur terre.

L'Humanité globale, tant souhaitée, tant bafouée, est un Graal. Elle est là dans bien des situations, poignante dans les drames, joyeuse dans les fêtes, à certains moments et pas à d'autres dans chacun de nous, théorique dans nos manières de vouloir résoudre le problème des autres, parcimonieuse quand elle se heurte à nos principes bien établis.

 

Le monde d'après attentats, catastrophes naturelles, pandémies sera-t-il restrictif et normé comme jamais il l'a été, le souhait d'être protégé au maximum le sous-tend, contraignant et universalisé, au-delà des cultures, pour lutter contre les déséquilibres, démocratiquement altruiste ou autoritairement humaniste? - Oui, totalitariste exclus.

 

Un certain nombre de thèmes très divers sont abordés, ici (Le Raisonnable, l'Harmonie, la Sagesse, l'Essentiel, l'Aléatoire, l'Humanité, la Conscientisation). Doivent-ils faire l'objet d'un examen approfondi, sous quels angles les appréhender, les traiter?

Celui qui a quelque chose à en dire élèvera certainement le niveau des consciences.

 

Au fond des choses (suite) par Léon CAMEL 10/05/2020 2/2

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