changer de monde

changer de monde, travail de longue haleine

 

 

par Léon CAMEL

 

Utopique, un changement de monde?

 

Le monde d'après Coronavirus? Que d'espoirs! Pourraient-ils être déçus? Oui et non.

Quel leviers seraient actionnés pour aller vers plus d'Humanité?

Quels seraient les priorités, sur quels les critères? Devons-nous attendre un consensus mondial (peuh!) ou quel État peut prendre l'initiative, se marginaliser et se mettre en danger (...)?

 

Attendons-nous un nouveau messie, qui nous dira ce qu'il faut faire, comment et quand le faire? Attention, un messie peut en cacher un autre!

En dehors des changements dus aux évolutions scientifiques, ce sont ceux de nos mentalités qui modifient en profondeur nos manières d'être.

Restons bien conscients que la technologie est elle-même un trublion des habitudes et de nos modes de vie. Nous adoptons bien plus vite les nouveaux systèmes que les nouveaux concepts théoriques. L'imagination et l'innovation sont deux sœurs qui s'auto-alimentent, la première étant l'aînée. On ne peut les contraindre et leurs produits sont profitables ou destructeurs, selon leur emploi. Plus nous nous abandonnons à la modernité technique, par facilité, par nécessité, d'aller plus vite, plus loin, de l'infiniment grand au petit, à multiplier les questions plutôt que les réponses, moins il sera facile d'accorder nos aspirations philosophiques à notre quotidien. Notre incapacité à gérer ces écarts, entre ce qu'on fait et ce qu'on pense, créent désordres et graves conséquences, en nous et autour de nous.

 

Avons-nous le choix? Non, pas vraiment, pas de suite et pas d'un seul coup, sauf à faire une révolution - ce qui revient à produire le chaos, sans projet abouti.

Pour prendre place, tout nouveau projet de société, d'abord trop complexe, a besoin d'être testé, revu et corrigé, c'est une construction sur un temps long. Il sera utopique avant d'être réaliste et accepté, toute dictature étant écartée. Hum, Hum!! Vigilance!!!

 

Ce qui marche, c'est l'initiative du petit groupe qui essaye, met en œuvre, se trompe, améliore, essaime, s'inspire d'autres groupes et finissent par configurer des ensembles à peu près homogènes. Il n'est pas besoin qu'ils soient identiques - pas de copier-coller - leurs différences seront les garanties de leurs bio-évolutions, leur foisonnements, à condition que leurs fonctionnements répondent à l'impératif de préserver l'Harmonie.

Avez-vous déjà vu une pandémie d'harmonies? Ce sont des "Amomerveillus" qui anéantissent tous les conflits. A chacun de les composer, de les partager, d'accepter celles des autres.

Avons-nous conscience plus que jamais, si la modernité est utilisée à bon escient, de notre pouvoir individuel immense, ensemble, pour changer petit à petit ce monde.

 

Le monde n'est ni bon, ni mauvais, il est comme chacun de nous, les deux.

C'est notre capacité à faire émerger l'un ou l'autre qui déterminera notre sort commun.

Seront nous vus par les historiens extra-terrestres comme des parasites disparus ou des éléments qui auront réussi à se réintégrer à leur environnement naturel, ou bien à créer de toute pièce une bulle artificielle, jusqu'à l'être nous-mêmes?

Alors, pourquoi hésiter?

 

02/05/2020

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