Benjamin Vulbeau menace de mort des militant-es antiracistes

Un seuil est franchi par le Printemps républicain si cette association ne sanctionne pas son adhérent.

Adhérent du Printemps républicain, Benjamin Vulbeau a enchainé ce 8 novembre des tweets contre la manifestation du 10 novembre. Dans le premier, il écrit, à 12 h 20 : «  à ceux des décoloniaux indigénistes et islamogauchistes, opportunistes ou convaincus, qui iront manifester le 10 avec l'objectif de peser politiquement : Vous n'êtes pas prêts pour ce qui se prépare contre vos noirs desseins. Et vous le hâtez. Continuez. »

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Puis dans un tweet suivant, à 12 h 36 : « Le plan de sortie de crise est simple », illustrée par l'éphémère devise républicaine choisie par la Commune de Paris en 1793 : « Unité, Indivisibilité de la République. Liberté, Egalité, Fraternité ou La Mort »

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L'enchainement des tweets est explicite. Benjamin Vulbeau promet la mort aux manifestant-es pour contrer leurs « noirs desseins ». Il pourra bien sûr se réfugier dans l'origine de la tradition républicaine, nous faire croire qu'il parlait de mourir, lui, pour ses idées - un peu comme un kamikaze terroriste, mais c'est bien sûr moins noble que 1793. Il ne cachera pas le fait qu'un militant qui se cache derrière le pseudonymat pour se dire prêt à mourrir pour ses idées prête vraiment à rire, et qu'une telle contradiction invalide cette justification. Il lui faudrait aussi expliquer en quoi un désaccord avec une manifestation impliquerait de mourir pour ses idées.

Il ne pourra pas non plus faire oublier que ce principe a servi comme arme de terreur de tout opposant politique, y compris au sein des révolutionnaires et républicains : Olympe de Gouges, Fabre d'Eglantine, Danton, etc. C'est bien cette tradition républicain que Benjamin Vulbeau invoque.

Alors qu'un militant d'extrême-droite a tiré sur des musulmans au nom de peurs identitaires avec lesquelles joue Benjamin Vulbeau dans ses tweets, pour mieux les justifier, alors que Daesh a formulé comme objectifs ce type de menace proférée par le camp républicain et que Benjamin Vulbeau donne donc aux terroristes ce qu'ils veulent,  le Printemps républicain défendra-t-il de telles pratiques, qui valident l'abandon de toute confrontation d'idées au profit des menaces de mort formulées avec un sentiment d'impunité total ?

 

Edit le 9 novembre à 00 : 40 :

Benjamin Vulbeau continuant à nier qu'il s'agit de menaces de mort, invoquant encore et encore la devise républicaine :

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