Montpellier : Avec #JeSuisUnDesDeux le vélo s’invite dans le débat des municipales

Tout démarre avec une interview de Philippe Saurel sur France 3 qui indigne les usagers du vélo. Une mobilisation se lance sur les réseaux sociaux avec, comme il est désormais l’usage, un hashtag : #JeSuisUnDesDeux. S’ensuit un débat sur la politique d’investissement de la métropole de Montpellier en matière de vélo.

Le sujet est déjà très tendu à Montpellier. Quelques jours avant cette déclaration de Philippe Saurel à la télévision, l’équipe locale de EELV menée par Manu Reynaud avait lancé l’alerte avec un coup médiatique un peu maladroit en déclarant Montpellier “Capitale de la pédale”.

#JeSuisUnDesDeux © Velocite Montpellier

Alors quand le maire de Montpellier et président de la métropole lance sa petite formule lors du journal régional de France 3 quelques jours plus tard, il n’en faut pas moins pour enflammer le débat.

« Faire une infrastructure, pour qu’elle soit utilisée par deux personnes, ce n’est peut-être pas l’idéal »

Poussée par la mobilisation née sur les réseaux sociaux, l’association Vélocité dépose une déclaration de manifestation. 1200 cyclistes se retrouvent le samedi 10 novembre pour brandir leurs vélo sur le parvis de l’hôtel de ville en réaction au propos du maire. Ils revendiquent des infrastructures cyclable non pas pour les loisirs mais pour assurer des trajets quotidiens domicile/travail. Bruno Adelé, à l’origine du mouvement, confiait d’ailleurs son usage du vélo dans une interview : “J’ai laissé ma moto pour un autre deux-roues, plus économique et plus écologique. […] Cela a facilité la transition dans mon mode de transport pour aller travailler”.

22 kilomètres des zones utilisables à vélo

Pour rappel, un mois plus tôt, Mediapart publiait un article sur le fiasco de la nouvelle gare TGV de la ville qui avait à nouveau suscité de nombreuses réactions pendant l’été. Souhaitant probablement éviter un nouveau scandale de ce type, le maire de Montpellier accorde très vite une interview à la presse locale à la suite de cette manifestation. Philippe Saurel essaye d’y défendre son bilan sur le vélo pendant que son entourage assure la contre-attaque.

Un journaliste décrit cette situation :

“Alors que Philippe Saurel, ce samedi matin dans les colonnes de Midi Libre a rappelé la création de 22 km de zones utilisables à vélo depuis son arrivée à la tête de la ville et annoncé de nouveaux projets, notamment de voies vertes sur les anciennes voies ferrées, son entourage a réagi avec ironie sur les réseaux sociaux.”

Pour les mécontents, principalement des “vélotaffeurs” (et donc peu intéressés par les voies vertes), les investissements affichés par l’équipe municipale ne sont pas perçus positivement. Sur twitter s’échangent des exemples d’équipements construits en dépit du bon sens, inutilisables ou même dangereux.

Le 31 octobre, le développeur Thibault Jouannic (figure locale du secteur numérique connu notamment pour ses diverses conférences) contribue au hashtag #JeSuisUnDesDeux et publie un billet de blog décrivant très précisément et illustré d’exemples les équipements inadaptés qui mettent en colère les usagers de la bicyclette à Montpellier :

“En l'état, je pense que je me sentirais plus en sécurité si la bande cyclable n'existait pas, ce qui me permettrait de rouler là ou je dois rouler sans me sentir déplacé et sans que ça énerve les automobilistes plus que nécessairement.”

La bande cyclable route de Mende, qui se rétrécit, se rétrécit… La bande cyclable route de Mende, qui se rétrécit, se rétrécit…

D’autant plus que les réactions des responsables politiques face aux attentes et aux interrogations ne sont pas à la hauteur. Parfois même perçues avec de la violence verbale ou une arrogance démesurée de la part de l’équipe municipale. “Quand ce mépris est porté par des élus, c'est d'autant plus dur à avaler” écrit Thibault Jouannic en réaction aux propos du maire de Montpellier.

Un trimestre plus tard, dans une autre interview publiée dans les colonnes du Midi Libre, Philippe Saurel finira par concéder n’avoir rien fait avant le début de la mobilisation : “Sur le vélo, j’ai réagi, oui”.

Pratiques de la démocratie

“22 kilomètres de zones utilisables à vélo.” Sentant (comme d’autres) l’enfumage à venir avec cette manoeuvre, j’ai très vite essayé d'obtenir le détail du bilan avancé dans cette interview de novembre. Par courrier le 12 novembre, au lendemain de la publication, je demandais au maire de Montpellier de fournir le détail de ces 22 kilomètres de “zones utilisables”.

Je n’ai, encore à ce jour, jamais reçu la moindre réponse. Ni de sa part, ni d’un membre de son équipe à la mairie ou à la métropole. Mon courrier est resté sans réponse. Ce n’est d’ailleurs pas le seul sujet sur lequel l’édile se refuse de préciser face à des citoyens.

Cela démontre que Philippe Saurel ne s’applique pas la réforme des pratiques politiques et institutionnelles dont il appelle de ses vœux le 22 novembre au sein de la rédaction du journal l'Opinion : “lorsqu’il y a une revendication qui s’exprime de cette façon, je reçois les personnes et je discute avec eux”.

Pourtant cette demande était légitime. Preuve en est, Michael Delafosse (PS) s’en fera l'écho en plein conseil municipal de Montpellier le 28 novembre dans un plaidoyer de l’opposition socialiste sur la question des transports et des mobilités : “Vous annoncez que 22 kilomètres de pistes cyclables ont été réalisées. Prouvez-le, de manière transparente en publiant la carte, que vous avez offert à de nombreux montpelliérains et montpelliéraines une alternative sur les mobilités douces.”

État des lieux des aménagements cyclables réalisés entre 2014 et 2018 - Schéma Directeur des Mobilités Actives (SDMA) © Métropole de Montpellier Méditerranée État des lieux des aménagements cyclables réalisés entre 2014 et 2018 - Schéma Directeur des Mobilités Actives (SDMA) © Métropole de Montpellier Méditerranée

Cette carte détaillée finira par apparaître fin décembre dans le “Schéma Directeur des Mobilités Actives” un document édité par la métropole de Montpellier et daté du 21 décembre. Les détails de ces 22 kilomètres pourrons enfin être évalués par les Montpelliérains deux mois après l’usage de cet argument par Philippe Saurel dans le débat.

Un chiffre pour faire diversion

En réalité, ce bilan est contestable. Non pas sur le chiffre en lui même (bien que si l’on se penche dessus, quelques bizarreries sautent au yeux) mais sur ce qu’ils comptabilisent. Il faut garder en tête que les revendications qui s’expriment avec le hashtag #JeSuisUnDesDeux ne portent pas sur la quantité d’équipement réalisé mais sur la qualité de ces derniers.

C’est en portant le débat sur la valeur comptable de son bilan, et non pas sur la qualité de ses réalisations, que Philippe Saurel tente là une manœuvre de diversion des thèmes du débat initiés par le mouvement d’indignation.

  • 6,34 km de bandes cyclables alors que, comme nous l’avons vu ces équipements sont clairement considérés comme dangereux par les usagers du vélo,
  • 3,7 km d’équipement dans le parc de Grammont qui correspondent à des équipements de balade, au même titre que les 350 m de voie verte du parc du Petit Bar, alors que les revendications concernent des équipements pour vélotaffeurs,
  • 2,9 km de zones 30, qui ne correspondent enfin à aucun investissement spécifique pour l’usage du vélo mais simplement en une manœuvre d’abaissement de la vitesse maximale autorisée des véhicules.

État des lieux des aménagements cyclables réalisés entre 2014 et 2018 - Schéma Directeur des Mobilités Actives (SDMA) © Métropole de Montpellier Méditerranée État des lieux des aménagements cyclables réalisés entre 2014 et 2018 - Schéma Directeur des Mobilités Actives (SDMA) © Métropole de Montpellier Méditerranée

Dernier point, ce décompte inclut apparement l’entretien ou la retouche d’équipements existants. Comme c’est le cas rue Paul Rimbaud ou la piste cyclable existait déjà il y a 10 ans ou encore la rue Léon Vallois où un large trottoir a simplement été mieux délimité entre piétons et cyclistes.

En réalité, cette tentative de diversion ne permet pas au maire de Montpellier de mettre fin à la polémique. D’ailleurs, en utilisant le terme de “zone utilisable” pour y inclure des bandes cyclables, des zones 30 ou encore des équipements tombant dans le cadre de la Loi Laure, Philippe Saurel attise le mouvement #JeSuisUnDesDeux qui dénonce justement ces équipements comme inutiles, dangereux et contre-productifs.

Philippe Saurel en visite sur un chantier © Twitter - @Saurel_P Philippe Saurel en visite sur un chantier © Twitter - @Saurel_P
Pour l’anecdote humoristique, en partageant mes doutes sur ce bilan lors de mondanités, une vision intéressante m’a été confié : “Si Saurel avait vraiment créé 22 kilomètres de pistes cyclables d’un niveau souhaité par les cyclistes, on aurait eu des photos de Saurel coulant du bitume, Saurel avec une truelle, Saurel avec le pot de peinture, Saurel sur un vélo …”. Il est vrai que la communication municipale raffole de ces petits épisodes qui rappellent les livres de Martine.

Un “Monsieur Vélo”

Les revendications sont reprises par les personnalités politiques de l’opposition. Le sujet arrive en conseil municipal. Finalement Philippe Saurel “change de braquet” et nomme un “monsieur vélo” pour s’occuper du dossier.

Thomas Goumont, ce “monsieur vélo” travaillera avec Daniel Frayssinet comme interlocuteur de l’association Vélocité. L’écoute des associations locales de défense de cyclistes est présentée comme une avancée, voire une nouveauté par l’équipe municipale.

Isolé de son entourage

Je perçois cela comme un désaveu du travail effectué par le duo Mylène Chardès (adjointe au maire de Montpellier déléguée aux déplacements et à la circulation) et Stéphanie Jannin (elle aussi adjointe et en charge de ces sujets à la Métropole). Toutes deux ont porté le dossier du vélo depuis l’arrivée aux affaires jusqu'à la grande mobilisation de novembre. Il est d’ailleurs dommage que quelque temps après le mouvement #MeToo que Philippe Saurel choisisse de faire appel à un homme pour gérer la situation après ce duo d’adjointes pourtant qualifiées et élues.

Car pourtant, malgré les difficultés liées au coût des infrastructures, les deux élues ont tentés de faire le travail. En 2015, quelques mois après les élections, les choses semblaient aller dans le bon sens. Se dessinait un constat proche des préoccupations des cyclistes sur la discontinuité des équipements cyclable par exemple : "Il faut développer une véritable stratégie en vélo, pour aller d’un point A à un point B". La collaboration avec les associations locales dont Vélocité était déjà engagée à ce moment-là du mandat municipal.

Sur Thomas Goumont en revanche peu d’informations sont publiques, en dehors de ses activités avec son groupe de musique Scat'n'Scratch. Heureusement, pour ce qui est de ses compétences sur le sujet, Philippe Saurel atteste lui-même de sa “passion pour le vélo”.

Pour ce qui est des dossiers chauds cependant, il connaît. Il a notamment travaillé comme “Chef de Projet Grandes infrastructures” pour la métropole sur … la ligne TGV Nîmes-Montpellier.

Reçu sur le plateau de France Bleu Hérault à quelques jours des fêtes de fin d’années, Thomas Goumont se présente lui-même comme un technicien appelé à “faire l’interface et être un interlocuteur privilégié avec les associations”. Philippe Saurel mettrait-il à l’épreuve l’un des éléments de sa future équipe pour un second mandat en 2020 ?

Une hypothèse pourrait être que les deux adjointes, n’ayant pas réussi à gagner des arbitrages budgétaires en début du mandat, se retrouvent aujourd’hui sacrifiées politiquement par Philippe Saurel qui met en avant son “monsieur vélo” issu des services de la métropole pour relancer une dynamique favorable dans l'opinion, en jouant la carte de la rupture à un an des prochaines échéances municipales.

Plan vélo XXL

La création de ce titre de “monsieur vélo”, sans valeur légale, est l’un des volets du “Plan vélo XXL” dévoilé le 29 novembre par la majorité municipale dans la Gazette de Montpellier. Or ce plan est très flou et surtout il ne dit pas comment il sera financé.

“Pour l’instant, il y a beaucoup de paroles. Nous n’avons pas connaissance ni d’un calendrier, ni d’un budget, ni même de la date de la prochaine réunion de travail sur le sujet” confiait début 2019 au journal d’investigation local ledoc-info Bruno Adelé.

Malgré cela, le “plan vélo XXL” contient beaucoup de choses. Par exemple, la promesse renouvelée de construire un garage pour les vélos aux abords de la gare Saint Roch. Pardon, un “pôle service cycliste” dans le jargon institutionnel. Alors que la même promesse avait été faite en février 2018 sans avoir été réalisée depuis.

Autre point à noter dans ce plan vélo, la campagne de communication lancé pour sensibiliser les automobilistes qui stationnent sur les voies cyclables. Les “GCUM” (Garés Comme Une Merde) que dénoncent également les militants de la cause cycliste. Mais si les affiches déjà placardées dans les rues de la ville menacent les automobilistes indélicats d’un PV de 135 €, aucune vague de répression n’est prévue pour l’heure. En 2016, le procureur de Montpellier expliquait être plutôt préoccupé par la délinquance routière et les délits de fuite. À l’inverse, pointant du doigt “l’indiscipline des cyclistes” lors d’une réunion publique.

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Tout cela dans un contexte où Montpellier va investir des millions dans un nouveau stade, où la ligne 5 de tramway va devoir également trouver son financement, sans oublier la gare TGV de la Mogère va devoir être reliée au reste de la ville par des infrastructures de transport en commun avant sa “montée en puissance”.

L’ambiguïté de l’association Vélocité

À plusieurs reprises depuis 2014, sur le sujet du vélo, l'équipe municipale a indiqué être en train de “travailler en collaboration avec Vélocité”. Pourtant, suite à la mobilisation, l’association s’est félicitée dans la presse d’avoir été reçue dans le bureau du maire pour la première fois.

Deux courants se dessinaient jusque là au sein de l’association. Comme on peut le sentir déjà en 2015 lorsqu’un membre se félicite, dans les colonnes du Midi Libre, des discussions engagées avec Mylène Chardès alors qu’un autre, plus sceptique, ne se leurre pas des promesses faites par l’élue.

Vers une nouvelle génération de cyclistes

En effet, réuni le 16 novembre, le conseil d’administration de Vélocité s’est refusé toute polémique sur le bilan des 22 kilomètres. “Cela n’a aucun intérêt” me confiera un membre de l’association ayant soutenu cette “stratégie”. Alors même que c’est ce bilan que dénoncent les internautes sous le hashtag #JeSuisUnDesDeux.

Peut-être l’association a t-elle aussi peur de perdre ses subventions accordées par la municipalité. Avec seulement 1 833,80 € euros de recettes en 2017, on comprend que la marge de manœuvre financière de l’association est faible. En 2017 l’association compte environ 200 membres avec une cotisation de 8 € en tarif de base.

Cette situation financière risque néanmoins de changer dans le bilan de 2018. Le mouvement de ces derniers mois a attiré environ 120 nouveaux membres dans l’association. Avec leurs cotisations, le budget devrait remonter à près de 2 500 €, hors subventions.

Dans un entretien publié en janvier dernier, Daniel Frayssinet, administrateur de Vélocité expliquait déjà sa volonté d’un rapprochement avec l’hôtel de ville de Montpellier : “Nous sommes désormais subventionnés par la municipalité par soucis de rapprochement. Nous essayons d’entrer dans un cadre participatif, faisant le lien entre les cyclistes et les élus.”

Un rapprochement si bien réussi que Daniel Frayssinet, aujourd’hui porte-parole de l’organisation, est même cité ce mois-ci dans le mensuel d’information de la métropole en soutien du plan vélo de Philippe Saurel : “Tout ce qui tend à créer un réseau cyclable cohérent et des zones 30 va dans le bon sens. Il y a une forte demande de la population à pouvoir se déplacer tranquillement à vélo. C'est un phénomène qui a le vent dans le dos, qui est inéluctable.”

Des membres historiques déconnectés

La réalité c’est que Daniel Frayssinet et d’autres membres de l’association Vélocité sont éloignés d’une nouvelle génération d’usagers qui par exemple témoignent sur le réseau social Twitter. Partagent les embûches rencontrés le long de leur trajets ou encore se radicalisent et dénoncent les incivilités impunies des automobilistes. Sentant qu’il lui échappe des informations, il s’est inscrit sur la plateforme le 29 octobre 2018 … après le début du mouvement #JeSuisUnDesDeux. Accompagné dans la foulée de plusieurs autres membres dirigeants l’association.

Parcours recensés par les cycliste grâce à une application mobile créée par le mouvement #JeSuisUnDesDeux © Bruno Adelé Parcours recensés par les cycliste grâce à une application mobile créée par le mouvement #JeSuisUnDesDeux © Bruno Adelé

À l’inverse une nouvelle génération de militants de la cause du vélo, plus technophile, émerge à Montpellier. Mobilisation à l’aide de hashtags, création de d’espaces de discussion sur Slack (une plateforme de discussion en ligne), installation de nombreux outils numériques de collaboration ... Les plus motivés ont même créées des applications mobiles afin d’identifier les trajets les plus fréquentés par les cyclistes. D’autres nourrissent le débat en filmant et diffusant leur trajets sur Youtube et accompagnent leurs vidéos de commentaires sur les infrastructures.

Vélocité se veut défendre l’intérêt des cyclistes à Montpellier, tout cela avec un “soucis de rapprochement” avec la municipalité. Mais au vu du bilan de ladite municipalité, cette ligne est-elle encore tenable ? L’assemblée générale de Vélocité, qui se tiendra cette année encore fin janvier à la salle municipale Pétrarque dans l’écusson, devra probablement répondre à cette question.

Surtout qu’après le mouvement initié en octobre, de nouvelles personnalités très actives ont adhéré à l’organisation et pourront bousculer les équilibres internes. Il faudra s’attendre à voir se multiplier à Montpellier les actions organisées en défense des intérêts du vélo.

Exemple d'équipement incohérent partagé sur le hashtag #JeSuisUnDesDeux Exemple d'équipement incohérent partagé sur le hashtag #JeSuisUnDesDeux

Conclusion

Après tout un trimestre à m’intéresser à ces questions, je me demande aujourd’hui si Montpellier sera un jour à la hauteur de l’enjeu du vélo et plus généralement de la transition écologique des transports.

Car au final, le cœur du sujet est là : pour augmenter le nombre et surtout la qualité des équipements cyclables, il faut réduire les voitures en ville et investir dans un remplacement des infrastructures pour qu’elles soient adaptées à d’autres formes de mobilités.

Alors que le plan vélo XXL présenté il y a quelques jours recycle simplement de vieilles promesses. Mais peut-on y croire quand on fait le bilan des quatre dernières années ? Surtout qu’aucun financement n’a encore été établi.

Peut-on également croire que la réalisation de ces promesses sera contrôlée avec une association locale de défense des intérêts des cyclistes comme Vélocité ? Avec un porte-parole assurait en 2018 faire “le lien entre les cyclistes et les élus”. Au vu des relations entretenues jusqu’alors, je me demande si le lien n’allait pas à sens unique.

Rencontré il y a quelques jours, une personnalité locale me confiait : “Le stade, le tramway, le vélo. On ne pourra pas financer les trois. À votre avis, lequel sera sacrifié par Saurel ?”. Comme on peut le lire dans l’article de l’hebdomadaire local l’Agglorieuse du 9 janvier, le vélo s’invite déjà dans “les enjeux montpelliérains de la campagne” municipale pour 2020.

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