Les Lumières vacillent, l'obscurantisme occidental s'étend : que vive une deuxième Renaissance occidentale !

Paradoxalement c'est au lendemain d'une mobilisation de 4 millions de français, qui, selon un chroniqueur de France Culture signifiait : « nous voulons toutes nos libertés et nous voulons vivre ensemble » que se préparent et s'engagent des mesures sécuritaires toujours plus attentatoires aux libertés individuelles et de nature à creuser les failles qui traversent déjà la population.

Encore et toujours plus de la même chose serait-il en mesure de régler le problème du terrorisme ? :

Il faut relire Paul Watslawick et oser répondre : non, en la circonstance, non, et loin de là

Que faut-il faire ? Plus ou autrement ? Et surtout, que faut-il ne plus faire ?

Les assassins de la semaine dernière, ceux de Charlie Hebdo, comme celui de l'épicerie casher étaient connus, bien connus, des services de police, des renseignements, de la justice même (1), depuis des d'années et alors même que le gouvernement, pour justifier l'alourdissement du dispositif sécuritaire adopté en novembre 2014, annonçait que la France était fortement menacée, qu'un attentat était hautement probable, que la période présente était particulièrement dangereuse, la question n'étant même pas, selon certains, de savoir si il y aurait un attentat, mais quand et où, sachant que le Journal Charlie Hebdo était parmi les cibles possibles l'une des plus probables, si l'on se réfère au nombre de menaces proférées et leur nature les rendant plausibles et le fait que le journal avait déjà subi un attentat sérieux, prouvant que les menaces n'étaient pas du bluff, hé bien malgré tout ça, ce contexte, ces circonstances, quand ils l'ont voulu, les « terroristes » ont pu frapper. Pire, si j'ose dire, alors que l'alerte est à son maximum, depuis le mercredi 7 où il y eut le massacre de Charlie Hebdo, avec toutes les forces de police qui quadrillent la région, avec le fait qu'on connaît les assassins présumés et qu'on les poursuit, hé bien l'un des leurs, dans la même région géographique, parvient à faire une prise d'otages dans un endroit, sensible lui, aussi, puisqu'il s'agit d'une épicerie casher, et que ce n'est pas une nouvelle : les juifs de France sont depuis longtemps visés par ce terrorisme.

Serait-ce que nos fins limiers sont nuls ? Hé bien non, d'ailleurs tous le monde le dit (2). Alors ?

Alors ce n'était pas assez nous dit-on. Mais avec 10 000 militaires en plus et le traçage de toutes les communications des citoyens, les écoutes à tout va etc  qui croira que les frères Kouachi et Coulibaly auraient abandonné leur entreprise assassine. Leur téléphone ? Ils ne s'en servent pas, ou plus, ils ont, comme d'autres illustres personnages, des téléphones sous d'autres noms d'emprunt (3). ils savent que même Merkel est écoutée par les services américains ! Internet ? Ils ne s'envoient pas des messages sur Google, Non, il savent se camoufler, évidemment.

Réfléchissons en prenant du recul :

Comparaison n'est pas raison, mais enfin : en 1940/1944 il y avait bien plus de 10 000 soldats allemands, la gestapo auxquels il faut ajouter la milice et nos braves gendarmes et policiers aux ordres de Vichy. Il y avait des couvre feux, des lois d'exception, la peine de mort, la promesse d'être torturé, bref un arsenal bien supérieur encore à ce que peut offrir un gouvernement quelque peu républicain et démocratique, ce qui n'était plus le cas de l'Etat français. Cependant, des terroristes pour les uns, résistants pour les autres, parvinrent à se faufiler à travers les mailles étroites de cet immense filet. Et pourquoi ? En partie parce qu'il trouvaient dans la population quelques appuis me dira-t-on, certes mais en partie seulement et pas beaucoup en tout cas avant l'hiver 1943, avant Stalingrad qui redonna l'espoir(4). En fait ils ont adapté les modalités de leur action au contexte, et parce qu'ils avaient, et c'est là l'essentiel, une forte motivation et, de leur point de vue, de bonnes et légitimes raison d'agir en dehors de lois, ils estimaient devoir s'en affranchir. En ce dotant des moyens, devoir, quand on est motivé, c'est pouvoir.

Alors la question à la base est bien celle de la motivation. Contre une motivation, ferme, assurée, qui se dote ou est dotée de moyens, contre le sentiment de servir une cause, une bonne cause, celle de rendre justice par exemple, rien n'arrête les terroristes.

De la force de la motivation : illustration

Bien sûr, il y a les bonnes et mauvaises causes, et chacun sait pour lui-même ce qu'est la bonne cause et la mauvaise cause. Pour moi, est-ce utile de le dire, le terroriste résistant poursuivait une bonne cause. C'est assez facile à dire en 2015, quand de plus on est né au pied du Vercors ! Je sais. Je le sais d'autant plus que, lors d'une visite à Grenoble le 19 mars 1941 le Maréchal Pétain, reçu un accueil populaire, des grenoblois et plus largement des isèrois, tout à fait remarquable : Le cours Jean Jaures était noir de monde, avec des drapeaux tricolores dans les mains, la populations applaudissait au passage du Maréchal. Je n'y étais pas, mais j'ai un témoin de choix : mon père. Il habitait un village a environ 50 km de Grenoble et l'instituteur eut cette bonne idée d'organiser, pour les enfants des écoles et les villageois, un déplacement en car à Grenoble pour saluer chaleureusement le Maréchal, Père de la Patrie. Il avait 16 ans. Cette population devait pourtant deux ans plus tard se montrer combative : Grenoble est l'une des 5 communes de France Compagnon de la libération (5)

En deux ans, la motivation patriotique changea de direction, comme un peu partout en France, il faut dire que le poids de l'occupant, la restriction des libertés et puis le service du travail obligatoire favorisa ce changement de direction, il devenait de plus en plus possible pour des jeunes plein d'idéal de servir la juste cause que dans toutes les strates de la population on commençait à défendre plus ou moins discrètement, en se méfiant toujours du voisin quand même (Les délateurs zélés furent nombreux)

Prenons un grenoblois qui mérite d'être salué, bien qu'assez peu connu : Pierre Ruibet. Il fit sauter à Jonzac, (Charente -Maritime), le plus gros dépôt de munitions de l'armée allemande en France occupée. Voici la lettre qu'il écrivit à sa mère.

« Ma chère petite maman »

Ma lettre va te faire bien de la peine. J'ai été désigné pour faire sauter la carrière. J'avais posé des mines qui n'ont pas fait leur effet. J'attendais quelqu'un qui n'est pas venu. Il est de mon devoir de tous détruire. Tant pis, je vais y mettre le feu, je suis bien décidé, seulement il y a beaucoup de chance pour que j'y reste. Cependant je tenais à la vie, mais je fais passer mon pays avant mon bonheur. Je vous embrasse tous. Adieu, Vive la France. »

Il avait 18 ans

Pour ce qu'il considérait être la bonne cause, et je suis bien de son avis (6), Pierre Ruibet, parvint à faire sauter seul,  dans le cadre d'un réseau résistant, le plus gros dépôt de munitions de l'armée allemande en France occupée.

Je le redis pour que chacun en soit bien convaincu : ceci démontre que la force de la motivation se joue des pires citadelles.

Des sources, bonnes ou mauvaises, de la motivation terroriste

Serez-vous alors convaincus, si je prétend, que la source de la motivation soit, de votre point vu d'observateur, bonne ou mauvaise ne fait rien à l'affaire, hélas, l'acte terroriste ou résistant le plus fou (en terme de probabilité de réussite et de risques encourus) reste possible dés lors qu'il existe une forte motivation, quelque soit la cause ! Il faut le savoir, se l'avouer.

Alors j'espère que chacun l'aura compris, j'ai proposé ce recul, ce détour par la guerre de 39/45, pour montrer que c'est la motivation qu'il faut atteindre, et particulièrement la source de la motivation qu'il s'agit d'assécher. si l'on veut tuer le terrorisme.

Méfions-nous, il est des lois, des dispositions des actions qui concourent à alimenter la source,

Depuis des années, l'Occident alimente la source des motivations djihadistes, la puissance américaine nous a entraîné un peu plus sur cette pente funeste après le 11 septembre 2001, mais nous y étions déjà engagés.

Depuis la seconde guerre mondiale, l'Occident s'est engagé dans de multiples opérations militaires, A part la défaite française de Dièn Biên Phu , il n'a jamais perdu une guerre, il a même gagné nombre de batailles, et pourtant !

Prenons les dernières : Irak , Libye, Afghanistan, Mali. Après les succès militaires occidentaux que reste-t-il de ces pays ? Des nids de contestation de l'Occident : derebellions s'y développent qui désignent l'Occident comme ennemi et alimentent les motivations des terroristes que nous voulons combattre. Et parfois pas seulement les motivations, les caisses aussi. Allons nous, dans le sillage des Etats-Unis en faire avec eux toujours-plus dans cette direction ?

L'obscurantisme occidental

L'obscurantisme commence par cette incapacité à cultiver le doute sur son savoir, son action, incapacité à se regarder et se critiquer, à se remettre en cause, l'obscurantisme c'est ensuite faire toujours plus d'une même chose, quand elle ne marche pas, et puisqu'elle ne marche pas, toujours plus d'une prétendue solution qui en fin de compte devient un vrai problème elle-même, un problème de plus, tandis qu'elle accroît, favorise le problème initial qu'elle était supposé résoudre.: on avait un problème : on finit par en avoir deux !

On peut utilement relire Paul Watzlawick , mais chacun peut facilement le comprendre à partir de l'exemple de la prohibition aux Etats-Unis (1919 1933). Pour parvenir à interdire quasi totalement l'alcool on créa un dispositif juridique et policier qui provoqua et accentua peu à peu un trafic clandestin qui fut une aubaine pour la pègre et le grand banditisme, et ceci sans parvenir à éradiquer l'alcool, loin de là.

Mais cet obscurantisme de l'Occident ne se manifeste pas seulement dans ses interventions militaires, ses OPEX (6) et ses ingérences ciblées et sélectives, souvent dictée par les intérêts économiques et financiers, où le toujours plus de la même chose n'aboutit qu'à toujours plus de rejet de l'Occident et des valeurs qu'il voudrait promouvoir ou défendre.

Le lien entre les deux principales facettes de l'obscurantisme occidental

Et justement, cet obscurantisme touche également son modèle économique libéral ou néo-libéral, comme on voudra. Au début de ce siècle, en 2008, ses travers sont mis en évidence, et néanmoins c'est là encore du toujours-plus qui est proposé comme solution, quand on s'aperçoit pourtant que se sont les solutions mêmes qui posent problème (7).

Le problème peut se résumer à deux principales facettes:

  • d'une part c'est l'accroissement continue des inégalités, et soit dit en passant, en voilà une belle source de motivation pour qui se veut épris de justice !

  • d'autre par c'est l'épuisement de la planète avec cet indicateur pourtant simple : le thermomètre qui nous donne l'état du réchauffement climatique.

Et comment ne pas voir le lien entre le développement économique régit pas les seuls intérêt financiers privés et particuliers à court terme et la dégradation de la planète, qui elle se mesure à moyen et long terme ? Et l'on continue, pire, on appuie sur l'accélérateur pour tenter de sauver cette fameuse croissance, la croissance à tout prix du PIB et, pour donner à manger à l'ogre de la finance, voilà qu'il faut lui sacrifier les biens communs essentiels à la vie de chacun, les lui donner en sacrifice, pour vénérer le Dieu argent dont l'industrie financière est le haut clergé . Et voilà pourquoi il faut, par exemple défendre ou contrôler des champs pétrolifères Hé oui, le lien existe entre les deux aspects de cet obscurantisme occidental ! Il s'appelle les intérêts du capitalisme financier.

Dimanche a-t-on marché pour les Lumières ou pour l'obscurantisme ?

Cet obscurantisme frappe en son cœur le pays des Lumières, et ce pays ne le voit pas ! Les Lumières ont vacillé, Les 4 millions de français qui ont défilés sont -ils venus pour les sauver ou pour souffler les dernières flammèches ? En tout cas, ceux qui les gouvernent sont près à continuer à faire du « toujours-plus » aussi bien sur le plan sécuritaire qu'économique et environnemental, sans exercer, ou laisser exercer, l'esprit critique à son encontre, car il n'estime qu'il n'y a pas d'autres solutions que les siennes concernant la sécurité, l'économie et l'écologie, et tout citoyen normal devrait donc, qu'il soit de droite ou de gauche, y adhérer, parce que, argument d'autorité : « There is no alternative », le fameux TINA, triomphant à partir des années 80? Et ceux qui contesteront TINA, seront vite taxés d'extrémismes :

La critique et le débat plutôt que la pensée unique et l'unanimisme

Se rappelle-t-on que les Lumières ont commençé par porter la critique au sein même de leur pays, et plus encore, au sein même de leur classe sociale! Car il est facile de dire à l'autre vous êtes critiquable, faite votre propre critique,(8). La grandeur des Lumières, ce ne fut pas la critique du turc ou du persan (9), ce ne fut pas l'injonction faite à ces derniers de se critiquer, c'est d'avoir engagé par principe la critique de la société dans laquelle ils vivaient, celle de la France et de l'Europe du 18 ème siècle. Une France et une Europe qui avaient déjà ses « TINA ». Exemple  : There is no alternative à la primauté de l'aristocratie, à la religion d'Etat. 1789, prouva que non (10). Il y avait une alternative ; démocratie et laïcité

Pour assécher les motivations terroristes : une renaissance occidentale

Ce que nous ferons de mieux pour assécher les motivations des terroristes c'est de conduire une critique éclairée de nos TINA Occidentales actuelles afin, non pas de faire encore et toujours- plus de la même chose sur le plan sécuritaire, économique et militaire, mais de faire autrement, voire défaire ce que nous avons fait. Il faut retrouver le chemin des Lumières et pour ce faire partir simplement de l'humanisme : C'est finalement une forme de Renaissance qui s'impose. Une deuxième Renaissance pour l'occident. Et pour cette deuxième Renaissance, accepterons-nous une nouvelle fois, comme pour la première Renaissance de l'Occident, d'avoir quelque chose à apprendre de l'orient, proche , moyen ou lointain (11) ?

Notes


(1) Kaouchi et Coulibaly sont en effet, pour ainsi dire potentiellement connus du grand public, puisque les deux frères Kaouchi ont eu les honneurs de la télévision au cours d'un reportage, quant à Coulibaly il eut l'occasion d'être filmé quand il fut reçu à l'Elysée où il pu serrer la main de Nicolas Sarkosy, alors Président de la République. Il arrive souvent que les personnalités capables de faire le pire aient une forte tendance à rechercher la notoriété : être vu, connu, reconnu constitue souvent un attrait pour eux, parfois une motivation supplémentaire.

(2) Bien sûr, à y regarder de près une enquête administrative ou parlementaire trouvera peut-être à redire, sur l'intervention des forces de l'ordre et l'action des services de polices en amont, pendant, voire après les attentats, et l'on peut toujours améliorer des dispositifs policiers et juridiques, dans lesquels toutefois le facteur humain reste une inévitable source d'erreur voire de fautes. (Illustration : c'est bien comme ça que fut analyser la mort du militant écologiqte Rémi Fraisse : la faute à pas de chance, en tout cas pas d'erreur ou faute des gendarmes)

(3) Ex :Nicolas Sarkosy ayant un téléphone au nom de Paul Bismuth, pour tenter d'échapper aux écoutes téléphoniques commanditées par la justice.

(4) Les soutiens des résistants n'étaient pas vraiment sur le territoire, ils étaient au-delà des frontières, à Londres, mais aussi à l'ouest, Washington et à l'Est, Moscou. Sur le territoire national la prise d'otages par l'occupant et ses représailles auprès de la population, rendaient celle ci pour le moins craintive et parfois même hostile. Et pourtant, même dans ces circonstances, la résistance osa des actions, au risque d'avoir des morts civiles de compatriotes sur la conscience !

(5) A ce propos on lira avec grand intérêt le discours de De Gaulle le 5 novembre 1944 à Grenoble, jour où il remit la médaille de Compagnon de la Libération à la ville. En voici un extrait, qui nous parle, comme on dit. "C’est un renouveau économique que nous devrons faire tous et toutes ensemble, sur nos terres, notre sous-sol, enfin un renouveau social, et je ne puis le résumer autrement qu’en disant ceci : il ne faut plus, n’est-ce pas, qu’une fraction de la nation française, puisse se sentir étrangère à la nation, il faut que tous les Français, sans limitation, que tous ceux qui sont nés sur notre sol, soient intégrés à la Patrie, au même titre les uns que les autres. N’est-il pas vrai que c’est ce que nous voulons faire ? Et pour cela, nous voulons faire en sorte que tous les enfants de la France puissent vivre, lever la tête, élever leur famille, travailler dans la dignité et la sécurité humaines."

(6) Ne pas en déduirem évidemmentm que j'en aurais été capable . il y a fort peu de chance ! D'ailleurs qui sait de quel coté il aurait été en 1941, 42, 43, 44, 45 .. Ah non 45, c'était facile tout le monde était du même coté ! Quand tout le monde est du même coté, est-ce que ça ne cache pas souvent quelque chose, au moins des malentendus ?

(7) OPEX Opération extérieure de l'armée française: remarquez que le mot guerre n'est pas employé. C'est un peu comme les fameux « événements d'Algérie » : Voici la liste des OPEX  telle qu'elle est établie par le Ministère de la Défense : Mali, Afghanistan, Piraterie (cote de Somalie), Liban, Tchad, Cote d'Ivoire, Kosovo, Libye. Ce que déploie l'armée en France actuellement est selon le Ministre de la Défense une « opération militaire intérieure ». Certes le mot guerre est employé par certains (Le Premier Ministre ce jour même àlatribune de l'Assemblée nationale) pour ce qui est de la lutte engagée contre le terrorisme, sans faire toutefois l'unanimité.

(8) Depuis le début des années 80, le capital prend une part toujours plus grande de la plus value des richesses produites par le travail, en conséquence le travail est de plus en plus mal rémunéré, mais comme il faut néanmoins consommer toujours plus pour assurer la sacrée croissance, alors on développe le crédit au-delà du raisonnable. Le crédit, c'est de la dette. La dette des particuliers devient de la créance pourrie pour les banques et en 2008, pour sauver les banques, on les transforment en dette publiques. Résultats les Etats sont endettés, trop, il faut alors réduire les dépense publiques, … c'est l'austérité et la vente des biens publics : "TINA" nous disent nos économistes orthodoxes et nos politiques, droite comme PS en France  en chœur reprennent ce refrain, ça tombe bien il y a de l'argent concentrés dans des mains et qui courent d'une bulle financière à l'autre à la recherche de  placements juteux ; les biens communs, voilà la belle affaire ! Même si c'est au détriment de tous, si ça accroît encore les inégalités, si ça fait mal à la planète et provoque à travers le monde exodes, exils, déracinements, misères ...colères et ressentiments envers ,,,, ?

(9) Par exemple, il devient commun de dire que l'Islam doit faire sa propre critique. Admettons le sans difficulté, car je vois mal comment une religion, quelle qu'elle soit, puisque basée sur la croyance et une vérité « révélée », pourrait échapper à la critique de celui qui raisonne et veut penser par lui-même : un héritage des Lumière.

Il a sans doute raison Michel Onfray d'inviter l'islam à se réformer, mais qu'il n'oublie pas de se consacrer surtout à lever le voile de l'Obscurantisme qui s'étend sur la pensée occidentale

Dans sa Lettre ouverte au monde musulma,n Abdennour Bidar l'invite à rattraper son retard par rapport aux autres religions notamment en n'acceptant la discussion et l'interprétation du Coran. Un texte très intéressant, d'un auteur, plus proche que ne l'est Onfray, de ceux auxquels les conseils s'adressent, mais est-ce que Abdennour Bidar peu contribuer aussi à la nécessaire critique de la société dans laquelle il vit, celle du Canada.

(10) En référence bien sûr à Voltaire (Le grand Turc) et aux lettres Persanes de Montesquieu

(11) 1789 .. et puis les années révolutionnaires, avec ses soubresauts et « la terreur », celle de l’État, à l'origine du « concept de terreur », qui a donné paradoxalement son nom à terroriste : ceux qui s'attaquent aux Etats et institutions.:la terreur c'est d'abord celle de l’État le plus souvent et à travers le monde actuellement encore. Parmi les 50 chefs d'état qui le 11 janvier ont défilé à Paris certains dirigent des états qui terrorisent des populations !, les leurs ou d'autres !

(12) N'oublions pas que la première Renaissance s'appuya sur de nombreuses « découvertes » transmises souvent par les musulmans depuis la Grèce, l'inde et Babylonne, et dans certains domaines les pays arabes du 14 ème siècle possèdaient une avance importante sur l'Europe. Si ce n'est plus l’algèbre et les sciences qui peuvent être sources d'échange, est-ce qu'on ne trouverait pas d'autres domaines plus humanistes pour echanger que du pétrole contre des dollars ? Toujours est-il qu'à poser sur un plan à la fois humain et réciproque les échanges, l'occident aurait une chance, en engageant sa propre critique, de faire advenir celle qu'il préconise chez les autres.

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