Dette de la province de Buenos Aires: reculer pour mieux sauter (dans le vide)

Le nouveau gouverneur Kicillof vient encore de reculer au 3 février la date-limite d'adhésion des créditeurs au reprofilage proposé.

Le nouveau gouverneur Axel Kicillof vient encore de retarder au 3 février la date-limite d'adhésion des créditeurs au reprofilage brutal qu'il leur a proposé.

En effet, la dette héritée de sa prédécesseure macriste Maria-Eugenia Vidal est énorme et les deux tiers sont sous la forme de bons dollarisés (dont 20% sous juridiction étatsunienne: du pain bénit pour les fonds-vautours...)

Un remboursement d'intérêt et de capital pour un montant de 250 millions de dollars était dû à fin janvier, mais l'argent manque et le président Fernandez a rejeté toute idée d'une reprise totale ou partielle de la dette provinciale par l'Etat. Face à cette impasse, Kicillof a proposé de payer une partie des intérêts (7 millions de dollars) et de décaler tout le reste au mois de mai. Sa proposition n'a pas eu beaucoup de succès: à la première date -limite du 23 janvier, seulement un peu plus du quart des créditeurs ont accepté ce délai, loin des 75% nécessaires pour éviter une déclaration de défaut.

Le gouvernement provincial a maintenu son offre jusqu'à hier 31 janvier, sans beaucoup plus de résultats, et a donc été obligé de la prolonger une nouvelle fois jusqu'au 3 février, avant-veille du jour où la province sera déclarée officiellement en défaut de paiement.

Le refus de Fernandez de contribuer (par exemple, en consentant à Kicillof un prêt-relais de quelques dizaines de millions de dollars pour assurer un premier remboursement partiel et rendre ainsi l'offre de reprofilage plus facile à accepter par les créditeurs) à éviter un défaut de cette province stratégique me semble un choix politicien à courte vue, car les répercussions d'un défaut de la plus importante province (40% de la population du pays) sur l'ensemble de la dette extérieure argentine risquent de lui coûter au final bien plus cher à la fois en termes de position internationale et de politique intérieure.

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