Chamailleries paléo-trotskystes

Il y a de l'eau dans le gaz chez les paléo-trotskystes argentins

Altamira, chef historique du Partido Obrero (Parti Ouvrier), un des deux principaux groupuscules trotskystes argentins vient, avec son compère Ramal, d'être viré (ses adversaires disent qu'il s'est "auto-exclu") par la nouvelle direction du parti, un gang de jeunots piloté par le député Nestor Pitrola et la candidate du FIT à la vice-présidence Victoria Del Pla.

C'est un peu comme si feu Lambert avait été victime en son temps d'un coup d'Etat interne fomenté par une petite clique fraîchement sortie de l'AJS. Les charges à l'encontre des (auto-)exclus sont d'ailleurs extrêmement sérieuses, qu'on en juge:

- fractionnisme et non respect du centralisme démocratique (apparemment Altamira n'avait pas digéré sa mise en minorité au dernier congrès et continuait à faire son agit'prop perso dans son coin sans en référer à la jeune garde);

- action intriguante (sic) et rupturisme (re-sic) démontré par le lancement jugé intempestif du slogan confusionniste "Pas une voix pour Macri", soupçonné de faire le jeu du péronisme-kirchnérisme, ce qui est très vilain, d'autant plus que les ouvriers, au lieu d'adhérer en masse au Parti qui porte leur nom, persistent également à faire le jeu du péronisme-kirchnérisme.

Les exclus se plaignent en retour d'être victimes d'un "appareil de fonctionnaires qui violent la démocratie partidaire"  et accusent les nouveaux dirigeants d'espionnage de leurs courriers électroniques (mais ils ne les accusent pas encore d'être stipendiés par la NSA) et d'appliquer un régime de censure "plus grossier que celui qu'applique la classe capitaliste et son Etat". S'il est vrai que le journal du Parti Ouvrier est pire que Clarin et TeleNoticias, c'est vraiment très laid...

Bref, on se croirait revenu à Moscou dans les années 1920, mais, fort heureusement, tous ces guignols gauchistes prompts à s'entre-excommunier n'ont ni Goulag ni Loubianka à leur disposition pour régler leurs comptes, ce qui nous permet de rire de leur phraséologie naphtalinée plutôt que d'avoir à en pleurer.

Finalement, c'est une bien dure vie que celle de révolutionnaire professionnel auto-proclamé et tout ceci devrait se terminer fort logiquement par une scission... et peut être ultérieurement par un congrès de réunification, si l'on en croit l'adage.

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