Deux échecs en Phase III pour des traitements du Covid-19

Deux médicaments envisagés pour traiter les formes graves du Covid-19 ont échoué à confirmer les espoirs suscités par les études initiales.

Il s'agit du tocilizumab de Roche (nom commercial: RoActemra) qui avait fait l'objet d'une communication optimiste mais prématurée de l'AP-HP il y a quelques mois, et dont l'essai de phase III a été déclaré non concluant fin juillet, et du sarilumab (nom commercial: Kevzara) de Sanofi/Regeneron qui a fait l'objet ce jour d'un communiqué annonçant également son échec, après des résultats intermédiaires décevants signalés dès juillet.
Pour l'instant, le seul médicament démontré réellement efficace contre les formes graves de la maladie est le stéroïde dexaméthasone, le très médiatisé remdésivir n'apportant que des bénéfices limités.
Tout ceci montre que l'actuel emballement médiatique à propos des vaccins risque de finir en cruelle déception, car pour les vaccins comme pour les médicaments, il n'est pas rare d'échouer en phase III, même après avoir eu de premiers résultats encourageants en phases I et II.
L'administration Trump exerce actuellement une intense pression politique sur la Food and Drug Administration (FDA) étatsunienne pour qu'un vaccin bénéficie avant l'élection présidentielle d'une autorisation exceptionnelle d'urgence (une Emergency Use Authorization ou EUA dans le jargon de l'Agence) comme ce fut le cas pour l'hydroxychloroquine au printemps (cette EUA a été ensuite révoquée en raison de l'accumulation des preuves d'inefficacité) et le Remdesivir (EUA du 20 mai élargie le 28 août à tous les patients hospitalisés) puis plus récemment pour le plasma de personnes guéries (EUA publiée le 23 août).
Le coup médiatique de Poutine lançant son vaccin Spoutnik V "à la russe" sans validation préalable de Phase III, d'une part, et le degré d'avancement des projets chinois (en particulier celui de Sinovax) d'autre part, contribuent également à faire monter la pression chez les industriels et politiciens occidentaux.
La tension en est arrivé au point où le Dr Peter Marks, qui est le patron du département chargé de l'homologation des vaccins à la FDA, a menacé de démissionner si l'on essayait de lui forcer la main...

Moralité: ne comptez pas trop sur la large disponibilité d'un vaccin à la fois inoffensif et efficace avant fin 2021, et en attendant, sortez masqués et n'écoutez pas les sornettes des crétins complotistes qui se proclament "anti-masque"!

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