En Catalogne (3/3): sur les chemins de la liberté

Ce troisième et dernier billet catalan vous emmènera jusqu’au pied de cols pyrénéens qui servirent de point de passage à ceux qui luttaient contre le fascisme.

L’ancienne prison de Sort a été transformée en un minuscule musée consacré aux chemins de la liberté empruntés du sud au nord par des Républicains espagnols fuyant le franquisme, puis quelques années plus tard, en sens inverse, par des Juifs persécutés, des prisonniers évadés (dont le célèbre aviateur américain Charles Yaeger) et des résistants français en transit vers l’Afrique du Nord ou l’Angleterre :

Les multiples chemins pyrénéens de la liberté Les multiples chemins pyrénéens de la liberté

Comme l’indique cette carte, les points de passage étaient nombreux dans les Pyrénées centrales mais la traversée était souvent difficile, surtout en hiver (les principaux cols situés au nord de Sort culminent entre 2000 et 2500 m). Pourtant des filières d’évasion alimentées depuis Toulouse et Saint-Girons furent très actives, avant comme après l’occupation de la Zone Sud par les Nazis, comme en témoignent les longues listes de personnes ayant transités par Sort:

Une partie des hôtes forcés de Sort pendant la guerre Une partie des hôtes forcés de Sort pendant la guerre

Un cousin catalan nous emmena tout au long de la petite route qui remonte le cours sinueux de la Noguera Pallaresa, la rivière tumultueuse où la jeunesse de Sort et d'ailleurs vient aujourd'hui pratiquer le canoë-kayak.

La Noguera Pallaresa à Isil La Noguera Pallaresa à Isil

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous sommes arrêtés quelques instants à l’extrémité de la voie carrossable, à 1400 m d’altitude, là où paissent tranquillement de ravissantes petites vaches brunes :

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Là aussi où commencent les sentiers de randonnées qui permettent de rallier la France, et qui furent autrefois les chemins de la liberté pour les antifascistes espagnols puis, en sens inverse, pour ceux qui fuyaient le nazisme :

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 Je concluerai cette brève évocation de la Catalogne et de ses combats passés et présents par un hommage à Pierre Daura, un peintre catalan qui s’engagea à 40 ans passés auprès de la République Espagnole contre le franquisme, dont voici l'autoportrait en tenue de combattant antifasciste (tableau exposé au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan) :

Autoportrait de Pierre Daura en volontaire républicain Autoportrait de Pierre Daura en volontaire républicain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Daura, qui fut grièvement blessé à Teruel puis rapatrié en France avant de partir aux Etats-Unis (son épouse était Américaine), était l’un de ces héros qui nous avons laissés glisser peu à peu dans l’oubli, comme dit la chanson des fortifs que j’évoquais dans mon premier billet et qui se termine par ces vers:
Mais d'autres viendront
Héros différents
Puis disparaîtront
À chacun son temps
Il n'y a plus de fortifications
Mais y aura toujours des chansons.

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