La prochaine élection présidentielle américaine

À un peu plus d’un an des prochaines élections américaines et à quelques mois du début du marathon des primaires, il convient de s’intéresser de près à la turbulente politique intérieure américaine et aux multiples effets de bord de (et sur) la politique extérieure des USA (Chine, Iran, Russie, Ukraine…)

À un peu plus d’un an des prochaines élections américaines et à quelques mois du début du marathon des primaires, il convient de s’intéresser de près à la turbulente politique intérieure américaine et aux multiples effets de bord de (et sur) la politique extérieure des USA (Chine, Iran, Russie, Ukraine…) Je m’appuierai, comme lors des élections précédentes, sur l’excellent site statistique de Nate Silver.

Chez les Démocrates, Joe Biden est le candidat de la direction du parti (tout comme Hilary Clinton en 2016) comme le montre le décompte (avec des totaux encore modestes) des soutiens reçus à ce jour par les candidats:

 

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NB : Le barème utilisé par le site va de 10 points pour un ex-(vice-)président à un seul point pour un membre du Comité National Démocrate (c’est-à-dire un des notables de base du Parti jouant un rôle à l’échelon national).

L’explosion de l’affaire ukrainienne est de nature à fragiliser un peu la position de Biden, que les douteuses opérations pétro-financières de son fils vont plomber auprès de l’électorat démocrate et surtout de l’électorat indépendant (j’avais d’ailleurs évoqué il y a plus de 5 ans l’importance des enjeux pétroliers et gaziers dans l’affrontement russo-américain en Ukraine). Mais ceci est encore très relatif, car si Warren domine les intentions de vote aux primaires dans quelques états marginaux comme l’Iowa ou le New Hampshire, où l’électorat démocrate est nettement plus à gauche que la moyenne, les positions de Biden restent solides dans de grands Etats comme la Caroline du Sud ou la Floride.

Il faudra donc encore attendre quelques semaines pour voir si les attaques forcenées de Trump produisent ou non une certaine érosion de la cote de Biden dans l’électorat démocrate.

Sanders est maintenant victime de son âge avancé et sa récente crise cardiaque (on lui a posé deux stents en urgence il y a quelques jours) le met, à mon avis, d’ores et déjà pratiquement hors course, et ce d’autant plus que la gauche du parti peut maintenant soutenir Warren qui, contrairement à Sanders, est une vraie démocrate "de souche".

Les autres candidats plus jeunes de la gauche du parti, comme Kamala Harris, n’ont à mon avis à ce stade aucune chance réelle de sortir victorieux du processus de sélection.

Qu’en est-il de Trump ?

Sa popularité n’a jamais été très élevée, et il a perdu deux points dans les sondages à 41,6% depuis le début du scandale ukrainien, mais le noyau dur de son électorat, c’est-à-dire les petits blancs racistes, violents et semi-analphabètes qui n’écoutent que Fox News et les infox à répétition diffusées compulsivement par le président lui-même, reste extrêmement fidèle à son champion.

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À ce niveau de popularité, Trump aurait du mal à être réélu (il n'avait obtenu que 46 % des voix contre Clinton) et les premiers signes du ralentissement économique créé par sa gestion chaotique des relations avec la Chine et le reste du monde peuvent susciter un certain désenchantement chez les électeurs indépendants. Il est donc d’autant plus important pour lui de déstabiliser le candidat centriste expérimenté qu’il considère, à tort ou à raison, comme le plus dangereux pour lui parmi les Démocrates, c’est-à-dire Joe Biden, d’où son offensive tous azimuts contre lui ces derniers jours.

 

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