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Billet de blog 6 oct. 2022

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La tradaptation

Pour certains jeux de mots intraduisibles directement, il faut passer par une adaptation linguistique et/ou culturelle, ce qu'on désigne par l'élégant mot-valise de "tradaptation".

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Ce dessin paru dans Pagina/12 est un jeu de mot sur "Boca" (le club de foot de Boca Juniors) et "boca"  (la bouche). En fait c'est bien le même mot car le quartier de La Boca à Buenos Aires se trouve à l'embouchure (boca) de la rivière Riachuelo (une des plus polluées du monde).

Pour comprendre la blague, il faut avoir suivi la politique argentine ces derniers jours. L'ex-président néolibéral Mauricio Macri qui est la tête de turc favorite des dessinateurs du journal de gauche Pagina/12 fut autrefois président du club de Boca Juniors ce qui constitua un atout dans sa conquête de la mairie de Buenos Aires puis ultérieurement de la présidence, où son bilan socio-économique fut désastreux.

Macri a maintenant changé de club et a mis la main sur Independiente, ce que les "xeneizes" (les fidèles de Boca Juniors) vivent comme une trahison et ce que le microcosme politique perçoit comme un premier pas vers une nouvelle candidature présidentielle.

Puisque Macri semble avoir des velléités d'être à nouveau candidat l'an prochain, ses rivaux au sein de la Droite argentine commencent à lui tirer dessus, et l'autre jour Facundo Manes, le médiatique neurologue de l'UCR (Union Civique Radicale, vieux parti de centre-droit qu'on peut comparer au Modem chez nous) dont on parle comme d'un possible candidat de centre-droit à la présidence  ou à la vice-présidence avec un autre candidat en tête de gondole (Gerardo Morales et Horatio Rodriguez-Larreta sont les plus cités) a expliqué tout de go qu'il fallait mettre Macri à la retraite...

L'expression "irse de Boca" veut bien dire "s'en aller de Boca" mais "irse de boca" veut dire "parler à tort et à travers", "employer un langage inadéquat", "être agressif en parole" etc. à rapprocher de notre formulation "un va-de-la-gueule".

Le jeu de mot est doublement intraduisible à la fois linguistiquement (Boca/bouche) et culturellement. D'où une nécessaire tradaptation.

Si l'on veut conserver l'aspect footballistique, il faut transposer vers un nom de club suffisamment imagé comme les Dogues (de Lens) ou les Canaris (nantais) et trouver deux politiciens rivaux qui fassent l'affaire.

Par exemple, on pourrait remplacer Macri par Xavier Bertrand (des Hauts de France) qu'on accuserait de lâcher les Dogues (de Lens) et il répondrait en accusant un de ses rivaux (au hasard, Eric Ciotti...) d'aboyer contre lui. Autre idée: choisir un politicien de l'Ouest qui aurait été un soutien des Canaris et qui se défendrait en disant que Perdiau veut le faire chanter.

Pour passer à l'anglais, une solution serait de faire référence aux Gunners (les canonniers) d'Arsenal et de glisser l'expression "loose cannon" (une personne au comportement imprévisible, comme on dit "une balle perdue" en français) dans la réplique.

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