Décalogues argentins (2/3) : le consensus néo-libéral en 10 points

Dans une grande opération de communication visant à tenter de ficeler son opposition, Macri a proposé 10 points qui selon lui devraient faire consensus afin de rassurer les marchés. Tous ses principaux adversaires l’ont envoyé sur les roses.

Les 10 points énoncés par Macri sont un simple décalque de la politique que lui impose le FMI et ressemble comme deux gouttes d’eau au système mis en place en Europe par la BCE et mise en musique en France par Manu, Edouard, Bruno et les autres, avec les brillants résultats que l’on connaît en termes de cohésion sociale...

1°) maintenir l’équilibre fiscal,

2°) garantir l’indépendance de la Banque Centrale avec comme mandat de lutter contre l’inflation,

3°) accroître l’intégration à l’économie mondiale et augmenter les exportations,

4°) consolider la sécurité juridique pour promouvoir les investissements,

5°) favoriser la création d’emplois par la mise en place d’une « législation moderne du travail » (on dirait du Pénicaud dans le texte),

6°) réduction des impôts nationaux, provinciaux et locaux, surtout ceux qui produisent le plus de distorsion,

7°) consolider un système de retraite soutenable et équitable,

8°) consolider le fédéralisme sur la base de règles communes pour réduire le caractère discrétionnaire des subventions octroyées aux provinces par le gouvernement,

9°) maintenir un système statistique transparent et fiable (allusion claire aux sordides manipulations de l’indice d’inflation par les gouvernements Kirchner)

10°) respecter nos engagements envers nos créditeurs.

Comme souvent avec ce genre de liste, les problèmes les plus importants à traiter ne sont pas abordés : que ce soit la lutte contre les rentes monopolistiques qui favorisent l’inflation et la corruption, la régulation des flux capitaux, la maîtrise du déficit commercial par des taxes ciblées à l’importation, les mesures de formation visant à accroître l’employabilité, la lutte contre le travail au noir, la réforme de l’État, etc.

Le but de Macri avec son appel au consensus autour de ce décalogue est surtout de faire de la com’ à destination du FMI pour montrer aux technocrates de Washington qu’il fait vraiment tout ce qu’il peut pour que l’Argentine fasse là où on lui dit de faire.

L’ensemble de l’opposition (à l’exception des péronistes les plus Macri-compatibles comme Urtubey) a dénoncé cette manœuvre cousue de fil blanc, et Macri vient de doubler la mise en adressant un courrier à CFK elle-même pour l’inviter à discuter de ce magnifique décalogue, ainsi qu’à toutes les institutions de la société civile (syndicats, églises...)

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