La droite argentine s'agite et se divise

La Droite argentine fait feu de tout bois contre le gouvernement et se brûle au passage

Depuis plusieurs semaines, face à la montée progressive de l'épidémie (qui demeure essentiellement concentrée dans la mégalopole de Buenos Aires) et au durcissement des mesures de confinement jusqu'à mi-juillet, la Droite argentine relance son offensive médiatique par les voix de ceux des chiens de garde que j'ai, il y a déjà quelques années, baptisés la Triple L (Lanata, Leuco, Longobardi) auxquels on peut ajouter Fernandez-Diaz, Majul et quelques autres, en employant les mêmes arguments pseudo-économiques que Bolsonaro ou Trump.

La fraction la plus dure (Bullrich, Cornejo, Macri) de cette Droite néolibérale que sa gestion catastrophique aurait dû amener à plus de modestie dans sa récente expression publique, a voulu en fin de semaine dernière donner une coloration politique à un fait divers sordide (l'assassinat crapuleux d'un ex-secrétaire personnel de Cristina Fernandez de Kirchner par quatre jeunes dont l'un était l'amant de la victime) en parlant d'un crime "d'une extrême gravité institutionnelle". Le président Fernandez a immédiatement qualifié cette opération de "canaillerie".

Bien que la Triple L et le reste de la meute médiatique ait immédiatement embrayé sur la base du communiqué signé par les trois dirigeants de l'alliance de droite (l'ex-terroriste péroniste anciennement membre de la bande de Galimberti, devenue la très brutale ministre de l'intérieur de Macri et l'actuelle présidente du PRO, Patricia Bullrich, l'actuel gouverneur de Mendoza et président de l'UCR, Alfredo Cornejo, et un sous-bouffon de Carrio nommé Maxi Ferraro pour la CC) la réalité des faits a été rapidement exposée par le juge chargé de l'enquête et plusieurs élus du PRO et de l'UCR, furieux de cette sortie médiatique réalisée sans consultation préalable, ont très vite désavoué publiquement ce communiqué.

La première conséquence politique de ce faux-pas est la mise sous tutelle de Patricia Bullrich par l'aile la plus pragmatique du PRO (dont le chef de file et candidat putatif pour les prochaines présidentielles est le maire de Buenos Aires, Horacio Rodriguez-Larreta) et l'on peut prévoir que Larreta va en tirer profit pour accélérer la mise au rancart de Mauricio Macri et la marginalisation de Bullrich.

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