Julio Le Parc à Buenos Aires

Toute une série d'hommages au maître de l'art cinétique Julio Le Parc est en cours ce mois-ci à Buenos Aires

Toute une série d'hommages au maître de l'art cinétique Julio Le Parc est en cours ce mois-ci à Buenos Aires: une grande rétrospective de toute sa carrière organisée thématiquement et chronologiquement se tient au Centre Culturel Kirchner (CCK) alors que le Musée des Beaux Arts se concentre sur ses années de formation à l'école supérieure des Beaux-Arts de Buenos Aires puis à Paris au sein du Groupe de Recherche sur les Arts Visuels (GRAV). Lors de sa formation initiale, Le Parc refléta dans ses premiers travaux l'influence de Picasso et des cubistes:

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Il montra également un intérêt précoce pour la pratique du divisionnisme:

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Cet intérêt réapparaîtra dans une phase ultérieure de son oeuvre de maturité:

 

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Il fit partie d'un groupe d'étudiants rebelles qui lancèrent une pétition contre un enseignement trop traditionnel et provoquèrent la démission de plusieurs professeurs conservateurs. L'épicentre de la révolte fut l'atelier de gravure où Le Parc et quelques uns de ses camarades dont plusieurs l'accompagnèrent lors de son départ pour Paris se mobilisètent. Dans cet atelier, Le Parc commença à expérimenter des techniques rapides pour produire des mooocopies:

 

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Le déclic de son basculement vers l'Op'Art et l'art cinétique fut une exposition Vasarely au Musée des Beaux-Arts en 1958. Il obtint une bourse française et partit pour Paris où il vit toujours. Il passa ses premières années à explorer les différentes possibilités de ces techniques en utilisant ce qu'il appelle ses petites boîtes de lumière, dispositifs de projection contenant des ampoules et des miroirs, ce qui lui permettait d'explorer rapidement un grand nombre de combinaison de motifs, de couleurs et d'angles de vision, car une constante de sa conception de l'art est sa volonté d'intégrer la position du spectateur en tant qu'élément constitutif de l'oeuvre:

 

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Dans cette approche d'interaction avec le spectateur, Le Parc pratiqua également le trompe-l'oeil et la sculpture abstraite sous forme de faisceaux:

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De son grand-père parisien Jean-Marie qui vint s'installer à Mendoza après la défaite de la Commune de 1871, Le Parc a hérité un attachement à la contestation de l'ordre établi. Une facette moins connue de son activité est la pratique de la caricature. Son jeu de massacre anti-impérialiste où l'Oncle Sam voisine avec Mickey et un militaire fasciste tout comme les punching-balls ludiques installés au CCK ont beaucoup de succès auprès de la jeunesse argentine d'aujourd'hui, et montrent aussi l'influence de mai 68 (ceux-ci m'ont rappelé un court poème d'Eluard: « Je hais le règne des flics et des prêtres »):

 

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Le clou de ces hommages fut samedi dernier une projection organisée par son fils Yamil Le Parc, d'une succession d'images animées sur les quatre faces de l'Obélisque, accompagnée d'un pot-pourri de musiques classiques et modernes:

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