Le tocilizumab et le sarilumab contre le Covid-19

Une étude britannique montre une efficacité significative contre les formes graves de ces deux anticorps monoclonaux lorsqu'ils sont administrés en association avec la dexaméthasone.

Ces deux anticorps monoclonaux avaient déjà été testés au printemps dernier sous l'égide de l'AP-HP mais par manque de rigueur méthodologique, les cliniciens français s'étaient (une fois de plus...) montrés incapables d'aboutir à des résultats (positifs ou négatifs) publiables dans une revue scientifique digne de ce nom et en juillet dernier faute de résultats, ces deux pistes avaient été purement et simplement abandonnées.

Et une fois de plus, après la validation de la dexaméthasone et l'invalidation de l'hydroxychloroquine, les scientifiques et cliniciens britanniques donnent aux brouillons et prétentieux mandarins français une double leçon de rigueur scientifique et d'efficacité clinique, en ayant évalué ces deux médicaments non plus isolément mais en combinaison avec la dexaméthasone.

D'après les premières informations publiées ce jour par la presse anglaise, le taux de mortalité des patients les plus gravement atteints a été réduit (par un différentiel statistiquement significatif de 12% du total) et surtout la durée de séjour en soin intensif a été réduite de 7 jours au minimum à 10 jours au mieux, ce qui dans l'état actuel de saturation du NHS est très bienvenu.

Le nouveau traitement évalué associe oxygénation et dexaméthasone (qui constituent l'actuel traitement standard des formes graves) avec l'administration de tocilizumab ou de sarilumab. Le petit nombre de cas (quelques dizaines seulement) d'administration de sarilumab au lieu de tocilizumab ne permet pas à ce stade de conclure à une différence d'efficacité entre les deux, mais l'un et l'autre ressortent plus efficaces que le traitement de référence.

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