La chute prochaine de la maison Trump

Trump ne sera peut-être plus président dans 4 mois...

Le site FiveThirtyEight rappelle qu'en 1974 c'est le lent et tardif basculement de l'opinion puis surtout son accélération brutale au détriment de Nixon qui ont provoqué sa démission avant même que sa mise en accusation (le sens exact de "impeachment") et sa destitution dans la foulée par le Sénat ne deviennent quasi-certaines.

Les courbes des sondages se sont croisées seulement 4 mois avant que Nixon ne démissionne, après plus d'un an d'investigation dans l'affaire du Watergate:

nixon74

Dans le cas de Trump, les courbes viennent juste de se croiser, avec 5% d'écart en faveur d'un soutien à la procédure de destitution, juste au -dessus de la marge d'erreur des sondages les plus récents, et il n'est pas encore sûr que le ciseau continuera de s'ouvrir:

trump19

On pourrait cependant espérer que d'ici à 4 mois, Trump soit acculé à la démission, quoique les situations de 1974 et d'aujourd'hui soient différentes.
Entre temps, la polarisation politique s'est énormément renforcée, ce qui assure le maintien d'un socle d'inconditionnels. Cependant les multiples dérapages actuels de Trump concernent ses relations avec des dirigeants de pays étrangers, ce qui suscite l'inquiétude d'une fraction de la droite républicaine, même si le grand public (et en particulier les électeurs de Trump) n'y comprennent pas grand chose et pourraient évoluer plus lentement. L'autre ingrédient essentiel de la dynamique de l'opinion est la réactivité nouvelle créée par les réseaux sociaux, qui peut accélérer le basculement de l'opinion, en particulier parmi 15% d'électeurs non-alignés à seulement un an des prochaines élections. De ce point de vue, le refus de Trump de coopérer avec l'enquête du Comité Judiciaire sur ses sombres manoeuvres ukrainiennes est exactement comparable au refus de Nixon de fournir les enregistrements prouvant son implication dans le Watergate. Cette forme d'obstruction passe très mal auprès d'une opinion publique qui reste très majoritairement légaliste et le soutien à Trump pourrait donc très vite se réduire à son noyau dur d'incondtionnels (environ 35% des électeurs).
Les tous derniers errements de Trump concernant la Syrie sont par ailleurs de nature à renforcer ceux qui, sans oser encore le proclamer trop fort, rêvent au Sénat de se débarrasser de lui avant que ses assertions délirantes ("les Kurdes ne nous ont pas aidé en Normandie pendant la 2ème Guerre Mondiale" est la dernière en date) et ses incohérences ne mettent en danger leur propre réélection.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.