Juges et procureurs au service de la Droite

Le parallélisme entre l'action des pouvoirs judiciaires brésiliens et argentins au service de la même droite à la fois néo-libérale ET fasciste se confirme.

Le scandale qui vient d'éclater au Brésil par la révélation d'échanges privés entre juges et procureurs du Lava Jato démontre la partialité du pouvoir judiciaire à l'encontre du président Lula, condamné à des années de prison sans la moindre preuve matérielle par le juge Moro (ensuite devenu, en récompense de ses services, le ministre de la justice du fasciste Bolsonaro).

Ce scandale révèle le fonctionnement d'une magistrature noyautée par une Droite réactionnaire des plus anti-démocratiques qui, sous prétexte de lutte contre la corruption, s'est en réalité mise au service de la mafia militaire et des politiciens affairistes qui dirigent le Brésil.

La similarité avec les révélations de l'affaire d'Alessio est saisissante: en Argentine également, les juges et procureurs, opérant main dans la main avec les médias néo-libéraux (Clarin et La Nacion jouant le même rôle à Buenos Aires que O Globo à Rio) et avec les "opérateurs judiciaires" de Macri et ses alliés, ont emprisonné préventivement sans preuves matérielles plusieurs politiciens dans le seul but d'empêcher un retour au pouvoir des kirchnéristes: tous les industriels ayant pris part depuis des décennies à la cartélisation des Travaux Publics sont devenus des "repentis" et ont été laissés en liberté à condition de témoigner à charge contre les politiques, sans qu'on leur demande de fournir le moindre élément de preuve.

Toute cette opération de destabilisation a évidemment été coordonnée entre les droites locales, fidèles à leur tradition de caniches de Washington, et les services étatsuniens (H. Verbitzky a révélé que D'Alessio était un agent inorganique de la CIA, géré par un service spécialisé basé dans le Maine, et le juge Padilla a saisi chez lui des documents en provenance de l'ambassade des USA).

Cette offensive de la droite judiciaro-politique s'appuie aussi sur les faiblesses de l'opposition progressiste: la corruption était un véritable problème que les lulistes comme les kirchnéristes ont voulu ignorer à leurs dépens, et dont bon nombre d'apparatchiks et de dirigeants de second rang ont effectivement profité.

 

 

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