Brexit: Embrassons-nous, Folleville !

Les cinq semaines de suspension du Parlement vont être mises à profit pour sortir de l'impasse. Merci qui ? Merci Boris !

Boris Johnson amuse la galerie depuis deux jours en faisant mine de revenir partiellement à la solution initialement proposée par Barnier pour la mise en place du backstop irlandais, consistant concrètement à déporter les contrôles douaniers à la frontière maritime de l'Irlande du Nord et à maintenir l'ensemble de l'île dans l'union douanière (solution rejetée par les unionistes du DUP pour qui ce maintien de la seule Irlande du Nord dans l'union douanière européenne serait le prélude à l'abhorrée réunification de l'Irlande.)

Pendant ce temps, les discussions transpartisanes progressent sur plusieurs fronts:

1°) remplacement de Boris Johnson en octobre: lors d'une interview à la télévision galloise, le très respecté dissident conservateur Ken Clarke a clairement posé sa candidature à la direction d'un gouvernement intérimaire (conformément à ce que j'évoquais dans mon précédent billet). Le choix d'un canal gallois pour faire cette déclaration n'est évidemment pas neutre...

2°) vote de l'accord au Parlement avant fin octobre: une majorité se dessine entre conservateurs dissidents, repentis du Labour (une cinquantaine de députés seraient maintenant prêts et autres opposants pour voter une version légèrement amendée sur le plan des garanties sociales (conformément aux discussions ayant eu lieu en début d'années entre Corbyn et May) de l'accord négocié avec l'UE par Teresa May. Pour satisfaire la direction travailliste et surtout le LibDem, très moteur dans le mouvement "People's Vote", un référendum de confirmation serait organisé dans la foulée.

3°) contour du référendum de confirmation: il reste un point important à clarifier; l'alternative proposée à l'adoption de l'accord doit-elle être Leave ou Remain ? Mais quel que soit la question posée, on peut penser que l'accord sera validé (courant décembre) par le vote populaire, afin d'en finir avec ce mauvais feuilleton.

On s'acheminerait donc vers une sortie négociée au 31 janvier, car si Johnson est renversé et si le nouveau gouvernement parvient à faire immédiatement adopter l'accord de sortie au Parlement sous réserve d'un référendum, l'Union Européenne accordera évidemment (avec un gros soupir de soulagement) le délai supplémentaire demandé...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.