Argentine: une première mesure bienvenue

La réduction du budget de l'AFI (les services secrets) est une excellente nouvelle

Dès son discours inaugural, Alberto Fernandez a pris le taureau par les cornes en décidant de couper dans le budget de l'AFI (l'ex-SIDE) une des principales succursales crapuleuses de la CIA qui sévissent en Amérique Latine. Ceci permettra entre autres de supprimer l'arrosage des juges et procureurs fédéraux par des enveloppes sorties de l'AFI, une des principales sources de manipulation de la justice argentine par l'exécutif local mais aussi par la puissance impériale. Macri avait d'ailleurs rétabli par décret dès début 2016, l'opacité de la distribution de ces fonds en supprimant sa supervision par une commission ad hoc du corps législatif.

La décision de réallouer les "fonds réservés" (ce que l'on appelle chez nous les "fonds secrets") au programme de lutte contre la faim a certes des relents de démagogie kirchnériste, mais le fait que l'AFI soit dès le début de son mandat dans le collimateur du nouveau gouvernement est une excellente initiative et marque l'influence de Gustavo Beliz, devenu un des principaux conseillers de Fernandez.

Il reste bien du ménage à faire en commençant par traduire en justice les membres officiels et officieux de l'AFI qui ont participé aux opérations d'espionnage illégale et d'extorsion montées par le faux avocat (et agent de la CIA) d'Alessio. Fernandez a évoqué une restructuration en profondeur des services.

Pour assainir cette entité, il faudra virer rapidement les successeurs de Stiuso, à commencer par Majdalani, qui était la véritable patronne des Services et à ce titre responsable hiérarchique (même si pas forcément directement coupable) des multiples dérapages mafieux commis sous son autorité. Il faudrait également couper le cordon ombilical avec la CIA, mais c'est plus vite dit que fait.

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