Encore une histoire de romanichels

La ministre argentine de la sécurité Patricia Bullrich a encore oublié de se taire

Après le guet-apens qui a grièvement blessé le député Olivares (qui est toujours dans un état critique, en soins intensifs et sous assistance respiratoire après avoir été réopéré) et tué son assistant Yadon, Patricia Bullrich qui avait d'abord dénoncé un attentat politique et parlé de "mafia" a poursuivi dans le même registre en parlant de "mafia gitane" parce que les coupables sont des membres d'une famille de cette communauté (les motivations de cet assassinat restent obscures: une liaison extra-conjugale de la fille de l'assassin avec Yadon a été évoquée puis démentie).

D'après les témoignages recueillis sur les faits et gestes des mis en cause avant et après leur crime, il semble que le crime ait été improvisé par deux ou trois membres de cette famille qui avaient passé la nuit à boire ensemble et à se monter le bourrichon... donc rien à voir avec une opération d'un gang relevant du crime organisé.

En matière de crime organisé, Patricia Bullrich a quant à elle un lourd passé: elle fut en son jeune temps membre de la direction de la branche militaire des Montoneros, un groupuscule pérono-gauchiste qui pratiquait les enlèvements contre rançon et les assassinats politiques et dont la plupart des membres furent éliminés par les pérono-fascistes de la Triple A et par les structures militaro-policières de la dictature, dictature dont leurs propres exactions avaient favorisé l'avènement.

Des représentants de la communauté gitane se sont élevés contre l'amalgame stigmatisant que représentaient les paroles de Bullrich (qui est aussi coutumière des dérapages verbaux que notre Castaner et notre Jupiter junior réunis).

On attend toujours les excuses de la ministre.

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