Alberto Fernandez dans les pas de Trump

L'Argentine vient d'interdire les transports aériens en provenance de la Chine et des autres pays asiatiques infectés, ainsi que de l'Europe et des USA

La mesure, prise à l'article 9 du Décret National d'Urgence (DNU) sanitaire publié hier soir, a pris tout le monde par surprise... à commencer par les fonctionnaires des ministères de la Santé et des Transports qui n'en avaient pas parlé la veille lors d'une réunion tenue avec les compagnies aériennes. Il est vrai qu'entre temps, Trump avait marqué le tempo et comme souvent, l'Argentine péronisto-bananière lui a mécaniquement emboîté le pas sans trop réfléchir, car le virus est déjà présent en Argentine et les premiers cas de contamination autochtone ont été annoncés, signe que l'épidémie va se répandre.
Toutes les compagnies aériennes étrangères opérant des lignes avec les pays concernés sont désormais interdites de vol pour 30 jours. Les seuls exemptés de cette interdiction sont la compagnie nationale  Aerolineas Argentinas, d'une part, et les résidents argentins se trouvant présentement à l'étranger et voulant rentrer au pays, d'autre part.
Or, à ce jour, ce sont uniquement des touristes argentins partis à l'étranger (surtout en Italie du Nord) qui ont rapporté le virus avec eux... Autrement dit, on exempte de la mesure d'interdiction d'entrée sur le territoire précisément la seule population dont il a été démontré qu'elle avait été le vecteur de l'introduction du virus dans le pays...
On va installer des caméras thermiques à l'aéroport d'Ezeiza, mais il n'est apparemment pas question de confiner les Argentins arrivant de l'étranger dans un environnement sécurisé à leur sortie de l'aéroport (par exemple dans des hôtels réquisitionnés) le temps de les tester systématiquement (test à réaliser deux fois à intervalle de quelques jours), ce qui serait la seule façon rationnelle de s'assurer qu'ils soient pas porteurs du virus.
Il y a quand même un point positif dans toute cette absurdité : le discours d'hier soir d'Alberto Fernandez n'a duré que six minutes, contrairement à celui de Manu-le-filandreux qui nous a baratiné pendant une demi-heure en parlant un peu de tout (de ses relations avec Trump, de l'Europe, des élections, des écoles, de la solidarité...) c'est-à-dire au final de pas grand chose. Tout comme Sarkozy et Hollande avant lui, le président se révèle un adepte du micro-management et de la communication compulsive au détriment d'une véritable vision stratégique.

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