Un scénario possible pour le MH17

Les derniers développements de l'affaire depuis la publication du premier rapport d'analyse (présenté dans un précédent billet) sont:

- l'absence de toute information nouvelle sur le trafic aérien tant civil que militaire dans la zone concernée;

- la révélation la semaine dernière qu'au moins un des passagers avait eu le temps d'enfiler un masque à oxygène.

Ce dernier point indique que l'avion a subi une dépressurisation brutale mais pas une immédiate explosion en vol: les passagers ont donc eu le temps de voir leur mort arriver, comme on dit dans la Grande Presse à mouliner des clichés.

Compte tenu des informations disponibles, on peut maintenant envisager le scénario suivant, qui justifierait toutes les accusations réciproques entre Russes et Ukrainiens:

- l'avion aurait d'abord subi des dommages provoqués par l'explosion d'un missile sol-air mal réglé et/ou arrivé en limite de portée, et de ce fait pas tout à fait assez près de l'avion (volant à FL 330 d'après l'enregistrement FDR) pour provoquer la destruction immédiate de l'aéronef, mais néanmoins suffisamment proche pour induire une dépressurisation de la cabine et des dommages structurels importants (la puissance dislocatrice d'un missile sol-air atteignant l'avion dans des conditions nominales de tir n'aurait certainement pas laissé le temps à qui que ce soit d'enfiler un masque à oxygène...)

- certain à ce stade de pouvoir mettre la perte de l'avion sur le dos des Russes et des rebelles est-ukrainiens, un chasseur ukrainien en opération à proximité aurait pu ensuite "achever le travail" en concentrant des tirs de mitrailleuse sur la zone du cockpit (ce qui expliquerait que le nez de l'avion et le cockpit se soient détachés prématurément du reste de l'avion et soient tombés au sol en premier, à plusieurs kilomètres à l'ouest des points de chute du fuselage et des réacteurs, d'après les photographies publiées dans le rapport d'étape de la commission d'enquête; ce phénomène semble plus difficile à envisager dans le cas d'une attaque sol-air car le guidage radar amène en principe le missile plutôt vers le centre de l'avion, là où se trouve la surface de réflexion la plus large: carlingue à son maximum de largeur + attaches des ailes)

Dans un tel scénario, tout le monde aurait quelque chose à cacher, ce qui pourrait expliquer que les positions des avions de chasse ukrainiens soient toujours classées "Secret Défense"...

 

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