Michel DELARCHE
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Billet de blog 14 févr. 2020

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Les municipales dans le 7ème : six ans déjà, coucou les revoilà

Oui, six ans déjà, et coucou me revoilà, pour à nouveau passer en revue les candidats municipaux dans le 7ème arrondissement de Paris.

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Il y a six ans, certains abonnés de longue date s’en souviennent peut-être, j’avais commis quelques billets sur le déroulement des élections municipales dans le 7ème (voici un lien vers le premier de la série pour vous rafraîchir la mémoire)

Le grand sujet d’il y a six ans dans la plupart des programmes électoraux était la piscine municipale (ou plutôt son absence) on parlait aussi de la pollution causée par le stationnement des cars de tourisme et de l’insécurité créée par les Roms au Champ de Mars.

Cette année, nos candidats font plutôt dans le greenwashing (et dans le washing tout court) car tous les mots-clés de la campagne sont écologiquement corrects : espaces verts, tranquillité, propreté, pollution, alimentation saine… tout y passe. On se croirait plongé dans la déprimante utopie proposée par Jules Verne dans Les Cinq-Cent Millions de la Bégum : selon tous nos candidats, il serait en quelque sorte temps de fuir la sombre, sale et bruyante Stahlstadt pour rejoindre la rayonnante France-Ville (où tout ne sera qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté).

Ne détestant pas des villes bien plus intensément bordéliques que Paris, comme Naples ou Buenos-Aires, j’ai un peu de mal à adhérer à la propagande ordo-nettoyeuse que nous infligent nos candidats (mais je me console aisément en me disant que l’on en restera vraisemblablement au stade des oiseuses promesses électorales) car l’extrême propreté des villes bien rangées comme Zurich, par exemple, a tendance à rapidement m’ennuyer.

Pour rester dans les emprunts aux langues étrangères, le greenwashing s’est accompagné d’un intense mercato d’hiver du côté de La République en Marche (arrière).

Dans le 7ème, le balancement dialectique du « en même temps » macronien s’affirme plus nettement qu’ailleurs en même temps et de Droite et de Droite : lorsque j’ai révélé à une vieille amie plutôt socio-libéralo-bobo qui en pinçait pour Cédric Villani que la cheffe de file d’icelui dans le 7ème n’était autre que l’épouse du grand hommeu du ruguebi (et du jambong) Bernard Laporte, j’ai eu l’impression de cruellement étouffer dans l’oeuf son naïf enthousiasme. Mais comme disait Zola, "le courage c'est de chercher la vérité et de la dire".

Griveaux a quant à lui recruté un encore jeune homme bien sous tous rapports qui présente l’avantage de s’appeler Alexandre Missoffe. Il est un neveu de François Missoffe, qui fut ministre gaulliste, cousin de Françoise de Panafieu qui fut députée RPR de Paris, et neveu également d’Ernest-Antoine Seillère de Laborde, l’inénarrable ex-président du MEDEF ; c’est donc un des nombreux héritiers de la prolifique et tentaculaire famille De Wendel. Lui aussi coche toutes les cases de l’hygiénisme ambiant (espaces verts, propreté, sécurité…) tout en y ajoutant une touche Vieille France des 200 Familles du meilleur effet dans le quartier.

Rachida Dati, qui porte maintenant de vastes lunettes rondes me rappelant ma prof de français-latin-grec de 4ème (surnommée La Chouette par ses peu originaux collégiens, en représailles de l’apprentissage des verbes en -µɩ) a désormais surmonté le handicap de ne point s’appeler Marie-Bérengère d’Aty et elle fait la course en tête en tant que maire sortante de l’arrondissement.
Elle nous promet, entre autres choses du meilleur aloi, un plan « air sain » dans les crèches et les écoles (en ces temps de coronavirus baladeur, il vaut certes mieux ne pas promettre un air pollué) ainsi qu’une alimentation de qualité dans les cantines, des potagers dans toutes les écoles, une campagne de lutte contre l’exposition des enfants aux écrans (et en particulier aux vidéos du sieur Griveaux, je présume) et bien sûr le développement des espaces verts.
Donc, de ce côté-là aussi, l’hygiénisme écologique est au rendez-vous. J’en conclus qu’à Paris comme ailleurs, ainsi que je le soupçonnais depuis longtemps, disposer de candidats spécifiquement étiquetés écologistes ne sert à rien, excepté à naviguer entre la fausse Gauche et la vraie Droite, au gré des opportunités offertes par la lutte des places.
Je sens que vous allez râler parce que je ne vous parle que des candidats de Droite mais c’est parce que ce sont les seuls qui ont commencé à distribuer des tracts ces dernières semaines à l’entrée du marché de Saxe. Si demain matin, d’autres bonnes volontés s'y manifestent, je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

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