Le pétrole au palier de 70 dollars le baril

Dans mon précédent billet consacré à l'évolution des prix du pétrole, j'envisageais, sauf accident géopolitique au Proche-Orient, un maintien des cours dans une fourchette de 55 à 65 dollars par baril au long de 2018 (voir ici: https://blogs.mediapart.fr/michel-delarche/blog/071217/le-petrole-au-palier-de-60-dollars-le-baril/commentaires )

Mais la dénonciation par Trump de l'accord avec l'Iran a changé la donne et favorisé les anticipations haussières en facilitant la politique de régulation de l'OPEP (les derniers chiffres publiés par l'EIA indiquent que la production de l'OPEP sera de l'ordre de 32 Mb/j en 2018 et remonterait à 32,1 Mb/j en 2019).

Comme prévu, l'arrivée au palier de 70 dollars favorise l'accélération de la reprise de la production non-conventionnelle américaine (prévue à 10,8 Mb/j cette année et à 11,8 l'an prochain). Pour autant les exploitants du pétrole de schiste n'en voient pas encore les effets en terme d'amélioration de leur situation financière car beaucoup avaient pré-vendus l'an passé leur production 2018 au prix de 55 dollars.

Les gros producteurs conventionnels comme Chevron qui se retirent du Nigéria ou du Vénézuela arrivent sur le marché de l'exploitation non-conventionnelle.

Cependant, malgré les progrès techniques accomplis dans le forage horizontal, cette relance de la production américaine par le pétrole de schiste se heurte à 5 contraintes:

- la pénurie de sable et d'eau nécessaire au fracking,

- les capacités limitées de transport sur les sites de forages (manque de camions)

- le manque de personnel qualifié,

- l'épuisement des gisements les plus productifs (Bakken et Eagle Ford) à horizon de quelques années,

- le délai d'amortissement des olédoducs (30 ans; trop long pour l'horizon non-conventionnel)

 

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