Le FMI veut aider les Argentins à maigrir

Les recettes "amaigrissantes" du FMI pour l'Argentine ressemblent étrangement au programme lancé pour "aider" la Grèce

En Argentine, encore plus que partout ailleurs, l'épidémie d'obésité inquiète les autorités de santé: selon les chiffres de l'OMS de l'an dernier, 80% des Argentins sont en surpoids et on estime que le quart sont obèses, ce qui place l'Argentine en "alerte orange" aux côtés de l'Uruguay, du Chili et du Mexique.

L'invasion du pays par la malbouffe étatsunienne (boissons gazeuses sucrées, hamburgers, frites...) se conjugue avec les traditionnelles mauvaises habitudes locales (pizzas, empanadas, grillades de viande grasse) et la sédentarité pour obtenir ce triste résultat.

Heureusement, Docteur Lagarde et ses technocrates du FMI sont venus au secours des Argentins avec des recettes qui ont déjà fait leurs preuves (et d'immenses dégâts socio-économiques) en Grèce: privatisations, baisse de l'investissement public (300 milliards de pesos de coupes budgétaires prévues en 2019) remplacement des investissements publics par des partenariats-public-privé (PPP), blocage ou quasi-blocage des retraites et des salaires des fonctionnaires (8% d'augmentation pour une inflation prévue entre 30 et 35%) liquidation du Fond de Garantie des Retraites (FGS), réduction des effectifs de la Fonction Publique... et évidemment aucune mesure de contrôle de la fuite des capitaux, ni de taxation des rentes minières et agraires (le FMI avait quand même proposé de suspendre la baisse prévue de la taxe sur les exportations de soja, mais Macri s'est montré plus royaliste que le roi et a refusé de remettre en cause le chronogramme de réduction).

Le résultat de cette politique sera une récession féroce et un intense désespoir social, qui ne feront que rendre plus probable le prochain défaut argentin sur sa dette et de nouvelles turbulences politiques.

En résumé, le gouvernement argentin et le FMI vont lutter contre l'épidémie d'obésité par une épidémie de suicides.

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