Promenades italiennes (1/4): des peintures pas si classiques

La semaine passée je me suis promené en Emilie-Romagne, à Bologne, Ferrare et Parme. Voici quelques images glanées dans les galeries nationales et pinacothèques de ces trois villes.

Visiter des musées italiens de peinture, c'est s'exposer à succomber rapidement à une indigestion d'Annonciations, de Dernières Cènes, de Descentes de Croix etc. ce qui permet aussi de constater de visu la pauvreté relative de la mythologie judéo-chrétienne en comparaison de la mythologie gréco-romaine et de celles des autres polythéismes.

Heureusement, les parcours de présentation des oeuvres dans ces musées sont dans l'ensemble conçus selon un clair ordonnancement chronologique allant du Quattrocento à l'Ottocento en passant par la Renaissance, le Maniérisme et le Baroque, ce qui permet à tout visiteur un tant soit peu attentif de saisir les évolutions et articulations des écoles et mouvements esthétiques successifs.

Aussi ne vais-je point vous infliger une trop longue série de ces bondieuseries (dont un certain nombre ne sont que des croûtes pré-sulpiciennes, car la richesse tant vantée des musées italiens est hélas parfois plus quantitative que qualitative) mais plutôt essayer de vous présenter sans souci de chronologie quelques images dont l'originalité thématique ou esthétique a fixé mon attention.

Les Maries au Sépulcre de Bartolomeo Schedoni est un grand tableau daté de 1613 dont les drapés schématisés en grands aplats m'ont paru anticiper de trois bons siècles les travaux des muralistes mexicains:

Les Maries au Sépulcre Les Maries au Sépulcre

 

 

 

 

 

 

Ces paysages urbains peints au 16ème siècle par Girolamo Marchesi sont étrangement vides de toute présence urbaine et paraissent anticiper les places désertes de Chirico ou certains tableaux de Magritte:

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Les femmes peintres furent trop souvent ignorées, minorées, ou carrément exclues des honneurs publics par leurs collègues masculins: visitant ce matin la très remarquable exposition de pastels du Louvre, j'y ai appris que l'Académie Royale des Beaux-Arts, dont les membres masculins ne voyaient pas d'un bon oeil la concurrence que leur faisaient de très talentueuses artistes, avait limité à 4 le nombre de femmes-peintres parmi ses membres (toutes des pastellistes virtuoses, dont la plus connue fut Elisabeth Vigée-Lebrun).
Aussi vais-je conclure ce billet par un détail d'une toile de Lavinia Fontana (1552-1614) représentant la famille Gozzadini:

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