La violence néo-libérale en Argentine

La tentative de la pédégécratie régnante de modifier la formule d'indexation pour rogner les retraites se heurte à un vaste mouvement de protestation réunissant les syndicats et l'opposition politique. Une fois de plus, le gouvernement Macri a sorti les matraques en réponse à une manifestation pourtant pacifique au départ.

La tentative de la pédégécratie régnante de modifier la formule d'indexation pour rogner les retraites (tiens... tiens... ça ne vous rappelle rien ?) se heurte à un vaste mouvement de protestation réunissant les syndicats et l'opposition politique. Une fois de plus, le gouvernement Macri a sorti les matraques en réponse à une manifestation pourtant pacifique.

Hier la séance du Parlement a dû être levée faute de quorum et quelques uns des soutiens législatifs du gouvernement comme Carrio ont commencé à flageoler, car l'ensemble des autres groupes parlementaires s'étaient pour une fois coalisés contre le gouvernement.

Avant et pendant le début de la séance, la place du Congrès s'était transformée en champ de bataille et des charges violentes de gendarmerie (gaz lacrymogène, coups de matraque...) ont fait de nombreux blessés (et une quarantaine d'arrestations) parmi les manifestants protestant contre le projet de loi, plusieurs députés d'opposition que la police empêchait de rejoindre la chambre des députés alors qu'ils avaient quitté la manifestation ont été légèrement blessés.

Une fois de plus, la ministre de la sécurité Patricia Bullrich et ses sous-fifres s'illustrent par leur brutalité face à la contestation de leur politique.

Le porte-parole du gouvernement Marcos Peña a carrément traité les opposants de "piqueteros" (coupeurs de routes) et de "terroristes" ce qui n'est pas la meilleure façon d'entamer des négociations.

Le gouvernement envisagerait de recourir à un DNU (Décret National d'Urgence) pour imposer sa réforme sans passer par le Parlement, car même après sa victoire électorale d'octobre dernier et avec la nouvelle composition du Parlement qui en découle et qui entrera en vigueur à partir de janvier, il n'a toujours pas de majorité et devra continuer de s'appuyer tantôt sur Massa et ses troupes et tantôt sur les péronistes les plus complaisants à son égard.

Le problème pour lui est que les vieux sont une des principales clientèles électorales de Sergio Massa qui a donc cette fois-ci adopté une posture d'opposition résolue à la réforme des retraites. Quant aux élus du Parti Justicialiste, le fait que la CGT soit montée résolument au créneau (un mot d'ordre de grève avait même été lancé pour ce vendredi, mais il a été rapporté hier soir suite à la non-adoption du texte par les députés) a convaincu même les mieux disposés envers Macri de ne pas se mettre trop en porte-à-faux vis-à-vis de la base péroniste.

PS: La violence aveugle des policiers a également frappé un reporter photographique du journal Perfil:

http://www.perfil.com/policia/fotos-represion-en-congreso-estos-son-los-atacantes-de-uno-de-los-reporteros-de-perfil.phtml

 

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