Argentine: le nouveau slogan de Macri pour 2019

Avec l'arrivée prochaine du FMI et son habituel programme de normalisation, Macri a déjà trouvé le slogan qui assurera sa réélection (croît-il)

Après le psychodrame du "super-mardi" et le renouvellement de la totalité des Lebacs (en fait, le gouvernement avait pris la précaution de racheter environ 10% du montant total vendredi et lundi dernier, et il ne restait donc plus que 90% du stock initial à renouveler) le gouvernement argentin respire un peu mieux, même si le dollar continue de remonter dès que la Banque Centrale cesse d'injecter de l'argent frais sur le marché en piochant dans ses réserves (il a clôturé aujourd'hui la séance à 24,87 pesos).

Du coup, en attendant les prescriptions du FMI (dont les recettes sont déjà bien connues: coupes dans les retraites et les dépenses publiques, dévaluation, blocage des salaires, ouverture totale aux importations, privatisations...) on se remet à faire de la politique. Macri a élargi sa "mesa chica" (le petit groupe de décideurs qui pilote l'exécutif, car, contrairement à chez nous, il n'y a jamais de réunion formelle du conseil des ministres) à quelques alliés de son Parti (dont le chef radical Sanz, qui ne fait pas mystère de vouloir devenir vice-président en 2019) jusqu'ici traités comme quantités négligeables mais devenus indispensables depuis quelques jours.

Il négocie également avec les gouverneurs péronistes les mieux disposés à son égard un soutien aux mesures d'austérité qu'il faudra prendre pour obtenir l'argent du FMI (plus celui de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine de Développement afin d'arriver à un total de 60 milliards) Le pognon du FMI sera versé trimestriellement par tranches de 5 milliards après vérification par les auditeurs du FMI que l'Argentine respecte bien ses engagements de réduction de ses déficits.

Après le coup de chaud de la "corrida bancaria" qui a produit une dévaluation de 20% en deux semaines, les macristes se prennent à rêver d'une stabilisation et d'un retour en grâce de Macri d'ici aux présidentielles de fin 2019. Et pour nourrir leurs espoirs, ils continuent de tabler sur le rejet massif d'un retour aux affaires de la veuve Kirchner, d'où leur implicite nouveau slogan: "ou bien Christine (Lagarde) ou bien  Cristina (Fernandez de Kirchner)" pour faire avaler le recours au FMI.

Si Macri, déjà bien roussi par la crise, se révèle l'an prochain trop carbonisé pour se représenter avec quelque chance de succès, la Droite pourrait mettre en avant Vidal (gouverneure de la Province de Buenos Aires) ou jouer la carte du péronisme dit "rationnel" (c'est-à-dire faisant preuve de compréhension vis-à-vis des besoins du capitalisme financier transnational et de l'oligarchie locale) avec des candidats comme Schiaretti (Cordoba) ou Urtubey (Salta).

Mais toutes ces spéculations ne sont pour l'instant que des plans sur la comète, car avec une inflation qui risque d'atteindre 30% cette année et un peso qui continuera inévitablement à se dévaluer (le marché des futurs cote le dollar à 30 pesos en fin d'année et à 33 pesos à échéance d'un an), l'instabilité économique argentine a encore de beaux jours devant elle.

 

 

 

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