Un journaliste-sic vertigineusement inepte: Christophe Barbier

Barbier, qui dispute à son confrère Aphatie la douteuse couronne de roi du crétinisme éditocratique, vient de traiter E. Plenel de "nihiliste"

On peut faire des reproches à Plenel, par exemple avoir trouvé son attitude face au candidat Macron trop complaisante, et trop pesamment moralisateurs plutôt que rigoureusement politiques certains de ses éditoriaux, mais le traiter de "nihiliste" ne démontre rien, sauf la stupidité de celui qui utilise une telle épithète.

Rappelons le sens des mots: de façon générale, un nihiliste est quelqu'un qui rejette toutes les valeurs intellectuelles et morales établies (à un niveau plus philosophique, Nietzche, qui fut lui-même qualifié de nihiliste à l'occasion, disait que: "un nihiliste est quelqu'un pour qui le monde tel qu'il est ne devrait pas être et le monde tel qu'il devrait être n'existe pas").

De manière plus spécifique, les nihilistes ("nigilististchestkie" en VO) étaient une tendance révolutionnaire russe de la fin du 19ème qui prônait la destruction de toutes les valeurs traditionnelles et dont les membres organisaient des attentats contre les représentants de l'autocratie tsariste (je recommande au passage la lecture du roman autobiographique de la mathématicienne et révolutionnaire Sophia Kovalevskaïa "Nihiliste").

Lorsque l'aboyeur Barbier qualifie Plenel de "nihiliste" il joue certes son rôle de chien de garde au sens de Paul Nizan, mais surtout il révèle à la fois son inculture politique et un inquiétant mélange de confusionnisme et de légèreté dans le choix de son vocabulaire ce qui, pour un journaliste-sic passant son temps à pérorer à droite à gauche (bon, en fait, surtout à droite...) est tout de même un peu embêtant.

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