Début de l'année électorale argentine: deux mauvaises nouvelles pour Macri

La longue séquence électorale commence mal pour les diverses Droites argentines

Hier, Macri et la Droite péroniste ont connu dans la province de la Pampa deux défaites symboliques mais révélatrices du rétrécissement de l'espace politique disponible pour les deux principales formes du néo-libéralisme local: le tandem Macri-FMI actuellement au pouvoir, d'une part,et le péronisme "canal historique" (auquel appartient le caudillo provincial Carlos Verna, en retrait de la vie politique pour cause de maladie) d'autre part.

Le candidat du PRO (parti de Macri) a perdu largement (35% des voix contre 65% à son adversaire de l'UCR) la primaire interne à l'alliance Cambiemos et du coup quelques voix au sein de l'UCR commencent à envisager une primaire contre Macri en août prochain...

Quant au candidat du péronisme traditionnel, dans le cadre d'une bataille interne (qui n'avait pas eu lieu en 2015, car les deux tendances péronistes avaient concouru séparément et le candidat de Verna avait gagné) il a été défait de justesse par le candidat kirchnériste pour diriger de Santa Rosa (deuxième ville de la province) malgré le soutien de l'appareil local de Verna.

Au sein de la Droite péroniste, Roberto Lavagna (ancien ministre de Nestor Kirchner ayant rompu avec Cristina Fernandez et maintenant septuagénaire) semble bien être l'ultime roue de secours disponible pour appliquer la politique d'austérité préconisée du FMI: les experts du FMI vont le rencontrer prochainement après avoir eu la semaine dernière une entrevue avec l'ancien ministre kirchnériste de l'économie Axel Kicillof (qui est le dernier macro-économiste professionnel à avoir exercé des responsabilités gouvernementales, ses successeurs n'étant que des spécialistes de la finance spéculative) ce qui a quelque peu perturbé le gouvernement.

Ces premières secousses électorales ont eu un résultat immédiat: le dollar a grimpé aujourd'hui à la City de Buenos Aires et la Banque Centrale a été obligé de remonter légèrement le taux de ses placements à terme en pesos réservés aux grands acteurs financiers (les Leliqs) à 44,5%.

Pendant la période des vacances d'été qui s'achèvent (la rentrée scolaire à lieu début mars dans l'hémisphère sud et l'automne est aussi la saison des négociations paritaires annuelles entre syndicats et patronat, donc une période agitée sur le plan social) les pressions à la hausse sur le dollar s'étaient calmées, d'autant plus que la banque centrale américaine tenait depuis quelques semaines un discours plus accommodant sur sa politique de hausse des taux d'intérêt, mais l'entrée dans le cycle électoral (qui culminera avec les présidentielles de fin novembre) et les incertitudes sur la croissance mondiale vont alimenter de nouvelles spéculations contre le peso argentin dans les semaines et les mois qui viennent, d'autant plus que l'inflation ne baisse toujours pas (elle était de 2,9% en janvier et l'on attend plus de 3% en février du fait des augmentations des prix du gaz, de l'électricité et des transports) le cercle vicieux inflation-dévaluation-hausse des taux d'intérêt-récession va se poursuivre au moins jusqu'à la fin du second semestre et les revendications salariales vont en être relancées d'autant.

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