Le Douanier Roussi (suite)

Le journal Perfil a révélé cette fin de semaine comment le stock de 250 kg de pseudo-éphédrine en souffrance à Ezeiza avait été retrouvés

Quoi qu'aient prétendu les protagonistes de l'affaire (le centurion Gomez, la ministre Bullrich et diverses autres huiles lourdes de la Douane et de la Police) la découverte de ce stock chimique non réclamé depuis 5 ans par un mystérieux importateur paraguayen n'est pas due à la vigilance, à la rigueur et à l'opiniâtreté des autorités argentines, mais à un audit de la sécurité aéroportuaire à Ezeiza mené conjointement par l'OACI et l'IATA, soit respectivement l'agence de l'ONU dédiée à l'aviation civile, et la principale association privée dont sont membres pratiquement toutes les compagnies d'aviation commerciale.

On peut supposer que, s'ils ont fait leur travail sérieusement, les auditeurs n'auront pas été déçus du voyage.

Je me souviens que, lors d'un voyage à New York en 1989, j'avais remarqué que dans l'aéroport de La Guardia une multitude d'affichettes en anglais et en espagnol dénonçaient l'aéroport d'Ezeiza comme ne respectant pas les normes internationales en matière de sûreté et de sécurité.

Suite à la privatisation de l'aéroport intervenue pendant les années Menem, et grâce au parti qu'à travers sa succursale locale de la SIDE (les services secrets argentins) la CIA avait tiré du laxisme et de la corruption régnant au sein de la douane ménémiste pour exporter illégalement des armes vers la Croatie malgré l'embargo de l'ONU (Menem fut d'ailleurs tardivement condamné pour cela par les tribunaux argentins), les Américains avaient rapidement passé l'éponge sur les manquements argentins aux normes les plus élémentaires de contrôle et Ezeiza fut de nouveau considéré comme un aéroport tout à fait fréquentable.

Compte tenu des orientations néo-libérales et pro-américaines du gouvernement Macri, on peut imaginer que les autorités américaines sauront une fois de plus faire preuve de bienveillance, de compréhension et d'indulgence envers l'Argentine et son indéracinable mafia douanière.

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