L'Argentine accablée

L'Argentine est accablée par de nombreux problèmes

L'Argentine est accablée par de nombreux problèmes qui, à part le coronavirus, ne sont pas vraiment nouveaux:

- la dette envers le FMI (50 milliards de dollars) héritée du précédent gouvernement néo-libéral n'a pas encore été renégociée, malgré quelques signes de bonne volonté de part et d'autre; il est probable que rien ne se passera avant les élections de novembre prochain, car le gouvernement veut continuer à limiter les dégâts de la crise pour maintenir sa base électorale populaire plutôt que de mettre de l'argent de côté pour rembourser la dette;

- la guérilla judiciaire avec l'opposition continue à propos de la nomination du Procureur Général, et plus globalement avec la Justice Fédérale qui est devenu le principal point d'appui de l'oligarchie comme la Cour Suprême ménémiste l'était à l'arrivée de Kirchner au pouvoir;

- les vieilles affaires de corruption du clan Kirchner continuent de polluer l'agenda politique;

- la résistance trumpiste de l'opposition de Droite (que ce soient les pérono-macristes de  Cordoba ou les macristes purs et durs de Buenos Aires et d'ailleurs) et de certains barons provinciaux à l'adoption de mesures sanitaires plus strictes (à commencer par l'adoption d'un couvre-feu en début de soirée et la limitation des déplacements entre provinces) et le manque de rigueur de la population ont un impact catastrophique sur le développement de l'épidémie (on est sur un rythme de 30 à 40 000 contaminations détectées et 500 morts par jour);

- la politique économique retombe dans les travers anciens du kirchnérisme avec:

a) le dédoublement des taux de change (le dollar "blue" vaut 50% de plus que le dollar officiel, pour le plus grand profit des petits ét grands spéculateurs qui jouent sur ce différentiel pour accumuler de la rente financière) et une inflation qui galope à 50% comme dans la dernière année du macrisme;

b) le maintien de subventions excessives à la consommation énergétique qui empêchent de développer une très nécessaire éducation à la sobriété et profitent surtout aux classes moyennes et moyennes supérieures plutôt qu'aux couches les plus populaires;

d) la récente décision de bloquer pour 30 jours les exportations de viande sous prétexte de freiner la hausse des prix est typique de la démagogie péroniste: ceci pénalisera la balance commerciale sans profiter à qui que ce soit ; il eût été plus lucide de mener une politique d'éducation à la santé alimentaire en incitant les Argentins à réduire fortement leur consommation de viande rouge ;

Seule lueur d'espoir: la montée des prix internationaux des principales matières agricoles (soja, maïs) qu'exporte l'Argentine.

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