La droite facho-libérale recule en Amérique latine

La victoire du MAS en Bolivie est un signal important, mais ce n'est pas le seul.

La nette victoire de Luis Arce aux présidentielles boliviennes (entre 52 et 55% selon les dernières estimations)  et surtout le faible score du candidat catho-fasciste Camacho (14%) montrent que le coup d'Etat de l'an dernier a partiellement échoué.

Partiellement seulement, car les manoeuvres étatsuniennes autour des gisements de lithium ont entre temps porté leurs fruits, avec l'élimination du principal concurrent européen dans ce secteur et la remise en cause des projets de création sur place d'une filière industrielle. Il reste également à voir quelle marge de manoeuvre les anciens militaires putschistes et leurs complices civils de l'an passé concèderont au nouveau président: en Argentine, il avait fallu plus d'une décennie après le retour de la démocratie pour sortir définitivement les militaires du jeu politique.

D'autre part, le probable succès du référendum chilien pour abolir la constitution héritée de la dictature (et inspirée par les "Chicago boys") permettra de déverrouiller le système et de relancer une politique de services publics digne de ce nom (la politique pinochétiste de privatisation des services de santé s'étant révélée catastrophique face à la pandémie).

Le principal facho-libéral de la région, le brésilien Jair Bolsonaro fait aussi face à de grosses difficultés économiques et politiques, même si, comme Trump, il bénéficie du soutien inconditionnel de la Droite évangélique. Une alliance entre militaires "nationalistes-développementistes" et une fraction significative de la bourgeoisie industrielle pourrait à terme proposer une alternative moins réactionnaire et surtout moins chaotique au bolsonarisme (car, contrairement à beaucoup, je ne crois pas vraiment à un retour du lulisme).

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