Les petites combines du Lava Jato brésilien

Paulo Pimenta (député du PT brésilien) a dénoncé dans le quotidien argentin Pagina/12 en date du 14 novembre les méthodes du juge Moro, figure de proue du Lava Jato, ainsi que les magouilles de ses proches.

Paulo Pimenta (député du PT brésilien) a dénoncé dans le quotidien argentin Pagina/12 en date du 14 novembre les méthodes du juge Moro, figure de proue du Lava Jato, ainsi que les magouilles de ses proches.

Comme les juges fédéraux en Argentine aujourd'hui, le juge Moro use et abuse de la prison préventive pour obtenir des témoignages qui lui permettent de prononcer des condamnations sans autres preuves que la parole des dénonciateurs.
Rodrigo Tacla Duran (un avocat hispano-brésilien ayant travaillé pour Odebrecht et actuellement réfugié en Espagne) a fourni à Pimenta des documents et son témoignage sur les étranges méthodes du juge Moro et de son équipe: il raconte avoir subi des pressions pour réaliser une dénonciation négociée. Pourtant, les informations données par Tacla Duran dans des entretiens publiés par des journaux brésiliens n'ont étrangement pas suscité l'intérêt du juge Moro.
Tacla Duran s'est dit prêt à tout dire à la justice si on le lui demande (il a déjà donné son accord pour collaborer avec les justices espagnole et étatsuniennes).
Pourtant, il a reçu d'un groupe d'avocats de Curitiba une proposition de l'aider à « régler son cas » pour la modique somme de 5 millions de dollars.
Cette proposition lui a été faite par un ami personnel et homme de confiance de Moro, l'avocat Carlos Zucolotto. Pour couronner le tout, il se trouve que, comme par hasard, l'épouse du juge Moro, Rosangela Moro, travaille dans ce cabinet d'avocats...

Il me semble que le juge Moro, dont l'image de chevalier blanc est soigneusement entretenue par les médias dominants, mériterait bien une petite enquête de Médiapart.

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