Riber-Voca: les raisons du désordre

Les images des incidents qui ont mené à la suspension de la super-finale ont fait le tour du monde, mais les raisons de cette catastrophe médiatique et sécuritaire commencent seulement à sortir de l'ombre.

En fait, tout a commencé vendredi soir. Une perquisition policière au domicile d'un des « animateurs » d'un groupe parmi les plus violents des fans de River y a découvert 350 billets d'entrée non distribués et 7 millions de pesos (on peut supposer que la direction du club avait voulu amadouer les plus agités quoique une bonne partie d'entre eux fussent de toute façon interdits de stade suite à de graves incidents antérieurs).

Il se dit que certains éléments de la police métropolitaine (chargée de l'organisation de la sécurité à l'extérieur du stade) avaient négocié leur part du gâteau dans le trafic de billets (car les policiers aussi sont fana de foot: lors de la première partie de la finale un policier qui n'était pas en service avait réussi à entrer au stade sans payer et accompagné de plusieurs copains à qui il avait prêté des uniformes... Ils furent découverts et arrêtés par un commissaire suspicieux et perspicace).

Pour le match retour, tout devait baigner dans l'huile, mais cette saisie a remis en cause la trêve accordée par les plus excités, et la police savait donc dès vendredi que des incidents pouvaient survenir.

Problème: le caillassage du bus amenant les joueurs de Boca au stade de River est intervenu dans un secteur où le cordon de sécurité était absent (ce que l'on appelle en Argentine une « zone libérée » permettant aux délinquants de mèche avec des policiers corrompus d'agir en toute tranquillité).

Là où l'affaire se complique, c'est que le secteur en question était sous la responsabilité des effectifs de la Préfecture Navale.

Mon hypothèse est qu'il s'agit d'un règlement de compte entre services de police, les Préfets ayant été tenus à l'écart du bizness mis en place par les Métropolitains ont voulu se venger en sabotant la gestion de la sécurité à un endroit particulièrement sensible.

Une autre hypothèse, tout aussi plausible dans l'état actuel de l'Argentine et moins rassurante à quelques jours du sommet du G-20, est simplement que l'incompétence du gouvernement national et municipal en matière de planification et de coordination de la sécurité ne connaît pas de bornes.

Et comme disait Pierre Dac « Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites ».

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