Bilan prévisionnel de l'épidémie en cours

L'avancement de l'épidémie est très variable d'un pays à l'autre: petite analyse comparative.

Dans le tableau qui suit, j'ai listé quelques pays européens et américains qui en sont à divers stades d'avancement de la propagation de l'épidémie: en Europe, l'Italie et l'Espagne sont les deux pays les plus lourdement touchés suivis de la France et des Pays-Bas. Des pays apparemment moins touchés comme l'Angleterre, les Pays-Bas, les USA ou le Brésil et même l'Allemagne connaissent pourtant des taux de croissance des contaminations qui ne sont pas rassurants à moyen terme. On peut penser que les différences culturelles d'attitudes et d'autres facteurs jouent pour maintenir des différences plus ou moins significatives entre les pays, mais si l'on considère les principaux facteurs de risque jusqu'ici identifiés de subir des formes graves de la maladie (l'âge avancé, l'obésité avec son cortège de dérèglements métaboliques dont le diabète et l'hypertension, sans oublier le tabagisme qui dégrade à la fois les poumons et le système cardio-vasculaire) on s'aperçoit qu'aucun pays n'affiche simultanément de bonnes performances sur ces trois paramètres:

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En effet, le critère le plus important d'évaluation des diverses politiques menées sera in fine (dans un an ou dix-huit mois, lorsqu'un vaccin sera disponible pour empêcher toute reprise à grande échelle de l'épidémie) le taux de décès par coronavirus rapporté à la population totale (ici affiché en ppm par commodité).

Si l'on considère que l'Italie est dans la zone du point d'inflexion de la croissance de l'épidémie, on peut commencer à extrapoler le nombre total de victimes là-bas: selon de degré d'aplatissement de la courbe (et donc la durée de l'épidémie) le nombre actuel de décès (en retard de deux semaines sur le nombre d'hospitalisations) peut représenter au mieux le dixième du nombre qui sera atteint in fine. Soit un tribut payé par les Italiens au virus qui serait de l'ordre de 75 000 victimes.

En extrapolant sommairement à la France on obtiendraient plus de 80 000 victimes soit 4 fois les pires grippes saisonnières habituelles.

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