Retour aux échecs humains

La coupe du monde d'échecs confirme quelques tendances récentes

Ce tournoi à élimination directe (parties classiques puis rapides puis blitz et si l'égalité persiste, est prévu pour finir un Armageddon de départage qui ressemble à un tie-break de  5ème set au tennis: les Blancs ont 4 minutes et les Noirs seulement 3 mais les Blancs doivent gagner alors que les Noirs peuvent se contenter d'annuler) a atteint le stade des demi-finales qui opposeront deux Chinois (Liren DING et Yangi YU) d'une part, et le Français Maxime VACHIER-LAGRAVE (dit MVL) à l'Azéri Teïmour RADJABOV, d'autre part.

La logique du classement Elo voudrait que la finale oppose DING (3ème joueur mondial)  à MVL (4ème joueur mondial), mais les échecs humains défient parfois la logique, comme l'a montré la victoire chanceuse hier de MVL contre Levon ARONIAN ou les multiples renversements de situation de la partie Armageddon d'hier soir entre DING et son malheureux adversaire russe GRISTCHOUK.

Pour MVL, l'enjeu des demi-finales est important: atteindre la finale lui garantirait de participer au tournoi des Candidats qui décidera du prochain adversaire de l'actuel champion du monde norvégien Magnus CARLSEN.

Cette Coupe du Monde qui se déroulait en Russie confirme le déclin relatif de ce pays au plus haut niveau (mais la Russie reste quand même la puissance dominante si l'on considère le Top 100, avec 23 des meilleurs joueurs contre seulement 9 pour la Chine... et 3 pour la France) et surtout la spectaculaire montée en puissance de la Chine qui s'est hissée, aux échecs comme ailleurs, au rang des grandes puissances mondiales en une vingtaine d'années.

Les Chinoises Yifan HU et Wenjun JU dominaient déjà les échecs féminins depuis quelques années et c'est maintenant le tour de leurs collègues masculins d'atteindre la cime du classement mondial.

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