Premières leçons des régionales italiennes

C'est la remobilisation de l'électorat anti-fasciste qui a fait la différence en Emilie-Romagne, mais Salvini a de quoi se réjouir.

La Droite gagne nettement en Calabre avec 55% des voix, alors que la participation y a été à peine supérieure à celle des élections précédentes (43,7% au lieu de 43,3%). Si la coalition construite autour du PD et des écolos a gagné en Emilie-Romagne et conservé cette région historiquement de Gauche (51% contre 43% à la Droite Berluscono-salviniste) c'est grâce à une augmentation massive de la participation: à 63% cette année le taux de participation a pratiquement doublé (à peine 33% aux élections précédentes), et c'est la mobilisation de masse contre Salvini et la Ligue organisée depuis quelques semaines à Bologne et ailleurs par le mouvement des Sardines qui a permis ce sursaut. Bonaccini, qui vient d'être réélu à la présidence de la région, en est bien conscient et les a d'ailleurs publiquement remerciés.

Pourtant la Droite a gagné dans les circonscriptions périphériques de la région (Rimini, Ferrare, Plaisance... et aussi à Parme, confirmant sa victoire aux municipales de 2017).

Le point le plus marquant de ces élections est la quasi-disparition du Movimento Cinque Stelle: à peine 3% en Emilie-Romagne et entre 5 et 8% en Calabre. Malgré sa défaite en Emilie-Romagne, ces élections sont donc une excellente nouvelle pour Salvini: entre la Lega et la technocratie européiste à bout de souffle du Parti Démocrate, il n' y a plus rien.

Il ne reste plus qu'à espérer que les Sardines, devenues le dernier rempart contre l'arrivée des démagogues fascistes au pouvoir, fassent des petits et essaiment rapidement dans toute l'Italie.

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