élections européennes: quelques motifs de satisfaction

Sans aller jusqu'à prétendre comme le Docteur Pangloss que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, il n'est cependant pas difficile de trouver quelques motifs de satisfaction dans les résultats des élections européennes.

En voici quelques uns, égrenées selon les principaux pays:

Allemagne: Merkel sort affaiblie de cette élection et le SPD prend une nouvelle claque, ce qui devrait finir par le conduire à remettre en cause sa politique nationale de Grande Coalition.

Angleterre: le résultat désastreux des Tories et du Labour reflète leur incapacité jumelle à sortir de leurs contradictions et de leurs ambigüités vis-à-vis de l'Europe et du Brexit. La paralysie du gouvernment et la démission de Th. May ont à juste raison plombé les Tories et les atermoiements de Corbyn, trop soucieux de ménager la fraction xénophobe et pro-Brexit de sa base populaire, ne lui ont pas permis d'en profiter. La montée des LibDem et parallèlement du Brexit Party aux dépens de l'un et de l'autre est comparable, dans ses ressorts idéologiques et sociologiques, à la montée de Macron et de Le Pen il y a deux ans par rapport à LR et au PS: les inclus socio-libéraux londoniens ont fait leur "come out" centristes et les moins réacs des électeurs conservateurs se sont ralliés à une ligne plus modérée que celles de leurs supposés chefs de file, alors que la base populaire des conservateurs s'est au contraire radicalisée. Ce soir à la BBC, la première ministre travailliste du Pays de Galles réclamait clairement un référendum incluant l'option du "Remain" ce qui semble être le début d'une clarification susceptible de faire remonter le score des travaillistes.

Espagne: la Gauche est majoritaire à Barcelone où les catalanistes de droite continuent à reculer (il y avait aussi des élections municipales) et le PSOE a repris des couleurs un peu partout. Cerise sur le gâteau, Manuel Valls a terminé au même niveau à Barcelone que Bellamy aux Européennes...

France: le RN ne progresse pas et LR se liquéfie. Macron stagne à un niveau médiocre pour un président en exercice. La Gauche est certes fort désunie, mais que LFI soit brutalement ramené au niveau du PS va peut-être inciter les jeunes cadres de ce mouvement resté trop "gazeux" à mettre à la retraite leur vociférateur en chef et à jeter à la poubelle son évangile selon  Saint Laclau (l'espoir fait vivre).

Italie: les baudruches démagogiques du M5S se sont sérieusement dégonflées et Forza Italia est au même niveau que LR en France. Que demander de plus pour le moment ?

 

 

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