Des nouvelles du coup d'Etat en Bolivie

Quelques nouvelles informations ont émergé récemment sur le processus de renversement de Morales

Luis Fernando Camacho, chef de file des putschistes de la région de Santa Cruz a récemment expliqué (la vidéo est attachée à cet article) comment le coup d'Etat avait été organisé: c'est son père qui a négocié avec l'armée et la police leur inertie lors de l'occupation  du siège du gouvernement par Camacho Junior et ses troupes de choc, bible et drapeau en main.

Cette négociation a eu lieu 48h avant le déclenchement du coup d'Etat: une fois assurés de la neutralité bienveillante des hiérarchies militaire et policière, les putschistes venus principalement de Santa Cruz ont lancé l'occupation des lieux de pouvoir gouvernemental au centre de La Paz, accompagnée d'intimidations et de brutalités physiques dans la meilleure tradition fasciste (incendies des maisons des dirigeants du MAS, ratonnades contre les indigènes soutenant Morales etc.)

Camacho est maintenant candidat à la prochaine présidentielle, mais à moins que la junte au pouvoir n'interdise purement et simplement au candidat du MAS de se présenter (ce qui n'est pas exclu) ses chances d'y parvenir ont un peu diminué depuis la publication d'un enregistrement audio dans lequel Marco Pumari lui demande 125 000 dollars pour être son candidat à la vice-présidence (Pumari est son homologue putschiste dans la région de Potosi, où se trouvent les principaux gisements de lithium).

Vous ne lirez évidemment pas ces informations-là sous la plume des journalistes et "experts" qui font la une de Mediapart.

Que Mediapart, si prompt à prendre par ailleurs la défense des "racisés", préfère mettre aujourd'hui à la une une longue prose de Jean-Pierre Lavaud minimisant à partir de fumeux arguments sur le métissage, la polarisation sociale que crée le différentialisme ethnique en Bolivie, refusant ainsi de voir combien cette polarisation assimile (tant positivement pour ses partisans que négativement pour ses opposants) Evo Morales à la masse des racisés boliviens en dit long sur la pusillanimité et l'incohérence de sa ligne éditoriale.

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