Chesapeake en faillite

Il s'agit d'un des plus gros exploitants étatsuniens de pétrole et gaz de schiste qui vient d'entrer sous le régime de protection des faillites.

Cette compagnie pionnière (dès 1989) de l'exploitation du gaz de schiste qui avait étendu son activité au pétrole non-conventionnel (via le rachat du Texan WildHorse en 2018) vient de faire défaut sur sa dette, à l'expiration d'un délai de grâce de 30 jours pour le remboursement de 13,5 millions de dollars d'intérêts dûs sur sa dette et elle s'est placée sous le régime de protection des faillites (chapter 11).

L'entreprise a perdu 8,6 milliards de dollars au premier trimestre de cette année, et son cours de bourse est tombé vendredi dernier à moins de 12 dollars alors qu'il était encore de 172 dollars il y a six mois...
La société a accumulé une dette à long terme de 9,5 milliards, et bien qu'elle ait obtenu une restructuration de 7 milliards et quelques centaines de millions de crédit et qu'elle envisage une augmentation de capital, la vitesse à laquelle elle brûlait du cash rendait sa situation intenable.

La chute de Chesapeake, venant après celles de nombreuses compagnies ayant moins d'ancienneté (Chesapeake fut à un moment le 2ème producteur de gaz de schiste étatsunien) est annonciatrice d'une nouvelle hécatombe dans le secteur du pétrole non conventionnel américain: cela fait des mois que le cours du baril reste en-dessous de 40 dollars. Aucun exploitant non-conventionnel ne peut gagner d'argent à ce tarif-là, et le rythme des faillites s'accélère: 18 compagnies du secteur ont déjà fait faillite en 2020 à mi-année contre 20 pour tout 2020.

D'après une récente étude de Deloitte, au niveau de 35 dollars le baril WTI, 30% des compagnies sont carrément insolvables et la dépréciation d'actifs dans le secteur pétrolier sera de l'ordre de 300 milliards de dollars.

Voilà qui n'aidera pas Trump à se faire réélire...

 

 

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