Argentine: le centurion Gomez a encore frappé

Le néo-libéralisme de Macri fait bon ménage avec la minimisation des crimes de la dictature des généraux.

Je vous avais parlé en août et septembre dernier des mésaventures douanières de Gomez-Centurion ( https://blogs.mediapart.fr/michel-delarche/blog/240916/le-douanier-roussi-suite-de-la-suite ) mais j'avais négligé de vous signaler que malgré ses douteuses accointances avec des traficants notoires il avait retrouvé son poste de Directeur des Douanes.
En Argentine, la justice n'est pas comme chez nous à deux vitesses, c'est carrément une justice de Formule 1, à cinq ou six vitesses, plus la marche arrière...
L'encombrant centurion Gomez vient de refaire parler de lui en reprenant tous les arguments traditionnels de la droite militaire visant à minimiser les méfaits de la dictature de Videla et compagnie:

  • minimisation du nombre des victimes (Gomez-Centurion parle de 8 000, sans doute par référence au chiffre établi de 9 000 fusillés connus) qui est estimé par toutes les sources sérieuses entre 20 000 (estimation de l'ambassadeur américain de l'époque) et 30 000 détenus-disparus (chiffre communément retenu depuis le procès aux dictateurs),
  • mise en avant du thème des "deux démons" (établissant une fausse symétrie entre extrême-droite et extrême-gauche) et des dures nécessités de la guerre civile,
  • négation du caractère soigneusement planifié du terrorisme d'État etc.

Devant les protestations (y compris au sein de l'alliance gouvernementale) il a précisé que ce n'était qu'une opinion personnelle et a présenté ses excuses à tous ceux qu'il aurait pu blesser...

Le centurion Gomez est décidément un grand délicat. Ce doit être la raison pour laquelle Macri le maintient à son poste.

 

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