Téléconsultation : quel premier bilan établir après cette période de confinement ?

La téléconsultation et la télémédecine furent en plein boom alors que la crise sanitaire faisait rage. Essayons d'analyser un plus les raisons du succès, et les limites qu'il faudra dépasser.

Face à la crise du Coronavirus, les téléconsultations sont apparues comme la solution idéale pour prendre en charge les patients potentiellement atteints, tout en protégeant les personnels de santé et en limitant la propagation de la maladie. En ce début du mois de juin 2020, nous vous proposons de réaliser un premier bilan de la télémédecine. Quels sont les chiffres ? Pourquoi la téléconsultation a-t-elle rencontré le succès, et quelles sont ses limites ? Explications.

600 000 téléconsultations au mois de mars 2020

Au plus fort de l’épidémie, l’Assurance maladie a recensé plus de 600 000 consultations à distance. D’ailleurs, 12% des consultations au mois de mars 2020 ont eu lieu sur Internet, contre 45% au mois d’avril. En août 2016, le nombre de téléconsultations remboursées par l’Assurance Maladie était seulement de 32 000, preuve que cette méthode s’est avérée particulièrement efficace et répondait parfaitement aux besoins des patients et des professionnels de santé.

D’après une étude réalisée par la plateforme Doctolib, leader sur le marché de la téléconsultation, on constate que la téléconsultation est particulièrement attractive pour les personnels de santé et ce, pour plusieurs raisons.

  • "66% [des médecins] déclarent vouloir donner la possibilité à leurs patients de consulter à distance en fonction du motif de consultation,
  • 57% indiquent qu'ils seront ainsi rémunérés pour certains actes et conseils qu'ils prodiguaient déjà auparavant par téléphone ou SMS,
  • 45% pensent que la consultation vidéo leur permettra plus de confort de travail pour choisir lorsqu'ils souhaitent consulter en présentiel ou en vidéo et
  • 36% pensent que cela leur permettra d'augmenter la fréquence de contacts avec leurs patients".

D’après Doctolib, 74% d’utilisateurs pensent continuer à utiliser la téléconsultation à l’issue de l’épidémie

Pour les patients, la téléconsultation s’avère très intéressante. En effet, grâce à cette méthode 2.0, plus besoin de se déplacer en cabinet (même si cela implique de disposer d’une connexion internet, ainsi que d’un appareil compatible). La téléconsultation permet également d’obtenir un rendez-vous dans la journée et ainsi, de profiter dans les plus brefs délais d’un avis médical, et d’une ordonnance le cas échéant. D’ailleurs, ces documents peuvent être directement téléchargés sur la plateforme de téléconsultation, ou faxés à la pharmacie du patient. 

En dehors d’une situation de crise, les utilisations de la téléconsultation sont multiples. En effet, grâce à elle, il est possibled’améliorer le suivi des maladies chroniques, ainsi que du parcours de soins. D’après les spécialistes, la téléconsultation serait également une réponse aux déserts médicaux, ainsi qu’au renoncement aux soins.

Si la téléconsultation a été employée massivement par les médecins traitants, cette solution fut privilégiée également par les psychologues, qui ont d’ailleurs été largement sollicités pendant la période de confinement.

Les limites de la téléconsultation sont bien visibles, depuis le début de la crise

Bien sûr, en optant pour la téléconsultation, il n’est plus possible de réaliser d’examens cliniques. De ce fait, si cette solution est particulièrement adaptée aux patients souffrant de symptômes sans gravité, elle ne peut être envisagée pour les personnes nécessitant une prise en charge rapide, voire en urgence. Mais soyons optiimistes malgré tout, les services de téléconsultation se professionnalisme à grande vitesse depuis plusieurs semaines. Prenons en exemple du service de téléconsultation Leah qui propose un accompagnement réel des professionnels de la santé. il ne s'agit plus de livrer les outils technologiques, il y a cette fois un apprentissage des usages et de la psychologie humaine à adopter. Il faut s'approprier la méthode, et les nouveaux services vont dans ce sens.  

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