Entre barbarie et exclusion, la circoncision rituelle, un racisme masqué derrière religion, tradition, culture et folklore

 Entre barbarie et exclusion, la circoncision rituelle, un racisme artificiel

masqué derrière religion, tradition, culture et folklore,

catalyseur de fanatisme, terrorisme, génocide et féminicide

(les dramatiques conséquences psychosociologiques de la circoncision

en font le pire des racismes et le plus grand crime contre l'humanité)

 

"Tout homme qui a choisi le mensonge comme moyen doit inexorablement choisir la violence comme règle." Alexandre Soljénitsyne

"Le sexe de (l'enfant) apparaît bien comme un enjeu de possession, un symbole de soumission." Simone Veil, qui a écrit "la femme" et non l'enfant[1]

"Le crime contre l'humanité est l'aboutissement d'un totalitarisme dont l'un des aspects structurels est l'abolition de la conscience individuelle." Mazarine Pingeot

             Les plaisirs de l'autosexualité sont traditionnellement méprisés, au point qu'une minorité des cultures (20% de l'humanité) détruit ses organes spécifiques (le prépuce, et parfois le clitoris). L'usage fréquent du même terme pour les deux mutilations montre leur commune finalité, prétendue purificatrice. Cependant, les horribles ravages de l'excision ne sont que le sommet de l'iceberg des mutilations sexuelles. Car si les dommages physiologiques et sexologiques[2] parfois graves de la circoncision sont le plus souvent occultés, nous allons voir que ses conséquences psycho-sociologiques au niveau mondial sont dramatiques. L'ineptie de cette mutilation éclate dans le fait qu'un des principaux résultats escomptés : réduire l'appétit sexuel, n'est pas atteint et l'on doit penser que d'autres buts sont visés. Pratiqués en masse sur les mineurs incapables de se défendre, ces sacrifices humains avec torture sont le comble des méthodes d'éducation brutales qui enseignent la raison du plus fort, la violence, la barbarie, le sexisme et son corollaire : le racisme. Ces techniques de soumission jouent sur une confusion entre identité et appartenance caractéristique de la pensée raciste. Car les rites primitifs d'appartenance sont des conditions artificielles certainement pas d'identité mais seulement d’appartenan-ce, par marquage. Imposés par des tortures violentes et barbares, ces marquages n'ont rien à voir avec les sentiments profonds qui assurent la dimension sociale de l'identité.

            Miriam Pollack a montré que la circoncision est l'expression d'un sexisme masculiniste[3]. Elle est d'autant plus sexiste qu'elle contraint l'homme à dominer la femme, laborieusement, dans le coït. Le sexisme étant le degré zéro du racisme, il n'est pas étonnant que ce dernier soit présent dans des mutilations qui discriminent enfants, individus et communautés du reste de l'humanité. Nous devons d'ailleurs ajouter à sa démonstration que, puisque la judéité se transmet par les femmes, alors, le judaïsme est aussi, paradoxalement, un sexisme féministe ; les enfants de pères juifs avec des mères non-juives sont exclus de façon aussi sexiste que raciste, avec la complicité des mères judaïques.

  

I – L'intention raciste des mutilations sexuelles :

confusion d'idées et amalgames

             Le "raisonnement" par amalgame est au cœur de la pensée raciste. Or les mutilations sexuelles reposent sur une série d'amalgames :

 1/ L'amalgame entre genre et sexe.

             Parfois présent (cultures africaines), il imagine que la suppression des organes sexuels évoquant le sexe opposé confèrerait une supériorité par un plus de féminité ou de masculinité. Le psychanalyste Jacques Lacan a repris à son compte ce fantasme primitif[4] dans un hallucinant délire anti-freudien.

 2/ L'amalgame entre mutilation sexuelle et supériorité physique et morale.

             Banal mais extravagant, le sentiment de supériorité esthétique et hygiénique procuré par la circoncision a été dénoncé par Reyes et Zagdanski[5]. Mais la circoncision relève avant tout d'un ordre moral puritain[6] dont le dessein inavoué est de dominer la population, à commencer par la jeunesse, par la terreur d'un sacrifice humain qui est avant tout une menace de castration et de mort : "Je t'en coupe un petit bout pour l'instant, mais gare à toi !". Cet ordre moral s'appuie sur l'affirmation d'une supériorité morale que la circoncision garantirait. Il prétend en effet fabriquer des surhommes (surfemmes) moralement supérieur(e)s, élu(e)s de Dieu ou des ancêtres. Fondée sur une différenciation physique, cette discrimination est un racisme artificiel qui cache bien son jeu. Car reposant sur une culpabilité et une volonté de punir (péché originel) aussi insensées l'une que l'autre, cette revendication de supériorité morale, voire même spirituelle (la mutilation suggère l'abstention et le mépris de l'autosexualité érigée en péché), est aussi hypocrite que mégalomane.

 3/ L'amalgame entre identité et appartenance à la communauté.

 "Narcissisme et identité sont des notions qui renvoient l'une à l'autre, la notion d'identité se si-tuant à l'interface entre l'espace narcissique et l'espace social. Notons d'abord que le terme d'identité implique le constat d'une permanence dans le temps d'éléments caractéristiques de la personnalité, perceptibles pour le sujet lui-même et pour autrui. Il faut donc reconnaître à l'identité deux versants qui recouvrent deux aspects du narcissisme. L'un est intime : être soi-même à ses propres yeux, et l'autre social : ce que l'on présente à autrui pour qu'il vous reconnaisse, dans tous les sens du terme. L'identité apparaît ainsi sous le double versant d'une raison d'être et d'une raison sociale renvoyant au registre personnel d'une part, relationnel, familial et social d'autre part."

 "… les blessures narcissiques itératives, les situations incestuelles ou incestueuses, induisent un surinvestissement de l'actuel et entravent la narration constitutive de l'identité. Paul Denis[7]

              C'est dire à quel point, pour les victimes des mutilations sexuelles, l'amalgame est facile, voire inévitable, entre ce qui leur apparaît comme une identité physique des plus intimes qui soient et leur appartenance à la communauté nationale ou ethnique ; une inscription chirurgicale irréversible, collectivement et systématiquement commise dans la plus tendre enfance avec la complicité active des parents, ne peut pas ne pas apparaître comme un signe majeur et difficilement contestable d'appartenance au groupe social. C'est au prix d’une négation de l'identité humaine la plus concrètement et objectivement raciste qu'on puisse imaginer.

            De même, selon le philosophe Michel Serres, en logique pure, l'identité ne peut être qu'individuelle et parler d'identité collective est une erreur. Ainsi, selon lui, on ne peut pas dire "Je suis français." mais "Je suis X et j'appartiens à la communauté française." Penser autrement risque de faire sombrer dans la xénophobie ou le racisme.

            Or les techniques d'éducation par la violence créent une confusion entre identité et appartenance susceptible de participer de la pensée raciste. Le : "Une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne !" de Madame Chirac tend à dire que les fesseurs seraient supérieurs aux non-fesseurs alors que, bien évidemment, c'est l'inverse qui est vrai ; les meilleurs sont bien évidemment ceux qui n'ont pas besoin de violence pour imposer l'autorité.

            Les rituels initiatiques par marquages mutilants ne constituent donc aucune identité. Ce ne sont que des éléments accessoires d'identification, de simples "signes particuliers". Imposées par la torture, ces barbaries n'ont rien à voir avec les sentiments d'appartenance qui assurent la dimension sociale et humaine de l'identité.

 4/ L'amalgame entre signe particulier imposé (handicap ignoré) et signe d'identité ethnique est une folie collective.

             Cet amalgame est dénoncé par ceux qui condamnent la circoncision des enfants. Cependant, ils admettent le plus souvent sa réalisation volontaire à l'âge adulte. Ainsi, le 7 mai 2012, obtenant l'assentiment de soixante dix pour cent de la population allemande, le tribunal de grande instance de Cologne a condamné la circoncision des mineurs en Allemagne mais toléré la circoncision à l'âge adulte.

            Mais la bioéthique élémentaire[8] [9] [10] [11] interdit toute mutilation sans "motif médical très sérieux"[12].On n'a ni le droit de mutiler quelqu'un ni celui de se mutiler soi-même en se discriminant de l'espèce humaine par un choix sectaire. Distinguer l'ethnie par une opération chirurgicale est une folie collective[13] discriminatoire, hyper-raciste. La psychiatrie parlerait de syndrome de Münchhausen par procuration transgénérationnel et collectif[14] et le psychanalyste d'autopunition sexuelle collective médicalement assistée (dans le meilleur des cas). Les fanatiques adorateurs de Cybèle (Grèce antique), ceux de la secte des Skoptzis (Russie) et les Hidjas (Inde) ne s'arrêtaient ou ne s'arrêtent pas (Hidjas) à la castration du prépuce ; ils tranchaient ou tranchent l'intégralité du pénis !

 5/ L'amalgame anticirconcision / antijuif ou anti-islam.

             Il sévit dans les communautés, notamment la juive, en déniant l'existence du multimillénaire courant juif contre la circoncision, illustré par la reine Jézabel et le roi Achab, les Séleucides (massacrés par les Macchabées), les partisans du baptême par l'eau avec Jean-Baptiste, Jésus Christ, Pierre et Paul, les rabbins réformistes allemands du 19ème siècle autour d'Abraham Geiger et leurs émules aux Etats-Unis, les hommes politiques Olry Terquem et Bernard Lazare, les psychanalystes Freud, Groddeck, Reich, Bettelheim, Lewinter, Julia Kristeva, Alice Miller, Tobie Nathan, les philosophes Spinoza, Jacques Rosenberg et Jacques Derrida, les prix Nobel de médecine Francis Crick et Georges Wald, le professeur Alexandre Minkowski, le pédiatre Aldo Naouri, l'intellectuel Jérome Ségal, la juriste Linda Weil-Curiel, le juge Jean-Pierre Rosenczveig, le puissant mouvement juif états-unien contre la circoncision, les cinéastes Woody Allen, Ivan Attal, Nurith Aviv et Daniel Burman, etc. etc. Systématiquement utilisé par les religieux qui proclament que l'abandon de la circoncision provoquerait la fin de la communauté, c'est le pire de tous, le plus paranoïaque, le plus dangereux. Il s'accompagne d'un chantage affectif qui fait facilement tollé : "Si l'on nous interdit la circoncision, nous quitterons le pays !" Comme si la circoncision pouvait être une condition nécessaire de l'existence d'une religion ou d'un peuple.

  

II – Les croyances racistes des mutilations sexuelles

 1/ Un racisme religieux de droit divin

             Il arrive que la pensée primitive fasse de la mutilation sexuelle une condition d'appartenance au groupe social :

 "Un incirconcis n'est pas un homme." dicton africain

 "Et le mâle incirconcis, qui n'aura pas retranché la chair de son excroissance,sera retranché lui-même du sein de son peuple pour avoir enfreint mon alliance." Genèse, 17 : 14

 voire une marque d'élection divine :

 "… si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples… " Exode, 19 : 5

             Proclamé par la religion, le racisme artificiel de la circoncision est plus virulent et dangereux que le racisme ordinaire. Sa forme la plus impudente est l'hégémonie accordée par le Dieu de la Bible :

 "… tu seras le père d'une multitude de nations… " Genèse, 17 : 5

 en échange de la circoncision :

 "A l'âge de huit jours, que tout mâle, d'entre vous, soit circoncis… " Genèse, 17 : 12

             Hitler renversa la première proposition pour affirmer :

 "Il ne peut pas y avoir deux peuples élus. Nous sommes le peuple de Dieu."[15]

              Même si les autres religions se montrent à l'occasion plus barbares, le judaïsme est ainsi, en son principe même, la pire des religions, la plus raciste, la seule qui fasse d'une mutilation barbare la condition d'une identité nationale paradoxalement décrétée par un "Dieu" qui corrigerait une minorité de sa création, pour en discriminer le reste ! Ce racisme judaïque est illustré par l'invasion colonialiste sioniste, en dépit du conseil de Freud à l'agence juive de Vienne :

 Il me semble qu'il aurait été beaucoup plus raisonnable de créer un foyer juif dans une terre moins chargée de signification historique… Je constate avec regret que le fanatisme irréaliste de notre peuple est en partie responsable de l'éveil de la méfiance des arabes. Je ne puis "rouver en moi l'ombre d'une sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion na-tionale avec les restes du mur d'Hérode, heurtant les sentiments des populations indigè-nes..." [16]

  Seuls des racistes par "droit divin" peuvent ne tenir aucun compte des sentiments, pour ne pas dire plus, du peuple palestinien.

 2/ Un racisme dénoncé par la psychanalyse et la philosophie

             La création artificielle d'une particularité physique isole l'ethnie des autres ethnies et plusieurs auteurs juifs ont mis en lumière le fait que la circoncision génère le racisme :

 - en 1909, Freud a dénoncé le danger d'un racisme généré dès l'enfance par la circoncision chez les non-juifs :

 Le complexe de castration est la plus profonde racine inconsciente de l'antisémitisme, car, dans la nursery déjà, le petit garçon entend dire que l'on coupe aux Juifs quelque chose au pénis – il pense : un morceau du pénis – ce qui lui donne un droit de mépriser les Juifs."[17]

  - en 2001, en termes philosophiques, Rozenberg[18] a étendu la remarque aux adultes incluant les Juifs eux-mêmes :

 "… l’altérité du Juif se confronte au semblable, et n’a d’équivalent que celle de la femme."

 "Le peuple juif dérange et effraye car il représente l’Autre. Cette équivalence désigne précisément le lien thématique qui relie le mythe et la psychopathologie, eux-mêmes constituant des épiphénomènes d’une double crise d’identité sexuelle et culturelle. Cette équivalence provoque dans les deux cas une fantasmagorie portant, d’une part sur la différence anatomique, per-ceptible aussi bien chez la femme que chez le Juif circoncis, et d’autre part sur un attachementà la matérialité naturelle et charnelle qu’ils incarnent pareillement."

 3/ Un racisme quasi-naturel dénoncé par Zagdanski

             En 2002, dans un ouvrage accessible au grand public,Reyes et Zagdanski ont dénoncé cette conséquence inéluctable de la circoncision chez les jeunes garçons juifs :

 "Dans ma tête de gamin, un pénis non circoncis, ça ressemblait à un sexe de chien, l'aspect irrégulier, le petit bout rouge vif... Ca ne me paraissait vraiment pas esthétique comparé à mon pénis à moi ou à celui de mes frères… Sensation d'une grande différence, donc… entre moi et les non-Juifs, la majorité. Autrement dit entre moi et tous les autres. Avec tout de même un léger complexe de supériorité à cause de cette révélation-là, à savoir que les pénis des non-Juifs ressemblaient à des sexes de chiens."[19]

  Chez Zagdanski enfant, la circoncision, par l'inconscience d'un handicap renversé en avantage, a généré une profonde croyance intime, émotionnelle, en une supériorité ethnique d'ordre quasi-biologique, sans même qu'il y ait besoin de recourir aux justifications religieuses de cette soi-disant supériorité. Ce racisme quasi-automatique est la plus monstrueuse conséquence de la pédo-criminalité circonciseuse.

  4/ Les réactions d'autres grands penseurs

             De nombreux autres penseurs ont pris position contre cette abomination :

 "… non seulement le corps de l'enfant ne nous appartient pas mais… son sexe nous appartient encore moins." Françoise Dolto[20]

  "Car c'est une chose barbare que d'accueillir un nouveau-né au couteau, par une mutilation délibérée." Georges Wald, prix Nobel de médecine

 "Comment un être qui a été agressé de cette façon, alors qu'il était totalement sans défenses, pourrait-il se développer en une personne calme, aimante, confiante ? En effet, il ne sera jamais capable de faire confiance à personne dans la vie, il sera toujours sur la défensive, incapable de s'ouvrir aux autres et à la vie." Frédérick Leboyer[21]

  "… la circoncision est une épouvantable agression pratiquée sans anesthésie et qui ne peut que laisser un souvenir aussi inconscient qu'abominable à l'être qui l'a subie et en fait un es-clave à vie." Frédérick Leboyer[22]

  "Une autre conséquence psychologique de la circoncision précoce est qu'elle imprime dans l'esprit du nouveau-né une situation agressive et traumatique… L'impossibilité d'appréhender une aussi effroyable introjection d'agression dirigée vers l'intérieur peut conduire, a posteriori, à l'émergence de comportements psychopathes et violents ou, dans de nombreux autres cas, à l'émergence d'un masochisme extrême." Moisés Tractenberg[23]

  "Les pratiques rituelles de circoncision et d'excision ont des effets qui atteignent non seulement l'individu et sa descendance, mais même les autres hommes." Alice Miller[24]

  "… (le handicap) confronte chacun de ceux qui ne sont pas atteints par ces incapacités à l'angoisse de castration, à l'horreur de la blessure narcissique, et, au delà, à l'irrémédiable de la mort psychique ou physique, creusant ainsi la plus intraitable des exclusions." Julia Kristeva[25]

  "Mais une personne privée ne peut pratiquer une telle ablation (mutilation d'un membre), même avec le consentement du patient; ce serait commettre une injustice envers la société, à la-quelle l'homme appartient avec tous ses membres." Saint Thomas d'Aquin8

 "… les Juifs ayant vécu à part de toutes les nations de façon à s'attirer la haine universelle et cela non seulement par l'observation de rites extérieurs opposés à ceux des autres nations, mais par le signe de la circoncision… " Baruch Spinoza[26]

              Mais ce sont Freud et Roheim qui ont énoncé les observations les plus profondes concernant les rituels sexuels de séparation d'avec la mère à valeur de menace de castration-exclusion :

 "Les effets de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les re-lations d'un garçon avec ses père et mère et par la suite avec les hommes et les femmes en général."Sigmund Freud[27]

  avec en note de bas de page :

 "… La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castration, ne peut être comprise que comme l'expression d'une soumission à la volonté paternelle… "

 Cette condamnation radicale de la circoncision reste discrète et ne souligne pas que, consistant en un début d'exécution, la circoncision est la pire des menaces de castration. Mais ce n'est pas le fils qui se soumet au père ; c'est le père qui se soumet au grand-père, notamment par crainte d'être déshérité.

 Betthelheim a précisé :

 "Dans la société occidentale, la circoncision est imposée à l'enfant sans défense auquel elle n'offre aucun avantage déterminé et pour qui elle est, en conséquence, indésirable et menaçante…" Bruno Bettelheim[28]

  Roheim est allé plus loin en insistant sur le grand danger de la circoncision pour le développement personnel :

 "... la surabondance des rituels traitant de ce thème (l'oralité) est un camouflage du complexe d'Oedipe."[29]

  Il revient enfin à Tobie Nathan d'avoir tiré les conséquences politiques du phénomène en comparant la circoncision à l'initiation nazie ; l'initiation par le sadisme est une initiation à la barbarie :

 "Himmler ignorait qu'il nourrissait des pulsions sadiques, c'est l'initiation qu'il a reçue dans le corps des SS qui les lui a révélées… "[30]p 20

 "La combinaison de ces trois niveaux (l'émotion ponctuelle, et sa capacité à déclencher la perplexité, l'attaque contre des parties du corps fortement investies et sa capacité à déclen-cher "l'angoisse de castration", les énoncés paradoxaux et leur capacité à déclencher la confusion) est indispensable à l'expulsion d'un sujet de son enveloppe de sens." p. 21

 Comment mieux dire que la circoncision risque de déstabiliser gravement l'individu, et l'humanité entière comme le prouvent tous les jours les divers terrorismes des sociétés religio-féodales du Moyen-Orient et d'Afrique ? Ces observations expliquent pourquoi, chez les personnes sensibles en particulier (féministes, extrême-droite), les mutilations sexuelles provoquent, plus ou moins consciemment, une aversion qui peut aller jusqu'à la haine, éventuellement sexiste, la plus farouche.

 5/ Les réactions légales

             Le législateur a aussi pris position :

 "L'enfant doit être protégé contre les pratiques qui… peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination."

                  Principe 10 de la Déclaration universelle des droits de l'enfant de l'ONU

 "Le fait de soumettreune personne, dont la vulnérabilité ou l'état de dépendance sont ap-parents ou connus de l'auteur, à des conditions de travail ou d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 150 000 Euros d'amende." Article 225-14 du code pénal

             Mais comme les mutilations sexuelles sont commises d'une part dans des folies collectives, d'autre part en amour, "pour le bien de l'enfant", et donc sans intention de nuire, la loi pénale est inapplicable, si bien que le seul moyen de les réprimer est d'accorder des dommage et intérêts conséquents aux victimes et de dénoncer leur visée endogamique et raciste.

             Cette dernière chose s'avère cependant difficile. Le 14 juin 2013 à la Sorbonne, à la réunion fondatrice d' "Excision, parlons-en", Madame Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, a déclaré qu'elle allait mentionner dans son rapport au président de la république que les mutilations sexuelles féminines et masculines sont discriminatoires. Mais après le tollé des religieux consécutif à la décision du 1er octobre 2013 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui s'est prononcée à une forte majorité pour le respect du droit de l'enfant à l'intégrité physique, l'avis du 2 décembre 2013 de la CNCDH n'en a rien fait !

 6/ La croyance en une supériorité résultant des mutilations sexuelles est l'élément central d'une pensée raciste qui exclut les "non-circoncis"

             L'exclusion est la sanction du groupe envers les opposants aux mutilations sexuelles. C'est le symptôme d'un sentiment de supériorité qui permet aux handicapés sexuels de surmonter le traumatisme de l'opération et, pour la majorité des femmes notamment, la dépression et la tristesse provoquées par une sexualité le plus souvent anéantie. En corollaire, la mutilation est à la fois une condition du mariage et une barrière au mariage hors du groupe, grand souci d'un racisme qui va jusqu'à interdire les cimetières aux étrangers, voire leur refuser l'inhumation sur le territoire national (Islam). La supériorité prétendument conférée par la mutilation sexuelle est affirmée dans la Bible (dogme de l'élection). Selon certaines rationalisations pseudo-philosophiques, la circoncision inscrirait l'homme dans la dimension du manque (sic). Maïmonide et Philon d'Alexandrie soutiennent qu'elleconfère à l'individu vertu, élévation d'esprit, pureté, chasteté et même une fidélité qui s'accommode (musulmans) ou s'accommodait cependant de la polygamie (juifs jusqu'au XIVème siècle) :

 "Ce commandement n'a pas été institué pour corriger une déficience congénitale mais une déficience morale." Maïmonide[31]

  En un mot, les "non-circoncis" sont des débauchés ! La référence à l'ordre moral est explicite. Cette croyance fantasmatique semble à l'origine de l'affirmation de Freud d'une capacité supérieure des Juifs pour la spiritualité[32]. Les mâles de la planète seraient partagés entre de grands mystiques, sexuellement mutilés, et les autres hommes, bassement terre à terre d'avoir conservé leur prépuce. L'insulte banale : "chien d'incirconcis" témoigne du fait que dans l'imaginaire circonciseur, la mutilation différencie l'homme de l'animal. Les oiseaux sont certes dépourvus de prépuce mais la circoncision ne semble pas donner les ailes de l'ange.

            Cette superstition trouve son origine dans l'assimilation de la sexualité, et tout particulièrement de l’autosexualité, au péché. Cette conception nauséeuse, génératrice des perversions, notamment la pédophilie, et terrain d'élection du viol, repose sur l'ignorance et/ou la culpabilité des plaisirs aussi intenses qu'exquis procurés par les organes spécifiques de l’autosexualité. Dans sa préface à un ouvrage italien intitulée "Le sexe mutilé", Élisabeth Roudinesco fait l'éloge de cette dernière :

 "...si, au cours de la seconde moitié du XXème siècle, la mas……..n a cessé d'être classifiée comme une maladie mentale, grâce en bonne part à la théorie freudienne, elle est désormais revendiquée, par de nombreux mouvements de libération postfreudiens, comme l'expression la plus pure d'une sexualité qui, enfin débarrassée des oripeaux de la morale puritaine, autorise un plaisir illimité, sans risque de contamination, sans procréation, sans partenaire encombrant.

Symbole de l'individualisme moderne, le sexe solitaire peut enfin être vu – en particulier sur internet – comme une découverte de soi ou un exil qui tombe dans la mélancolie. En l'espèce, le danger substitué", réduit par Freud à la banalité polymorphe de l'enfance, est devenu l'emblème d'une (sexualité)(*) élevée en éthique de la liberté." [33],

 Mais elle continue à qualifier l'autosexualité de perversion et de pratique mélancolique. Une profonde culpabilité inconsciente pèse sur l’autosexualité. Le chapitre de son cours au Collège de France[34] que Michel Foucault consacre à la répression de l'autosexualité semble un canular. Utilisant le terme "mas……..n", il s'en prend avec acuité au christianisme, à l'ordre médical, et à l'excision et la circoncision pratiquées par ce dernier au XIXème siècle sans dire un mot de la circoncision rituelle ! L'intitulé de son cours étant "Les anormaux", nous sommes forcés de penser qu'il considère la circoncision de masse comme normale dès lors qu'elle est traditionnelle ou religieuse.

            Cette culpabilité conduit au mépris réciproque entre circoncis et "non circoncis". Le psychiatre Michel Erlich signale que "goy", "incirconcis" et "chien d'incirconcis", sont des injures graves[35]. Cette prétention de supériorité dégénère parfois en snobisme, ainsi au Royaume-Uni où la circoncision se répandit d'abord dans la noblesse, et aux États-Unis où elle est un critère de standing social. Elle trouve sa consécration dans la langue : l'entier n'est jamais désigné comme tel mais comme "non" ou "in" -circoncis, avec la connotation de manque, de perte, attachée à la négation. Un comble a été atteint par Jacques Derrida lorsque, dans un épisode dépressif il est vrai, il en est venu à se demander si sa décision de ne pas faire circoncire ses fils n'allait pas les faire souffrir d'un "manque de manque"[36] ! Cette inversion (déni) des réalités est caractéristique de la perversion. N'est-il pas pervers, en effet, de se prétendre "élu de Dieu" pour se rassurer sur sa différence en diminuant l'autre par une nomination humiliante plutôt que simplement exacte ? Un principe fondamental du droit s'applique à cette pseudo-spiritualité :

 "Nul ne saurait se prévaloir de sa propre turpitude."

 Cette conviction de supériorité ne s'arrête pas là. De toute antiquité, les circoncis se croient plus propres :

 "Aussi ni homme ni femme en Égypte ne consentirait à embrasser un Grec sur la bouche, pas plus qu'à user… du couteau d'un Grec." Hérodote[37]

  Les intacts sont supposés lubriques, impurs et même sales ! Le préjugé, populaire chez les sexuellement mutilés, que les intacts sont des "masturbateurs sans hygiène", n'est pas de nature à défavoriser le racisme. Les circoncis plongent pourtant sans appréhension leur organe dans le féminin qui, à les suivre, serait un bouillon de culture. Ils font également courir la rumeur selon laquelle ils accompliraient des prouesses sexuelles. Quoi qu'il en soit, une supériorité reposant sur une différence physique est une supériorité de type raciste. Ce n'est pas le prépuce qui sent le fromage, c'est la circoncision qui pue le racisme.

 7/ La visée endogamique

             Nous ne sommes pas seulement en présence de racisme. Nous sommes également confrontés à une manipulation sexiste. En effet, les jeunes femmes croient facilement aux superstitions selon lesquelles les "non-circoncis" sont sans hygiène, mauvais amants, débauchés et, dans les cultures qui pratiquent la circoncision après l'âge de la parole, lâches ("Un incirconcis n'est pas un homme." proverbe africain). Si bien que l'étranger peut difficilement épouser une musulmane ou une juive. Comme reconnu et même dénoncé par le canular historique de Maïmonide, il est évident que ces superstitions et rumeurs sont l'œuvre d'un patriarcat qui, dans l'illusion de renforcer la cohésion et la perpétuation de la communauté, vise à s'assurer de la possession des femmes par l'endogamie.

            Ce racisme est nettement affirmé pour l'excision féminine pour laquelle, dans nos pays, les parents affirment : "Si on ne le fait pas, elles ne trouveront pas de mari." Dans l'ethnie peut-être ! On peut en dire autant de la circoncision : "Si nous ne le circoncisons pas, il ne trouvera pas à se marier.", sous-entendu "dans la communauté". Un racisme chirurgicalement fabriqué est le comble du racisme.

 8/ La visée sexiste

             Par-dessus le marché, la circoncision a pour but profond de séparer l'enfant de la mère, du monde des femmes et de l'enfance. C'est précisément là que réside l'intention la plus odieusement sexiste, la plus criminelle, la plus abjecte, la plus contraire à la vie, à l'amour, à la tendresse, au meilleur de l'existence. Il s'agit d'orienter les affects de l'enfant vers le monde des hommes, des laboureurs et des fabricants, en en excluant les femmes pour mieux les dominer, elles et eux.

            Cette attitude discriminatoire, consciente et résolue chez les élites extrémistes, reste inconsciente et déniée par les masses. Les mutilations sexuelles sont moins religieuses que sectaires. Comme la castration totale des sectes barbares, elles visent à refermer le groupe sur lui-même pour assurer le pouvoir des chefs. Cette arrogance sexiste et raciste est en effet cultivée par des élites religio-politiques qui tiennent à la circoncision comme à la prunelle de leurs yeux parce qu'elle est au fondement de leur pouvoir. Elles l'utilisent délibérément comme technique de manipulation des masses :

 "On sait combien les hommes s'aiment et s'entraident quand ils ont tous la même marque distinctive qui est pour eux une sorte d'alliance et de pacte." Maïmonide[38]

              Séparant le groupe des autres par l'affichage sectaire d'une petite différence flattant et exacerbant le narcissisme du groupe, un hyper-racisme trouve dans les mutilations sexuelles un mode d'expression privilégié :

 "La circoncision a, selon moi, un autre motif très important : elle fait que ceux qui professent cette idée de l'unité de Dieu se distinguent par un même signe corporel qui leur est imprimé à tous, de sorte que celui qui n'en fait pas partie ne peut pas, étant étranger, prétendre leur appartenir." Maïmonide35

             La circoncision est ainsi un racisme artificiel sexiste masqué derrière religion, tradition, culture et folklore. Ce chauvinisme sournois est solidement ancré dans l'esprit tant par l'étroitesse de son lien avec le pesant tabou de l’autosexualité que par le déni par l'homme (la femme) de sa propre féminité (masculinité). Il est renforcé par une crainte inconsciente de la castration et de la mort, générée chez les victimes comme chez leurs voisins.

 

III – Les conséquences : haine et violence

l'explication psychanalytique

 "Si la haine crée l'objet, elle est aussi ce qui menace le plus violemment son existence. Parce qu'elle fait de l'identité de soi à soi un concept exclusif, voire fétichisé, la haine porte en elle le rejet de toute altérité. Quand elle se fait l'alliée d'un narcissisme des petites différences, elle devient le vecteur d'une pureté qui ne tolère plus aucune bigarrure, aucun mélange. Pureté de la race, purge, épuration ethnique, le pur et la haine habitent les mêmes contrées." Jacques André et Isée Bernateau

             L'exclusion appelle la haine. Spinoza et Freud ont dénoncé la circoncision comme source de haine de la part des peuples voisins. Cette haine est réciproque. Gravissime pathologie collective : syndrome de Münchhausen par procuration transgénérationnel et collectif et syndrome de Stockholm collectif, la circoncision génère une violence particulièrement élevée. Sur les vingt-trois génocides des temps modernes : musulmans circassiens (1860), congolais (1870), héréros (1904-07), grecs (1914-18), assyriens (1914-25), arméniens (1915), serbes (1941-45), juifs (1942-45), tziganes (1942-45), tchétchènes (1944), communistes Indonésiens (1965-66), biafrais (1966-68), guinéens (1968-79), bengalis (1971), hutus (1972), habitants de Bornéo-Est (1975-79), kurdes (1988-89), tutsis (1994), bengalis (1990-2000), bosniens (1991-95), habitants du Darfour (2003), kurdes d'Irak (2005), rohinghyas (2012), vingt (87%) ont impliqué des circoncis d'un côté au moins et cinq des deux côtés. Les circoncis en ont perpétré douze, dont sept contre des intacts. Cette forte corrélation est logique ; une atteinte volontaire au corps humain crée un sentiment de supériorité chez ceux qui la pratiquent et le sentiment inverse chez les autres. A l'exception d'une guerre civile (Sri Lanka), toutes les guerres entre 1996 et 2002 ont concerné au moins un pays circonciseur. Leur fréquence fut plus de trois fois plus élevée dans les pays circonciseurs. La peine de mort y est deux fois plus répandue. Ils sont les seuls à pratiquer l'excision.[39] En Norvège, entre 2006 et 2010, deux pour cent de la population qui sont circoncis ont commis cent pour cent des viols sur quatre vingt dix pour cent de norvégiennes de souche. Les mutilations sexuelles séparent l'enfant de la mère par la violence à l'âge de l'attachement. C'est monstrueux, le résultat est catastrophique. La circoncision est le terreau du sexisme, de la paranoïa (réciproque), du fanatisme et du terrorisme de groupe ou d'état. Elle fait l'équilibre de la terreur et la fortune des marchands de canon.

  

La psychanalyse explique pourquoi la circoncision pousse au génocide

             La corrélation entre génocide et circoncision devient causalité s'il y a une raison rationnelle pour une causalité. Or cette raison existe ; la psychiatrie parlera de folie collective sans rien expliquer mais la psychanalyse nous éclaire. Freud a en effet énoncé une théorie du racisme généré par la circoncision qu'il suffit de pousser à son terme pour expliquer la folie génocidaire :

 "L'hypothèse selon laquelle nous pouvons aussi chercher ici une racine de ces haines des Juifs qui émergent de façon si primaire et génèrent des comportements si irrationnels chez les occidentaux, me paraît incontournable. La circoncision est inconsciemment assimilée à la castration."[40],

 Puisque, selon lui et les résultats de la clinique psychanalytique, l'inconscient assimile la partie au tout, alors une menace de castration est aussi une menace de mort. Mais exercée sur l'ensemble d'une ethnie, une menace de mort individuelle devient par addition une menace d'extermination du groupe tout entier, immédiatement projetée par l'inconscient sur le groupe adverse. La circoncision est ainsi un pousse au génocide réciproque.

            Pour tenter de psychologiser, la circoncision est une technique de domination du groupe sur les individus particulièrement monstrueuse en ce que, au nom d'une éthique totalement et stupidement dévoyée et inversée, elle parle contre le plaisir et la vie. De ce fait, la pulsion de domination banale, qui se contenterait d'asservir l'ennemi, dégénère en une pulsion de destruction des groupes extérieurs paradoxalement considérés comme purement nuisibles du fait d'une différence considérée comme fondamentale et essentielle (d'où les islamisations par mutilation, des deux sexes éventuellement). Le phénomène inverse se produit autant chez les autres groupes circonciseurs que chez les groupes non-circonciseurs.

            Freud a donc posé les jalons de l'analyse du phénomène et sa condamnation du sionisme montre qu'il en a pressenti les deux côtés.

            L'abolition de la conscience (la banalité du mal d'Hannah Arendt) relevée par Mazarine Pingeot est ainsi une soumission à l'inconscient qui, gouverné par des règles tout aussi rigoureuses que celles de l'éthique, ignore le bien et le mal. La banalité de la circoncision est directement responsable de la multiplication des génocides dont deux, réciproques et atomiques, menacent actuellement, toujours au contact de la circoncision : en Palestine et en Corée.

  

 Conclusion

             Plus fascistes que le fascisme puisqu'elles visent les enfants, les mutilations sexuelles sont insupportables aux fascistes. Mais les démocrates ne peuvent les tolérer. Prenant pour alibi les festivités du folklore, ces ordalies sont imposées par des élites militaires et religieuses au comportement adolescent. Elles ont un caractère sexiste. Elles considèrent femmes et enfants comme les objets d'un droit de propriété. Elles n'accueillent pas l'enfant dans une société régulée par la différence des sexes et des âges mais socialisent ou affilient par le traumatisme d'une initiation militaire barbare qui enrôle pour la guerre. Elles sont ainsi encouragées par les régimes tyranniques qui s'en servent d'incitation à la violence et de signe de ralliement. Le signe communautaire est toujours un appel au nationalisme, un signe de guerre, de possession de l'individu et d'exclusion des étrangers. Les mutilations sexuelles font porter au peuple, au sens propre, le chapeau d'une culpabilité inexistante : écharpe, voile, burka, kippah, tatouages, obésité forcée, lèvres buccales ou vulvaires étirées, scarifications, dents cassées, pieds bandés, luettes, clitoris et prépuces coupés, peine de mort, aux armes et cetera. Cette escalade de techniques de manipulation des esprits par marquage et mutilation des corps est le pire instrument de la guerre des générations. Il canalise les besoins humains au service des intérêts des classes et générations dominantes.

            La répression de l'autosexualité par le matriarco-patriarcat est une maladie planétaire. Le racisme est d'autant plus arrogant qu'il s'appuie sur des mutilations qui visent à soumettre le peuple en assurant aux hommes la possession des femmes. Les mutilations sexuelles ne sont pas à proprement parler racistes mais cherchant à fabriquer des surhommes, elles sont un racisme artificiel plus raciste que le racisme, un racisme à la puissance deux, du néo-Gobineau mis en œuvre par Mengele. Fonder une identité collective sur une atteinte à celle de l'espèce n'est pas seulement dégradant en soi, c'est surtout discriminatoire. Les peuples qui se taillent une identité au couteau sur le corps de leurs enfants offensent le reste de l'humanité. Exercé collectivement au nom de Dieu et/ou de la tradition, cet hyper-racisme est une monstrueuse abomination, génératrice de terrorisme parfois étatique et d'un contre-racisme tout aussi venimeux.

            Les mutilations sexuelles, la circoncision tout particulièrement, sont un véritable cancer qui ronge la planète. Perpétrées sur les enfants, elles sont un crime contre l'humanité pour la première fois dénoncé en 1985 par les participants au premier symposium de NOCIRC :

 "Le plus grand crime contre l'humanité est la torture et la mutilation des enfants."[41]

  suivis en 1990 par Alice Miller :

 "… la société… a dit oui jusqu'à présent aux plus grands crimes de l'humanité."[42]

  et, le 10 juin 2004, à l'Académie nationale de médecine[43].

 Lorsque, le 30 janvier 2014, nous avons fait part au psychanalyste Alain de Mijolla du titre de notre ouvrage "Les mutilations sexuelles féminines et masculines, le plus grand crime contre l'humanité", il a déclaré :

 "Ca, c'est bien vrai !"

             Vu l'âge des victimes, c'est le seul crime contre l'humanité dont personne ne se plaint. C'est aussi le seul qui, perpétré dans des croyances et/ou folies collectives aveugles, sans intention de nuire mais au contraire en amour et "pour le bien de l'enfant", n'est pas punissable. Quasi-castration pour les femmes, véritable menace de castration pour les hommes, c'est une menace de mort pour les individus et d'extermination pour le groupe. C'est pourquoi la médecine ne peut sous aucun prétexte apporter l'autorité de la science à ces rituels primitifs.

            L'abolition de ces crimes contre l'humanité est une étape dans la lutte contre la répression de la sexualité et pour le droit de la personne humaine à la libre disposition de son corps et au respect de son intégrité physique, sentimentale et mentale. Dans une société civilisée, on ne doit pas toucher à un seul cheveu d'un enfant et l'abolition des châtiments corporels doit être étendue aux enfants. Fondamental, le droit au corps doit figurer dans l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de la personne humaine :

 "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, en premier lieu le droit au corps, dans ses trois dimensions d'intégrité, dignité et autonomie."

 

Nota bene : En matière sexuelle, la supériorité morale consiste à ne pas faire l'amour sans amour. Cela suppose une bonne connaissance de l'autre et, tant que l'on n'a pas trouvé un(e) compagnon(e) aimant(e) et aimé(e), de faire l'amour seul, sans fausse moralité, avec les instruments donnés par la nature, ce qui est bien évidemment une assurance de fidélité dans les relations.

  

ARTICLES LIES:

 - Génocide, guerre, peine de mort, excision et circoncision

https://www.academia.edu/4068859/G%C3%A9nocide_guerre_peine_de_mort_excision_et_circoncision_mis_%C3%A0_jour_27.04.2015_

 - Pourquoi les génocides ?

https://www.academia.edu/3891669/Pourquoi_les_g%C3%A9nocides_g%C3%A9nocide_et_circoncision_une_th%C3%A9orie_psychanalytique_du_g%C3%A9nocide_mis_%C3%A0_jour_04.02.2014_

 - " Terrorisme et circoncision"

https://www.academia.edu/4068845/Terrorisme_et_circoncision_mis_%C3%A0_jour_25.04.2015_

  

Sigismond (Michel Hervé Bertaux-Navoiseau)oldsigismund@hotmail.com

Chercheur indépendant en psychanalyse, ancien élève du Département psychanalyse de l'Université de Paris VIII, auteur de " Mutilations sexuelles masculines et féminines, le pus grand crime contre l'humanité ", disponible gratuitement sur :

https://independent.academia.edu/MichelHerv%C3%A9BertauxNavoiseau

 


[1] Veil S. Préface au supplément au Bulletin de l'Académie nationale de médecine 2004, 188 (6).

[2] Bertaux-Navoiseau M. Lèvre érogène et protectrice d'érogénéité, le prépuce est un organe sexuel ; son ablation est une mutilation.

https://www.academia.edu/3892351/L%C3%A8vre_%C3%A9rog%C3%A8ne_et_protectrice_d%C3%A9rog%C3%A9n%C3%A9it%C3%A9_le_pr%C3%A9puce_est_un_organe_sexuel_son_ablation_est_une_mutilation_mis_%C3%A0_jour_17.04.2015_

[3] Pollack M. Circumcision, identity, gender and power.

http://www.huffingtonpost.com/miriam-pollack/circumcision-identity-gen_b_1132896.html

[4] Lacan J Séminaire X – L'angoisse – 19 Décembre 1962.

[5] Reyes A., Zagdanski S. La vérité nue. Paris : Pauvert ; 2002. p. 145-46.

[6] Bertaux-Navoiseau M. Mutilations sexuelles et ordre moral (problématique et concepts de base de la lutte contre les mutilations sexuelles)

https://www.academia.edu/3883507/Mutilations_sexuelles_et_ordre_moral_probl%C3%A9matique_et_concepts_de_base_de_la_lutte_contre_les_mutilations_sexuelles_mis_%C3%A0_jour_27.04.2015_

[7] Denis P. Le narcissisme. Paris : PUF, Que sais-je ; 2012. p. 114 et 116.

[8] Saint Thomas d'Aquin. Summa Theologica. 1273.

[9] Haas J. The totality and integrity of the body. Ethics & Medics 1995, 20.2.

[10] Austriaco N. Requests for elective amputation. Ethics & Medics 2011, 36.2.

[11] Peters E. Canon law and apotemnophilia. Ethics & Medics 2011, 36.2.

[12] Article 41 du code de déontologie médicale.

[13] Bertaux-Navoiseau M. La circoncision, une dangereuse folie collective : d'une psychose individuelle à une psychose collective, psychiatrie, psychanalyse et circoncision.

https://www.academia.edu/4087640/La_circoncision_une_dangereuse_et_contagieuse_folie_collective_dune_psychose_individuelle_%C3%A0_une_psychose_collective_psychiatrie_psychanalyse_et_circoncision_mis_%C3%A0_jour_27.04.2015_

[14] Matteoli R. Blood Ritual, the Münchhausen complex. Nunzio press ; 2008.

[15] Hitler A. Mein Kampf, réédition, Paris, Les Editions Latines, 1979, p. 306-15.

[16] Lettre de février 1930 à Chaim Koffler. Freudiana 1973 : 19.

[17] Le petit Hans. 1909. Paris : PUF ; 1993. O.C., X, p. 31, n. 1.

[18] Rozenberg J. Biologie de la race et psychopathologie. Archives de philosophie 64, 2001.

[19] Reyes A., Zagdanski S. La vérité nue. Paris : Pauvert ; 2002. p. 145-46.

[20] Dolto F. Les jeux sexuels de vos enfants. Interview par Pierre Bénichou. Planning familial, octobre 1969 (3), 9.

[21] Leboyer F. Lettre du 4 juin 1980 à Rosemary Romberg-Weiner.

[22] Leboyer F. Lettre du 17 février 2001 à l'auteur.

[23] Tractenberg M. Psychoanalysis of circumcision. Male and female circumcision. New York : Denniston et al. Plenum publishers ; 1999.

[24] Miller A. La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990.

[25] Kristeva J. Aux frontières du vivant. Le magazine littéraire, février 2004 (428). 33-36.

[26] Spinoza B. Traité théologico-politique. 1670. Paris : Garnier-Flammarion ; 1965. p. 81-82.

[27] Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

[28] Bettelheim B. Les blessures symboliques. Paris : Gallimard ; 1971. p. 90-91.

[29]Roheim G.Psychanalyse et anthropologie. 1950. Paris : Gallimard ; 1967. 192-93.

[30]L'art de renaître, fonction thérapeutique de l'affiliation au moyen du traumatisme sexuel. Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie, 1992, (18) : 20-21.

[31] Maïmonide. Le guide des égarés. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49.

[32] Yerushalmi Y. Le Moïse de Freud. Paris : Gallimard ; 1993. p. 107-108.

(*) L'original italien ne dit pas "sexualité" mais "perversion sexuelle". Tenant compte de la citation précédente de Freud, nous avons corrigé là une très freudienne erreur, témoin, dans ce texte par ailleurs admirable, de l'extrême vigueur du tabou pesant sur l’autosexualité. D'une part on ne peut se permettre d'appeler perversion la sexualité des enfants, des adolescents, des célibataires, des veufs et des couples temporairement séparés ou divorcés ou à besoins sexuels différents, d'autre part il est impossible d'établir que l’autosexualité s'accompagnerait du déni de la réalité de l'autre sexe qui est l'essence de la perversion. Ce serait paradoxal concernant l'usage d'organes évoquant précisément l'autre sexe. L’autosexualité n'est certainement pas une perversion. Autre signe de l'ambivalence de notre lacanienne, sa persistance à utiliser le terme traditionnel, dépréciatif, pour désigner l’autosexualité.

[33] Roudinesco É. Le sexe mutilé. Brève histoire d'une passion chirurgicale. Préface à : Bonomi C. Sulla soglia della psychoanalisi, Freud i la follia infantile. Torino : Bollati Boringhieri ; 2007.

[34] Foucault M. Les anormaux, Cours au Collège de France, 1974-75. Paris : Seuil/Gallimard ; 1999. p. 217.

[35] Erlich M. Circoncision, excision et racisme. Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie 1991, 18, 127.

[36] Bennington G., Derrida J. Circonfession. Paris : Seuil ; 1991.

[37] Hérodote. L'enquête. II, 41. Paris : Gallimard, coll. Folio ; 1964. p. 180.

[38] Maïmonide. Le guide des égarés. 1190. Paris : Verdier. III, ch. 49.

[39] Bertaux-Navoiseau M. Génocide, guerres, peine de mort, excision, viol et circoncision.

https://www.academia.edu/4068859/G%C3%A9nocide_guerre_peine_de_mort_excision_et_circoncision_mis_%C3%A0_jour_27.04.2015_

[40] Freud S. L'homme Moïse et la religion monothéiste. 1936. Paris : Gallimard ; 1986. p. 184.

[41] Déclaration du premier symposium de NOCIRC. 1985. http://montagunocircpetition.org/

[42] Miller A. Introduction aux considérations sur les mutilations sexuelles, in La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990. p. 164.

[43] Supplément au Bulletin de l'Académie nationale de médecine, 2014, n° 6, séance du 10 juin 2004.

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