Marilyn Milos, infirmière-étudiante aux USA, assiste à sa permière circoncision

L'expérience qui a conduit Marilyn Milos, dans l'hôpital où elle était étudiante infirmière, à distribuer, devenue infirmière, aux parents qui allaient faire circoncire leurs bébés, des tracts contre la circoncision. Cela lui valu d'être renvoyée. En 1985, elle fonda avec d'autres infirmières, le mouvement NOCIRC qui a fait baisser le taux de circoncision à la naissance aux USA de 90% à 55%.

 

(traduction française en dessous)

"We students filed into the newborn nursery to find a baby strapped spread-eagle to a plastic board on a countertop across the room. He was struggling against his restraints— tugging, whimpering, and then crying helplessly. No one was tending the infant, but when I asked my instructor if I could comfort him, she said, ‘‘Wait till the doctor gets here.’’ . . . When he did arrive, I immediately asked the doctor if I could help the baby. He told me to put my finger in the baby’s mouth; I did, and the baby sucked. I stroked his little head and spoke softly to him. He began to relax and was momentarily quiet.

The silence was soon broken by a piercing scream—the baby’s reaction to having his foreskin pinched and crushed as the doctor attached the clamp to his penis. The shriek intensified when the doctor inserted an instrument between the foreskin and the glans . . . tearing the two structures apart. . . . The baby started shaking his head back and forth—the only part of his body free to move—as the doctor used another clamp to crush the foreskin lengthwise, which he then cut. . . . The baby began to gasp and choke, breathless from his shrill continuous screams. . . . I found my own sobs difficult to contain. How much longer could this go on?

During the next stage of the surgery, the doctor crushed the foreskin against the circumcision instrument and then, finally, amputated it. The baby was limp, exhausted, spent.

I had not been prepared, nothing could have prepared me, for this experience. To see a part of this baby’s penis being cut off— without an anesthetic—was devastating. But even more shocking was the doctor’s comment, barely audible several octaves below the piercing screams of the baby, ‘‘There’s no medical reason for doing this.’’ I couldn’t believe my ears, my knees became weak, and I felt sick to my stomach. . . .

What had I allowed my own babies to endure? and why? The course of my life was changed on that day in 1979."

 

"Nous, étudiants, avions fait la queue dans la nursery pour trouver un bébé, attaché les jambes écartées à une planche en plastique sur une table. Il se débattait contre ses liens - tirant, gémissant, pleurant désespérément. Personne ne s'occupait de lui, mais quand j'ai demandé à mon instructeure si je pouvais le réconforter, elle m'a dit : "Attendez que le médecin arrive."... Quand il arriva, je lui ai immédiatement demandé si je pouvais aider le bébé. Il m'a dit de mettre mon doigt dans sa bouche, ce que je fis, et le bébé a sucé. J'ai caressé sa petite tête et lui ai parlé doucement. Il s'est mis à se détendre et s'est calmé momentanément.

Le silence fut bientôt rompu par un cri perçant - la réaction du bébé au pincement et à l'écrasement de son prépuce lorsque le médecin fixa la pince sur son pénis. Le cri s'est intensifié lorsqu'il inséra un instrument entre le prépuce et le gland..., déchirant les deux structures... Le bébé commença à secouer d'avant en arrière la tête - la seule partie de son corps libre de bouger - alors que le médecin utilisait une autre pince pour écraser dans le sens de la longueur le prépuce qu'il coupa ensuite... Le bébé commença à haleter et étouffer, essoufflé par ses cris stridents et continus... Je trouvais mes propres sanglots difficiles à contenir. Cela aurait-il pu durer plus longtemps ?

Lors de l'étape suivante, le médecin écrasa le prépuce contre son instrument, puis l'amputa finalement. Le bébé était flasque, épuisé, exténué.

Je n'avais pas été préparée, rien n'aurait pu me préparer à cette expérience. Voir une partie du pénis de ce bébé être coupée - sans anesthésie - a été dévastateur. Mais le commentaire du médecin, à peine audible quelques octaves en dessous des cris perçants du bébé, fut encore plus choquant : "Il n'y a aucune raison médicale de faire cela.". Je n'en croyais pas mes oreilles, mes genoux devinrent faibles, j'ai eu mal à l'estomac...

Qu'avais je laissé endurer à mes propres bébés ? Et pourquoi ? Le cours de ma vie a changé ce jour de 1979."

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