Pourquoi l’ex-recteur de la mosquée de Paris ment-il dans sa traduction du Coran ?

Hamza Boubakeur, auteur d'une traduction du Coran, fut recteur de la mosquée de Paris de 1957 à 1982. Son commentaire ouvertement mensonger du verset 10 : 59 donne à penser qu'il est opposé à la circoncision.

“Avez-vous vu les dons que Dieu vous a accordés ? Vous tenez les uns pour licites et les autres pour illicites. Dieu vous l'a-t-il permis ?” Coran 10 : 59

Puisque les seules choses interdites par le Coran sont la charogne, le sang, le porc et l’alcool, le verset 10 : 59 concerne ce que les hommes eux-mêmes s’interdisent. Mais quelles choses s’interdisent-ils sans que le Coran l’ait ordonné sinon le prépuce et le clitoris ? Aucun des termes arabes désignant les mutilations sexuelles : khitan, khatna, tahara et tohhor (coupure, purification) ne figure dans le Livre qui n’ordonne nulle part de mutiler le corps humain. Enfin, le refus de Mohamed, comme de Moïse, d'employer le mot circoncision révèle une profonde aversion pour la cruelle torture.

Mais Boubakeur affirme1 qu'il concernerait la nourriture, alors que le terme arabe “rizq” (dons) est très général. Dieu lui a-t-il permis cette restriction ? En écartant ce qui ne serait pas la nourriture, Boubakeur fait justement ce que ce verset interdit. Son affirmation modifie le Coran et viole le verset suivant :

Nul ne peut modifier ses paroles. 6 : 115

Le verset 10 : 59 implique que l'homme n'a pas le droit de condamner ce que Dieu ne condamne pas et donc, tout particulièrement, les organes du corps humain qu'Il a créé.

A première vue, seul un partisan de la circoncision peut s’amuser à restreindre le sens de “rizq” pour tenter de couper l'herbe sous les pieds des rares musulmans défenseurs du droit de l'enfant à l'intégrité physique. Mais de la part d’un homme aussi éminent que l’ex-recteur de la mosquée de Paris et dans une traduction qui fait autorité dans la francophonie, on doit s’interroger sur l’intention d’un mensonge aussi flagrant. Pourquoi Monsieur le recteur de la mosquée de Paris ment-il ouvertement, grossièrement, aux lecteurs de langue française ignorant la langue arabe ? On est forcé de penser que, s’il imite Mohammed en n’attaquant pas nommément la circoncision, en utilisant le mensonge, il va beaucoup plus loin que lui dans sa remise en question, non seulement pour les musulmans arabophones qui auraient la curiosité de lire sa traduction, mais encore pour les défenseurs des enfants, potentiellement plus nombreux parmi les non-arabophones, qui s’apercevraient de cette fake news. Dans la coûteuse (275 Euros) édition de deux gros volumes in-quarto d’une grande maison d’édition, il prend le risque d’être déconsidéré. En le prenant, Boubakeur prend la défense des enfants contre la torture de la circoncision.

Le verset 10 : 59 est lui-même un don de Dieu. En l’interprétant restrictivement, Boubakeur fait semblant de caricaturer le Coran. Mais ce n’est pas le Coran qu’il caricature, ce sont la circoncision et l’excision qui caricaturent la création de Dieu.

Merci, Hamza Boubakeur d’avoir choisi la langue française pour inviter l’ensemble du monde musulman à un islam authentique, respectant le Coran et la création divine dans la perfection du corps humain.

La circoncision et l’excision mentent à l’enfant, Boubakeur a utilisé le mensonge pour les dénoncer.

 

1 Le Coran. Paris : Fayard ; 1972. Traduction du recteur Hamza Boubakeur.

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